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Les cols bleus manifestent devant les bureaux d’arrondissement

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 29 janvier 2010 à 17:18
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Les cols bleus manifestent devant les bureaux d’arrondissement
La grève tournante des cols bleus de Montréal a touché le Plateau Mont-Royal aujourd’hui. Les employés en débrayage ont tenu un piquet de grève devant les bureaux d'arrondissement, situés sur l'avenue Laurier, une partie de la matinée et en début d’après-midi.
Le syndicat des cols bleus a indiqué qu’il avait choisi d'effectuer des heures réduites de piquetage afin de ne pas trop perturber la circulation.

Le président du syndicat, Michel Parent, a profité de l’occasion pour remettre une pelle au maire de l'arrondissement, Luc Ferrandez.

Ce geste symbolique visait à protester contre la décision des dirigeants du Plateau de ne plus procéder au déneigement lors des fins de semaine afin de réaliser des économies.

Le syndicat des cols bleus estime que les citoyens de l’arrondissement sont livrés à eux-mêmes et doivent désormais se débrouiller seuls avec les bancs de neige les week-ends.

Le maire a précisé que seul le chargement était suspendu durant les fins de semaines. Les rues continuent à être dégagées lorsque le nombre de centimètres de neige requis est atteint.

L’arrondissement emploie 130 cols bleus à la propreté et au déneigement. Lors du chargement de la neige, une vingtaine d’auxiliaires sont appelés à la rescousse ainsi qu’une partie des employés, qui sont alors payés en temps supplémentaire, soit le double du taux horaire régulier.

« Avec la nouvelle manière de faire, il n’y a pas de perte d’emplois, mais une réduction des heures supplémentaires, donc c’est sûr qu’on touche à leur portefeuille », indique M. Ferrandez.

L’argent ainsi économisé sera réinvesti en partie dans le nouveau plan propreté que prépare l’arrondissement. « C’est de l’argent que l’on réinvestit dans du travail, pas dans des achats inutiles », soutient le maire.

Les employés municipaux et l’entreprise privée se partagent le déblaiement de la neige pour environ moitié-moitié sur le territoire du Plateau.

Jeudi, les équipes en devoir ont déblayé les rues. Le Conseil des services essentiels a fixé à 9 cm la hauteur de neige nécessaire pour faire appel aux employés en grève. Comme il n’est tombé que 5 cm sur Montréal, il n’a pas été nécessaire de faire appel à des employés en renfort.

Des équipes ont été convoquées pendant la nuit pour épandre des abrasifs sur les trottoirs, a précisé l’arrondissement. Les opérations d’épandage se sont étalées sur 24 heures.

Il s'agit de la cinquième journée de la grève tournante entreprise lundi dernier par les cols bleus. Samedi, la grève touchera l'arrondissement d'Outremont avant de se déplacer à L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève dimanche.

Les quelque 5000 cols bleus de Montréal sont sans contrat de travail depuis le 31 août 2007.

Les pourparlers achoppent principalement sur le maintien des emplois et le recours à la sous-traitance, jugé excessif par le syndicat.

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Rick Bujold

Commentaire mis en ligne le 29 janvier 2010
En 2002, au moment de la fusion créant la nouvelle Ville de Montréal, il y avait 2 086 cadres pour 5 625 employés cols bleus, soit un ratio de un (1) cadre pour près de trois (3) employés cols bleus ;

Le budqet 2010 prévoit 2 049 cadres pour 4 457 employés cols bleus, soit un ratio d'un (1) cadre pour un peu plus de deux (2) employés cols bleus. Par rapport à l'année 2009, le nombre d'employés cols bleus diminue encore.

Pendant que le nombre de cadres est resté le même entre 2002 et 2010, les effectifs cols bleus ont été réduits de 20%. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Un cadre pour deux cols bleus alors qu'il était de un cadre pour quatre cols bleus avant la fusion. En plus, en 2004, un arbitre nous a fait perdre 15% de nos conditions de travail alors que les cadres et les élus de la Ville ont amélioré leur conditions de travail.

Entre 2002 et 2010, la rémunération globale des cadres a augmenté de 45% … soit 10 fois plus rapidement que celle des cols bleus. En effet , la rémunération globale des cadres est passée de 194 792 100 M$ à 282 387 300 M$ entre 2002 et 2010 alors que celle des cols bleus est passée de 339 405 700 M$ à 355 466 300 au cours de la même période.

Ajoutez à cela le nombre d'élus à Montréal qui est supérieur aux Villes de Toronto et Vancouver réunies. Pendant ce temps, la Ville de Montréal continue de démanteler, dans son budget 2010, ses services au profit de quelques entrepreneurs privés. L'augmentation du compte de taxe des montréalais sert à engraisser une structure hiérarchique sans égale en Amérique du Nord, ainsi que les coûts exorbitants liés à la privatisation des services plutôt que de contribuer à l'amélioration des services à la population en faisant confiance à ses employés cols bleus.

La ville offre aux cols bleus des augmentations de, 0%, 2%, 2%, 2% ce qui fait une moyenne de 1,5% pour 4 ans. Le taux d'inflation au Québec est de 2,3% en 2005, en 2006 1,7%, en 2007 de 1,6%, en 2008 de 2,1%. La moyenne est pour ces 4 années est de 1,9%. Est-ce trop demander d'avoir une augmentation au dessus du coût de la vie?

La question du net