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Le Camp Spirit Lake se raconte à Trécesson

Un aperçu des lieux au Centre d'interprétation du camp de détention de Spirit Lake, à Trécesson. (Photos: Martin Guindon)

Un aperçu des lieux au Centre d'interprétation du camp de détention de Spirit Lake, à Trécesson. (Photos: Martin Guindon)

Martin Guindon
Publié le 25 Août 2011
Publié le 25 Août 2011
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Abitibi Express

Fruit de plus d'une dizaine d'années de travail, le Centre d'interprétation du camp de détention Spirit Lake à Trécesson est ouvert au public depuis le 28 juin. On y lève le voile sur ce pan méconnu de l'histoire régionale et honore la mémoire des quelque 1300 immigrants dont les libertés civiles ont été bafouées de 1915 à 1917.

Sujets :
Cinémanima , église de La Ferme , Centre d'interprétation du Camp Spirit Lake , Cimetière de Spirit Lake , Canada , Amos

Et en date du 18 août, ils étaient déjà plus de 1500 visiteurs à en avoir pris connaissance. Le concept muséologique de l'exposition a été élaboré par la firme Cinémanima. Misant autant sur l'approche didactique qu'interactive, l'exposition qui occupe la nef de l'ancienne église de La Ferme peut informer adéquatement en une visite guidée d'une heure ou en profondeur lors d'un séjour autonome d'au moins une demi-journée.

En mettant les pieds dans le centre, après avoir acquitté son droit de visite au poste d'accueil, le visiteur est immédiatement introduit dans l'histoire… avec un grand H. On y explique les événements qui ont conduit au déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, avec l'assassinat de l'archiduc d'Autriche, François-Ferdinand.

L'un de 24 camps

Le Canada, alors allié de la Grande-Bretagne, se joint à l'effort de guerre. Il crée notamment 24 camps de détention au Canada, dont quatre au Québec. On y enferme les étrangers de nationalités ennemies. Le camp de Spirit Lake est mis sur pied en 1915 et est l'un des deux seuls au Canada (avec celui de Vernon, en Colombie-Britannique) à posséder un petit village attenant (Lilienville) où vivent les familles des prisonniers.

À Spirit Lake (le nom vient d'une légende amérindienne selon laquelle le lac La Ferme, devenu Beauchamp, était hanté par des fantômes), on a emprisonné surtout des Ukrainiens (1220), mais aussi une centaine d'Allemands, des Bulgares et des Turcs. Le choix du lieu n'est pas un pur hasard. À l'époque, l'Abitibi est pratiquement vierge (Amos a été fondée en 1914), particulièrement isolée et les hivers y sont très rigoureux.

«Durant les deux hivers du camp, il y a eu beaucoup de neige et des températures oscillant entre -35 et -45. La plupart des prisonniers qui ont tenté de s'évader sont revenus d'eux-mêmes», raconte Louise Filion, adjointe administrative de la Corporation Camp Spirit Lake.

La vie au camp

Puis, le visiteur entre au camp, avec des barbelés et des clôtures comme décor. Il y découvre l'aménagement des lieux physiques, mais aussi le village attenant, qui était à 1,6 km du camp. Un panneau énumère le nom de tous les prisonniers qui ont été internés à Spirit Lake. Plusieurs photos et artéfacts rendent compte de la vie au camp. Les fouilles d'Arché 08 en 1999 ont permis de déterrer beaucoup d'objets sur le site de l'hôpital du camp, dans le secteur où l'on retrouve aujourd'hui le sanctuaire marial.

Question de replonger le visiteur dans l'époque, un logiciel interactif lui permet de se mettre dans la peau d'un citoyen de l'époque et de faire des achats. On lui dit ensuite combien cela a coûté et combien de jours il lui a fallu travailler pour acquitter la facture.

Le visiteur apprend aussi le rôle qu'a joué Hector Authier, premier maire d'Amos, dans l'implantation du camp. Et son apport dans l'économie amossoise. L'histoire du prisonnier évadé qui a été abattu à Colombourg, dans le secteur de La Sarre (Ivan Hryhoryshchuk), par un agriculteur est aussi documentée. Tout comme l'importance du chemin de fer, avec un décor évoquant la voie ferrée.

