Le député de Mercier, Daniel Turp, entouré d'Anne-Marie Lauzière et Ken Cambridge, tous deux du comité de sauvegarde, Les amis de Saint-Jude. (Photo: Jacques Pharand)
La vente et la sauvegarde du Sanctuaire de Saint-Jude de Montréal
Les députés Daniel Turp et Martin Lemay réclament des gestes concrets afin d’assurer la sauvegarde du sanctuaire dédié à saint Jude, sur la rue Saint-Denis.
Lors d’un point de presse, tenu sur le parvis du sanctuaire, le député Daniel Turp a réitéré sa volonté de préserver le patrimoine religieux de son comté, du Plateau-Mont-Royal et, plus largement, du Québec.
Il était accompagné par deux membres du comité de sauvegarde du Sanctuaire du Rosaire de Saint-Jude. Ken Cambridge et Anne-Marie Lauzière rappellent leur lutte entamée il y a six mois. Ils tentent par tous les moyens de sensibiliser le public à l’importance de conserver ouvert ce lieu de culte. Ce matin-là, on pouvait compter cinq personnes agenouillées dans les bancs du sanctuaire.
«Depuis le 1er décembre, les Dominicains ont diminué les heures d’ouverture du sanctuaire et réduit le nombre des messes. Ils prévoient mettre fin définitivement aux offices religieux au mois de juillet prochain», explique M. Cambridge.
Le comité de sauvegarde, Les amis de Saint-Jude, a recueilli jusqu’ici 600 signatures sur leur pétition. On peut trouver la pétition en ligne à l’adresse
www.sauverlesanctuaire.piczo.com.L’été dernier, l’Ordre des Dominicains a en effet annoncé son intention de se départir de l’immeuble de la rue Saint-Denis. Trop de dépenses d’entretien, l’absence de relève et trop peu de fréquentations au lieu de culte justifient à leurs yeux la raison de vendre.
Ken Cambridge ne l’entend pas ainsi. «Il s’agit du seul sanctuaire au Canada dédié à saint Jude. Quelle sera notre histoire au Québec si nous laissons aller nos bâtiments témoins du passé», insiste-t-il.
Malgré un aspect quelque peu dépouillé, le sanctuaire comporte un presbytère (construit en 1905) et une église (érigée en 1932) où on trouve un imposant vitrail et un orgue Casavant. La façade en pierre, de style néogothique, impressionne.
Un dialogue nécessaire
Le député Daniel Turp se dit préoccupé par le manque de dialogue dans ce dossier. Celui qui agissait à titre de vice-président de la Commission de la culture sur l’avenir du patrimoine religieux se sent doublement investi par la protection du sanctuaire. Premièrement, en dénonçant le laxisme de la part des autorités tant religieuses, municipales que provinciales dans la protection de ce patrimoine. Ensuite, le Plateau-Mont-Royal, en partie représenté par le député de Mercier, a vécu des bouleversements récents en matière de patrimoine religieux, entre autres la vente de l’église Saint-Louis-de-Gonzague et la menace qui a plané sur le monastère des carmélites.
M. Turp dénonce le pas à pas dans la gestion du patrimoine «Il n’y a pas de politique ni de planification avec les autorités», fait-il remarquer.
Les deux députés, Turp et Lemay, demandent le classement, par le gouvernement du Québec, et la citation de l'immeuble à titre de bien culturel par la ville de Montréal.
Deux projets
Deux projets de transformation du sanctuaire de saint Jude seraient dans l’air. Jacques Laurin, du Regroupement des artistes de jazz et de musique actuelle du Québec (RAJMAQ), projette y créer un Centre de jazz et de musique actuelle.
Pour sa part, Françoise Saliou souhaiterait y installer un musée du patrimoine religieux.