En couverture de son album, Dan Foley a choisi une photo de lui petit garçon posant avec sa maman, en 1968, devant le sapin de Noël familial. «C'est une photo empreinte de nostalgie, qui résume bien l'esprit du temps des fêtes», confie-t-il.
(Photo: Éric Carrière)
Un fredonneur sachant fredonner…
Ambition: être le plus absurde possible
On croyait avoir tout subi en matière de chants de Noël, de la reprise de Douce nuit au ukulele, au chœur de l'Armée rouge entonnant Mon beau sapin. Par contre, enregistrer un disque des grands classiques du temps des fêtes fredonnés, il fallait oser ! Dan Foley l'a fait. Avec ses Mm mm mm mum et ta ta ta ta dee do, il se prépare même à faire un carton !
Au boulot ou à la maison, Dan Foley fredonne. Cette habitude, énervante pour certains, traduit une joie de vivre et une légèreté alliés à un solide sens de l'absurde. Un jour, il y a trois ans, des amis lui suggèrent: «Tu devrais faire un disque de fredonnage». Ne faisant ni une ni deux, il s'installe devant son ordinateur et, à l'aide d'un micro, enregistre une série de chants de Noël fredonnés «pour faire rigoler les copains». Il distribue une dizaine d'exemplaires qui se mettent à circuler sous le manteau dans le petit milieu de la musique underground. Finalement, un nouvel album officiel, avec plus de titres, est mis sur le marché le 7 novembre.
«Je suis un fredonneur naturel, pour moi, fredonner possède une aura mystique – c’est une thérapie infaillible contre le stress, dont la pratique est la plus démocratique de toutes!», confie Dan Foley, qui prétend que rien de tel que son disque n’a été lancé depuis le White Christmas de Bing Crosby…
Un remix avec JF Magnet des Jardiniers
«Le but? Être le plus absurde possible! Il ne faut pas se prendre au sérieux», raconte le fredonneur, rencontré au Café Capuccino, en face du parc Molson, un quartier où il élève depuis quelques années sa petite famille après avoir migré du Plateau, comme bon nombre d'artistes.
Le disque compte plusieurs classiques comme Vive le vent, Glory Alleluia et Promenade en traîneau. On y trouve également un remix qui devrait faire fureur sur la scène techno, par Jean-François Charette alias JF Magnet, du duo Les Jardiniers, un ami de longue date.
Près de 2 000 exemplaires de ce petit chef-d'œuvre sont déjà en circulation chez tous les bons détaillants, et un vidéo clip est en cours de production. «Le disque connaît un engouement au-delà de mes attentes. Cela tourne déjà à la radio, c'est flyé!», lance l'auteur, qui dit vouloir toucher tous les publics.
«Au premier degré, cela fait rire. Les gens sont tannés d'entendre les mêmes maudites tounes de Noël depuis 50 ans. La musique de Noël a un côté quétaine. J'ai voulu rire de cette démesure.»
Gérance d'artiste
L'album est produit chez Iconoclast, la maison de disque que Dan Foley a créée en même temps que sa compagnie de gérance d'artistes. Car derrière un air faussement bonasse, c'est un vrai amoureux de la musique qui se cache. Avant de fredonner, il a sévi une dizaine d'années au sein des QRN (Quite Ridiculous Nonsens), «un groupe de rock industriel avec une touche d'humour».
De ces années de galère, il garde une constante: «Être entouré d'un tas de gens avec du talent mais personne pour les encadrer». Il décide alors de se lancer dans la gérance d'artistes. «Toujours sur une base d'amitié.» Parmi ses premiers poulains, Éric Goulet (Monsieur Mono) du groupe Les Chiens, et Camionnette, quatre filles qui sortiront leur premier album au mois de mars.
Si on peut, comme lui, produire son propre disque dans son salon, avec pour seuls instruments un ordinateur et un micro, le milieu de la musique reste toujours aussi exigeant, observe Dan Foley. «Il y a de plus en plus de jeunes artistes qui s'autoproduisent. Après, il faut trouver la corde sensible chez les gens. Et pour cela, il n'y a pas de recette», estime-t-il. À moins de trouver un créneau original, comme le fredonnage… ta de lam dip dou ouah !
On peut écouter des extraits de
Dan Foley fredonne Noël sur
www.myspace.com(Photo: Éric Carrière)