Place à La Ferme

L'exposition s'ouvre ensuite sur un volet documentation, où l'on retrouve beaucoup d'information sur la Première Guerre mondiale et les camps de détention. Et tout se termine avec la fermeture du camp, en 1917, avec le transfert des prisonniers à Kapuskasing et le démantèlement complet des infrastructures.

Le visiteur y découvre l'existence du cimetière de Spirit Lake, lequel n'est plus accessible au public depuis de nombreuses années. Puis, un volet est consacré à la fondation du village de La Ferme, à la ferme expérimentale, etc.

Le Centre d'interprétation du camp de détention Spirit Lake est ouvert au public sept jours par semaine, de 9h à 17h, jusqu'au 4 septembre. Il sera ensuite possible de le visiter sur réservation.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Nicole Catellier
    - 27 Août 2011 à 18:46:20

    Bonjour M. Guindon Dabord je vous félicite d'avoir fait un tel résumé de l'exposition et vous remercie. C'est très bon pour le projet et pour la communauté de Trécesson. Je tiens cependant à vous préciser que l'exposition se termine plutôt sur le "hameau de La Ferme". L'exposition, 90%, tient sur l'histoire du camp et c'est l'objectif du lieu. Par contre, on se retrouve dans l'église du village de Saint-Viateur de La Ferme et pluseiurs personnes ont contribué à la vitalité de ce lieu. D'abord ceux et celles qui ont habité/travaillé à La Ferme fédérale et puis l'arrivée de Clercs de Saint-Viateur a créé un mouvement qui a provoqué la formation d'une nouvelle paroisse. Tout le transept côté nord est dédié à ces acteurs-actrices de l'histoire de ce territoire et dix capsules vidéographiques présentent le petit hameau. Je tiens à préciser une curiosité que j'ai découverte au cours de nos recherches sur le Camp de détention. Les pierres qui servent de recouvrent de l'église proviennent d'un monticule localisé dans les années 1940 derrière les maisons de la ferme (à l'est). Ces pierres sont les basses des baraques ainsi que les murets que l'on avait établi dans les limites du camp. Je ferai un article sur cela mais vous pouvez le dire en me citant. Merci de votre contribution. Nicole Catellier, réalisatrice en muséologie

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  • Nom de l\'usager
    Martin Guindon
    - 25 Août 2011 à 11:29:15

    M. Roy, Merci de votre commentaire et de votre intérêt. L'article n'était pas pour annoncer l'ouverture du Centre d'interprétation, mais se voulait davantage un reportage sur ce qu'on peut y voir et y apprendre. D'ailleurs, l'information sur les heures d'ouverture, etc. a été ajoutée en italiques hors du texte à titre de complément seulement. Le but n'était donc pas de faire la promotion du site en que tel, même si on est conscient que ça peut aussi avoir cet effet. Les attraits et les associations touristiques disposent de budgets et de moyens (dont différents guides tourisitques) pour faire leur promotion. Aurait-il été souhaitable de le faire plus tôt dans la saison touristique? Possiblement. Mais on estime que le moment est toujours bon pour faire connaître un tel attrait. C'est une décision éditoriale qui appartient à chaque média. Désolé que la situation vous déplaise, ce n'était pas le but visé. J'espère que ces explications vous conviendront. Bonne journée, Martin Guindon Journaliste

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  • Nom de l\'usager
    Laurent Roy
    - 25 Août 2011 à 10:23:51

    Une pleine page de journal pour nous annoncer le 23 août que ce site est ouvert depuis le 28 juin et qu,il fermera le 4 sept, avec possibilité de le visité sur réservation de groupe..coudonc y a tu quéqun qui dort au gaz...? on cherche des endrois à visiter et on apprend à la fin de la saison qu'il était possible d'apprendre une page d'histoire de notre région que nous attendions depuis plusieurs années. C'é quoi le pro-blème trop de fonctionnaire dans la cabane...?

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