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Le Plateau veut garder ses terrains

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 2 février 2010 à 17:00
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Le Plateau veut garder ses terrains
Luc Ferrandez, maire du Plateau-Mont-Royal, Amir Khadir, député de Mercier, et Robert Manningham, directeur de l'Atelier Habitation Montréal. (Photo : Jacques Pharand)
Le Plateau veut garder ses terrains
Inquiet de voir ses terrains municipaux vendus au plus offrant, l’arrondissement Plateau-Mont-Royal demande au maire Gérald Tremblay d’annuler l’offre d’achat signée l’été dernier avec un promoteur privé pour le site de la cour de voirie Saint-Grégoire, en face du parc Laurier. Les élus veulent le réserver pour du logement social.
L’été dernier, à quelques mois des élections, la Ville de Montréal avait signé une offre d’achat avec le promoteur Luigi Liberatore lui donnant cinq ans pour développer ces terrains très convoités.

Cette entente a été reçue comme une gifle par les organismes communautaires du territoire, qui ont ciblé depuis plusieurs années ces terrains municipaux pour du logement social.

Cette revendication a été endossée par les nouveaux élus de Projet Montréal et le député de Québec solidaire pour Mercier, Amir Khadir, qui ont tenu une conférence de presse lundi dans les locaux du Comité logement Plateau-Mont-Royal.

Le milieu communautaire estime qu’il faudrait construire un millier de logements sociaux sur le territoire pour répondre au besoin.

Le Plateau accueille 74 % de locataires, qui consacrent une part de leurs revenus de plus en plus importante au loyer. Les grands logements sont rares sur le marché de la location et un bon nombre d’entre eux sont en mauvais état. Résultat : les familles doivent souvent s’expatrier pour se loger décemment.

« Du condo, on en a assez ! », a estimé le maire Luc Ferrandez. Le Plateau est le cinquième arrondissement pour la valeur foncière à Montréal, mais le dixième en termes d’argent reçu de la Ville-centre. « On fournit une bonne contribution à la Ville. La moindre des choses, c’est qu’elle nous vende les terrains publics pour du logement social », a-t-il indiqué.

Par rapport au privé, la construction de logements sociaux représente un manque à gagner de 25 % à financer par la Ville. L’arrondissement s’engage de son côté à faire des efforts en matière de zonage. Le député promet de frapper à la porte de Québec afin de demander davantage de fonds pour le logement social.

Le Plateau possède environ 3000 unités de logement social, soit 7 % de son parc locatif. Au cours des neuf dernières années, une trentaine d’unités ont été construites par an. Plusieurs projets sont en gestation, mais la rareté des terrains rend leur réalisation difficile.

Laisser au privé le soin de développer du logement social est illusoire, selon le milieu communautaire. Les constructeurs sont peu enclins à y investir. Le promoteur du projet Mont-Royal Ford s’était engagé à construire une quarantaine d’unités à la place de son ancien garage. Une fois les permis obtenus, il s’est ravisé, prétextant l’augmentation des coûts de construction. Les logements verront tout de même le jour, mais au prix d’âpres négociations, souligne Robert Manningham, directeur des Ateliers Habitation Montréal.

En face, une vingtaine de logements pour personnes itinérantes seront créés par l’organisme, dans un immeuble complètement reconstruit.

Cela reste insuffisant. Avec un privilège d’achat sur les terrains publics, on pourrait construire près de 700 logements sociaux sur le territoire au cours des cinq prochaines années, estime M. Manningham.

Plusieurs incertitudes planent toutefois sur l’avenir de ces terrains. La relocalisation des cours de voirie au nord de l’arrondissement, près de la voie ferrée, a été abandonnée par la Ville-centre. La Société de transport de Montréal tarde à prendre une décision sur le déplacement de ses garages de la rue Fullum. La réserve de terrains et d’immeubles publics demeure donc un point essentiel pour assurer un développement durable et équitable de ce patrimoine foncier.
Sites ciblés pour du logement social
- Cour municipale Marianne : 40 logements

- Garage de la STM : 200 à 250 logements

- École des Premières lettres : 40 à 120 logements

- Coopérative d’habitation Mile-Art : 60 logements

- Cour municipale De Mentana : 100 à 150 logements

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