Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Le Plateau
Communautaire 3age
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Une école pas tout à fait comme les autres

L’Étincelle recycle pour mieux apprendre

Alain Perron par Alain Perron
Voir tous les articles de Alain Perron
Article mis en ligne le 26 janvier 2007 à 15:26
Soyez le premier à commenter cet article
Une école pas tout à fait comme les autres
L’Étincelle recycle pour mieux apprendre
Au mois de décembre, la Commission scolaire de Montréal annonçait que le Réseau des écoles spécialisées pour élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (EHDAA) devenait le premier réseau dont toutes les écoles adhéraient au mouvement des Établissements verts Brundtland.
Lorsque jointe au téléphone pour en savoir davantage sur cette reconnaissance d’école «verte», Liliane Zalatan, enseignante en psychomotricité à l'école l'Étincelle, exprime une certaine surprise. «Ici, nous appliquons ce principe depuis l’inauguration de l’école, il y a cinq ans», précise-t-elle.

L’école l’Étincelle n’emprunte pas la voie verte du simple recyclage de papier ou des cartouches d’encre d’imprimante. La réutilisation d’objets fait partie intégrante des méthodes d’apprentissage des enfants.

Bouchons de liège, bouteilles de pilules vides, contenants à yogourt, petites attaches pour le pain, boîtes pour les œufs, récipients de toutes les dimensions en plastique et en carton, rouleaux de papier hygiénique ou d’essuie-tout, bâtons de pop-cycles, représentent autant de «matières premières» qui servent à fabriquer des jeux éducatifs pour la jeune clientèle.

Seule école de la CSDM entièrement dédiée aux enfants autistes, l’Étincelle accueille une centaine d’élèves âgés de 4 à 12 ans. Les 17 classes reçoivent entre 5 et 6 élèves. Ces enfants, qui vivent d’importants troubles du comportement, parfois avec déficience intellectuelle, peuvent difficilement s’intégrer dans un milieu dit «normal».

«Aucun Toys’r’us ou Franc-Jeu peut répondre à nos besoins», fait remarquer Lucie Frenette, enseignante ressource et conseillère pédagogique à l’Étincelle.

Les enseignants recyclent à peu près tout, dont les affiches électorales en coroplast. Avec les deux élections annoncées en 2007, les élèves de l'école l'Étincelle seront servis!

Au lieu d’une bibliothèque, l’école dispose d’une matériathèque. On y range les différents jeux élaborés par les enseignants. Véritable caverne l’Ali Baba du recyclage.
La communication d’abord
«Chaque enfant possède ses propres capacités d’apprendre en effectuant des tâches spécifiques qui lui sont destinées, explique la directrice de l’école, Marie Dallaire. L’autonomie de l’enfant, la communication et la socialisation correspondent aux trois objectifs du projet éducatif de l’école».

«Certaines tâches visent la classification, selon les couleurs ou selon la dimension. Pour certains, classer des objets identiques dans une même boîte équivaut à un véritable défi», ajoute Lucie Frenette.

«Nous utilisons des images familières qui correspondent à l’environnement des enfants, comme un litre de lait, un sac d’épicerie Métro. Un croquis d’une abeille ne leur dit rien. Il faut travailler avec des objets réels, des photos. Ça leur prend du concret. Avec des objets recyclés, nous arrivons à les rejoindre», poursuit-elle.

«Les enfants que nous recevons ne parviennent pas à communiquer. Ils adoptent un mode de communication non-oral. Qu’est-ce que veut nous dire un enfant en crise? Est-ce parce qu’il ne peut se gratter? Veut-il un verre de lait? Son soulier est-il attaché trop serré? Un bruit trop aigu l’a effrayé? Si on leur donne accès à des images, nous les entraînons à faire des choix à partir d’objets concrets, de pictogrammes, de photos, de gestes. Cela diminue leur anxiété de ne pouvoir dire ce qu’ils ont ou ce qu’ils veulent. En développant leur capacité de communication, leurs difficultés de comportement vont diminuer. L’enfant va assumer un meilleur rapport avec le monde qui l’entoure», résume la directrice de l’école.

«Étant donné que nos élèves ne parlent pas, il faut trouver un moyen d’établir la communication. Cela mènera à une plus grande autonomie afin qu’il puisse évoluer dans la communauté», ajoute Liliane Zalatan.

Et ça fonctionne. Une éducatrice, qui recevait 25 coups par jour de la part d'un élève, ne récolte plus qu'une tape par semaine. Il s’agit évidemment d’une image forte, mais qui démontre tout le progrès enregistré.

«Nous comptons sur un personnel très qualifié qui expérimente des choses. Chaque enfant est un coffre au trésor dont on aurait perdu la clé. C’est pourquoi nos enseignants sont doués pour lire et interpréter les signes que l’enfant envoie. Il faut connaître l’autisme et les besoins des enfants afin d’adapter les approches pour chacun», rappelle Marie Dallaire.
Expertise reconnue
L’école l’Étincelle reçoit des visiteurs et des stagiaires d’un peu partout au Québec, du Japon, de France, de la Belgique. «Les gens veulent apprendre comment nous travaillons avec les enfants et l’expertise développée ici», souligne Mme Dallaire.
Les intervenants suivent l’approche TEACCH, reconnue et utilisée par les spécialistes qui interviennent auprès d’autistes. Selon cette méthode, chaque élève adopte un mode de communication expressif et réceptif qui lui est propre et fonctionnel. Le système de communication est planifié de sorte qu’il puisse être utilisé pendant toute la journée, dans des contextes significatifs pour l’élève.
«Chaque enfant est un coffre au trésor dont on aurait perdu la clé» @CSi:– Marie Dallaire, directrice de l'école l'Étincelle.
École verte Brundtland
Ce mouvement des Établissements verts Brundtland (EVB) rejoint quelque 1000 écoles dans la province. Chacune s’engage à prôner l'écologie, le pacifisme, la solidarité et la démocratie.

Au cours de l’année 2005-2006, Mme Diane Lambert, directrice du Réseau des écoles spécialisées pour EHDAA, s’était donné pour mandat de sensibiliser les directions, les équipes-écoles ainsi que les élèves aux enjeux environnementaux. «Les valeurs véhiculées ainsi que les projets élaborés dans le cadre des EVB ont su convaincre notre personnel d’adhérer à cette philosophie », de dire Mme Lambert. Les activités reliées à la protection de l’environnement permettent, entre autres, aux élèves en difficulté de développer de nouvelles aptitudes sur les plans pédagogique et comportemental.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net