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Un rendez-vous manqué

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 avril 2007 à 11:40
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Un rendez-vous manqué
Arnold Westram: «Quand on cherche, le plus tôt est le mieux». (Photo: Jacques Pharand)
Un rendez-vous manqué
La quête lancinante de son identité a plongé Arnold Westram dans de nombreux tourments. Ses recherches l'ont mené jusqu'en Abitibi, où il a retrouvé sa sœur et marché sur les traces d'un grand-père mineur auquel il ressemble étrangement.
La vie d'Arnold Westram a débuté sur un énorme mensonge. À l'âge de 15 ans, il apprend qu'il a été adopté. Il reçoit la nouvelle comme un choc. «Ce mensonge m'a bousillé mon adolescence. Ma vie m'est apparue tout d'un coup comme morcelée. J'étais habité par un questionnement qui me faisait mal, je me sentais dépossédé.» Ces problèmes d'identité culminent entre 20 et 30 ans, période durant laquelle il trouve une béquille dans la consommation.

En 1992, aux abords de la trentaine, le résidant de Rosemont décide de se mettre concrètement à la recherche de ses origines. Il obtient les premières informations sur ses parents biologiques auprès des services sociaux montréalais. Il découvre que sa famille naturelle est originaire d'Abitibi. Son père et sa mère évoluaient dans le monde de la musique et des clubs de nuit, son grand-père maternel était un mineur.

Le jeune homme ne veut toutefois pas pousser plus loin les démarches avant d'avoir réglé ses problèmes de consommation. Il reprendra les recherches dix ans plus tard. Le Mouvement Retrouvailles lui donne un coup de main dans ses démarches Il apprend alors que sa mère est décédée en 2001 mais qu'il a un frère et une sœur toujours en vie. «J'ai été déçu d'avoir manqué de si peu l'occasion de connaître ma mère, mais en même temps heureux d'apprendre que j'avais encore de la famille.»

Il décide de monter les voir en Abitibi. Auprès de sa sœur, il apprend que sa mère, avant de mourir, lui avait donné le mandat de le rechercher. En posant des questions autour de lui, il apprend des bribes de son histoire. Son père, déjà marié, aurait mal réagi à l'annonce de la naissance. Sa mère aurait voulu le garder, mais n'aurait pu le faire. En parlant avec un cousin, il apprend que son grand-père paternel lui ressemblait beaucoup. «Il était très ouvert, il parlait à tout le monde comme moi.»

«Tout cela m'a appris que le lien du sang est très fort. Cela m'a permis de recoller les morceaux dispersés depuis mon adolescence. Quelque part, cela m'a rassuré», témoigne M. Westram. Son seul regret: avoir tant attendu trop longtemps. «Quand on cherche, le plus tôt est le mieux. Si je m'y étais pris quelques années plus tôt, j'aurais peut-être pu rencontrer ma mère.»



(Photo: Jacques Pharand)

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