QUÉBEC - En dépit des nombreuses visites du chef bloquiste Gilles Duceppe venu la courtiser pendant la campagne, la région de Québec pourrait encore lui tourner le dos.
Le Bloc québécois espérait trouver la formule gagnante pour résoudre l'énigme électorale de la capitale et déloger les conservateurs, mais il s'est plutôt fait dépasser par la gauche.
Le parti souverainiste a eu beau marteler le refus des conservateurs de financer le futur amphithéâtre, en vain. Selon un sondage publié la semaine dernière, la capitale, pourtant réputée à droite, s'est entichée du Nouveau Parti démocratique (NPD) elle aussi. Sorti de nulle part, le parti de Jack Layton y est crédité de 34 pour cent des intentions de vote, tandis que bloquistes et conservateurs se disputent le deuxième rang à 27 pour cent.
Même le seul château-fort bloquiste de la région, la circonscription de Québec, semble menacé. Christiane Gagnon a pourtant été réélue sans cesse depuis 1993 avec de fortes majorités. Elle a battu tour à tour le député progressiste-conservateur Gilles Loiselle ainsi que le libéral Jean Pelletier.
Mais cette fois, elle est à égalité à 34 pour cent des intentions de vote avec la candidate néo-démocrate Annick Papillon, pourtant peu connue. Cependant, l'échantillon de seulement 400 personnes donne une marge d'erreur de près de 6 pour cent; l'issue est donc incertaine.
Annick Papillon a qualifié sa campagne de «très stimulante». En entrevue lundi en fin d'après-midi, elle a dit avoir constaté un «enthousiasme de plus en plus fort envers son parti», surtout en deuxième moitié de campagne. Les gens ont besoin de changement, c'est ce qui explique cet engouement, selon elle.
«Les gens ne voulaient pas de cette campagne en fait, parce qu'ils se disaient que ça n'allait pas vraiment changer grand-chose, puis là ils se sont dit: 'c'est vrai que Jack Layton n'a jamais eu sa chance'. Et je pense qu'ils se sont mis à l'écouter, à lui accorder plus d'intérêt.»
Le porte-parole de Christiane Gagnon, a pour sa part indiqué qu'elle n'allait pas accorder d'entrevue lundi, parce que cette journée était réservée aux électeurs.
Par ailleurs, la circonscription de Louis-Hébert, le seul gain bloquiste aux dépens des conservateurs dans la région en 2008, vacille elle aussi. Pascal-Pierre Paillé avait terrassé Luc Harvey à l'époque avec 5000 voix de majorité. Il est maintenant derrière le néo-démocrate Denis Blanchette, à 32 pour cent contre 30. Toutefois, là encore, l'échantillon peut jouer des tours car la marge d'erreur est de plus de 5 pour cent.
Ailleurs dans la région, le Bloc est troisième, comme dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, ainsi que Louis-Saint-Laurent, le comté de la ministre Josée Verner, de même que dans Portneuf-Jacques-Cartier, où règne l'indépendant André Arthur. C'est encore le NPD qui vient brouiller les cartes sur ces territoires. Au mieux le Bloc est deuxième, dans Beauport-Limoilou, encore une fois derrière les néo-démocrates.

