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Plein gaz sur la relève !

La 4e génération prête à prendre le départ chez Alex Berthiaume et fils

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 6 mars 2007 à 9:00
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Plein gaz sur la relève !
La 4e génération prête à prendre le départ chez Alex Berthiaume et fils
Au cours des 10 prochaines années, 71 % des entreprises québécoises seront amenées à changer de mains, et près de la moitié d'entre elles indiquent ne pas avoir de plan de relève. Ce n'est pas le cas chez Alex Berthiaume et fils, où Alexandre, 25 ans, est prêt à reprendre le flambeau passé amoureusement de père en fils depuis 90 ans.
«Entreprise familiale depuis 1917». Le commerce de motos, situé en plein cœur du quartier très résidentiel du Plateau Mont-Royal, affiche fièrement ses couleurs. C'est en effet sur la rue Delaroche qu'Alex Berthiaume, l'arrière-grand-père, a fondé son commerce de vente et réparation de motocyclettes il y a 90 ans.

Après quelques années d'activité, son local étant devenu trop étroit, il déménage de l'autre bord de la rue, au 4398, là où il se situe toujours actuellement. Paul, qui partage avec son père la passion des motocyclettes, reprend l'affaire familiale, avant de la transmettre à son propre fils, Gilles, qui est toujours aux commandes aujourd'hui.

Alexandre, la quatrième génération, se prépare à prendre la relève. Le jeune homme a commencé à travailler dans l'entreprise familiale dès l'âge de 16 ans. Il n'a jamais imaginé faire autre chose. «J'ai grandi ici, entre les bureaux et le garage», dit-il en montrant la salle d'exposition. «Dès le primaire, il avait dans l'idée qu'il viendrait là. Quand on lui demandait ce qu'il voulait faire plus tard, il répondait : "J'irai travailler avec mon père"», raconte sa mère, Lina.
Des petits magasins aux grands concessionnaires
Alors que seulement près d'un tiers des PME québécoises survit au-delà de la dixième année, Alex Berthiaume et fils fait figure d'exception. Le secret ? «L'amour du métier ! Nous avons le goût de partager cette passion avec les autres», explique Mme Berthiaume. La flamme de la moto brûle dans le cœur des diverses générations qui se sont succédé à la tête de l'entreprise. Quand ils ne courent pas eux-mêmes en compétition, les Berthiaume n'hésitent pas à soutenir d'autres pilotes.
Témoins privilégiés de l'évolution de l'industrie de la motocyclette au Québec, ils ont vu le métier se professionnaliser et les petits garages disparaître peu à peu pour laisser place aux grands concessionnaires. La surface du magasin familial a doublé depuis sa création et développé sa gamme de services. Il offre aujourd'hui du financement ainsi qu'une vaste gamme d'accessoires.
Hors du Plateau, point de salut !
Pour se développer, il serait tentant de quitter le Plateau Mont-Royal, où l'entreprise a atteint le maximum de l'expansion possible dans ses locaux actuels. Mais les Berthiaume ne veulent pas en entendre parler. «On est des gens du Plateau, on connaît tous les coins de ruelles. C'est ici qu'on veut garder le commerce. On ne voudrait pas d'une boutique où on ne connaîtrait pas les clients. Ici, quand on arrive, cela sent un peu l'huile, mais cela fait partie de nous», confie Lina en riant.

Le commerce bénéficie d'une clientèle fidèle qui compte beaucoup de gens du Plateau et plusieurs célébrités. Il faut voir, dès la belle saison, les apprentis conducteurs effectuer leurs premiers tours de roues dans la ruelle derrière le magasin, au guidon du modèle de leurs rêves !

L'année 2006 a été difficile pour l'industrie de la moto en raison de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur les immatriculations, qui a fait chuter les ventes. Lina Berthiaume croit toutefois qu'il s'agit d'un phénomène passager. «Les gens vont comprendre qu'il faut payer un certain prix pour pratiquer un sport», estime-t-elle.
Scoot toujours !
L'entreprise a su flairer la tendance en investissant dans le scooter, le nouveau moyen «in» pour circuler en ville. En 2005, elle était la première à ouvrir une boutique entièrement dédiée au scooter sur le boulevard St-Laurent. Les Berthiaume croient fermement dans ce marché en développement qui n'en est qu'à ses balbutiements. «Sur le Plateau, les gens qui seraient tentés d'avoir deux véhicules se tournent vers l'achat d'un scooter. C'est devenu un véritable mode de vie pour plusieurs», souligne Mme Berthiaume. Plus écolo et plus écono, le scooter caracole en tête des ventes de l'entreprise avec près de 350 unités écoulées en une année.
Le scooter ratisse large. Les modèles de petite cylindrée (50 cc) séduisent les jeunes, particulièrement les filles, qui trouvent là un moyen pratique et plaisant de se déplacer, moins sportif que la moto. La clientèle des ados est également à développer, puisqu'on peut conduire un de ces deux roues dès l'âge de 14 ans.

Les baby-boomers qui trouvent les grosses motos trop lourdes se tournent volontiers vers les modèles de 600 cc, des mécaniques qui peuvent se propulser à 175 km/h et n'ont rien à envier, côté performances, à certaines de leurs cousines. «Le scooter touche toutes les classes. Récemment, deux dames, dont une âgée de 70 ans, sont venues s'acheter chacune le sien pour aller se promener l'après-midi dans leur coin de banlieue», raconte Lina.

Alexandre Berthiaume entrevoit de grandes opportunités pour ce segment de marché, qui n'en est selon lui qu'à ses débuts. Il pourra compter, pour mener à bien ses projets, avec l'appui de sa compagne, Julie Noël, qui seconde déjà sa mère dans l'administration de l'entreprise familiale. Le prochain investissement de la famille pourrait bien être l'ouverture d'un centre du scooter Piaggio à Montréal. Pas question toutefois de quitter le Plateau. «Si ce n'est pas nous qui sommes là, ce sera un autre», prédit le jeune homme, prêt à foncer plein gaz sur l'avenir.

(Photos: Éric Carrière)
La mode féminine rattrape la moto
Scooter revêtu de motifs floraux à dominante rose, casques décorés de papillons, vestes ajustées, bottines au look futuristes: Le motard des années 70 ne s'y retrouverait pas dans la panoplie d'accessoires disponibles désormais dans les commerces de moto. Depuis quelques années, la mode féminine a fait son entrée dans les salles d'exposition. Et les catalogues d'accessoires des fabricants affichent de nombreuses pages consacrées aux lignes de vêtements de moto spécialement conçues pour les filles. «Avant, les filles devaient s'habiller dans les petites tailles pour hommes. Maintenant, elles trouvent de tout, du casque à la botte. Nous avons même une ligne féminine pour le moto-cross», indique André Berthiaume, gérant des pièces, et frère de Gilles.

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