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Rebondir grâce au basket

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 11 décembre 2009 à 7:56
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Rebondir grâce au basket
@T1:Rebondir grâce au basket @L:Depuis 8 ans, le projet Bien dans mes baskets, a permis à des dizaines de décrocheurs de retrouver le chemin de l’école. Né à l’école secondaire Jeanne-Mance, ce programme unique au Québec vient de bénéficier d’un don de près d’un million de dollars de la Fondation Lucie et André Chagnon pour exporter les secrets de sa réussite. @R:Martin Dusseault est fier de son bébé. Ce travailleur social au CSSS Jeanne-Mance qui a étudié au séminaire de Trois-Rivières a été frappé par l’absence d’activités sportives parascolaire lorsqu’il est arrivé à l’école Jeanne-Mance. Ancien joueur de basket – il a joué jusqu’au niveau collégial – il a eu l’idée d’utiliser ce sport d’équipe pour toucher les jeunes en difficulté, nombreux dans cette école défavorisée. L’aventure a commencé modestement avec une équipe qui s’entraînait sur le terrain extérieur. Huit ans plus tard, les Dragons comptent six équipes, dont deux féminines, et mobilisent près de 75 joueurs. « Au bout de la première année, on s’est rendu compte que 9 des 11 joueurs m’avaient consulté non pas comme coach, mais comme travailleur social, pour des problèmes familiaux ou relationnels. Cela a allumé une lumière. On a réussi à convaincre le CSSS Jeanne-Mance que le basket pouvait être une façon alternative pour intervenir auprès des adolescents et faire de la prévention », indique Martin Dusseault. Mickael Sweeny vivait mal son adolescence. L’école n’était pas une priorité pour lui. De fil en aiguille, le basket est devenu sa principale motivation pour se mettre à étudier. Son but : entrer dans l’équipe AAA du collège Édouard-Montpetit. Il a même fait mieux : il en est devenu le capitaine. Plus tard, il s’est inscrit en administration à l’UQAM pour jouer avec les Citadins. Le jeune homme de 21 ans témoigne que le basket l’a aidé à développer des habitudes de travail et à se fixer des objectifs. Il a décidé de revenir s’impliquer bénévolement à l’école à travers l’aide aux devoirs. Brandon Kabengela, 17 ans, a eu d’importantes décisions à prendre l’année passée. Fréquentant des gangs de rue, il a failli déraper. Le basket l’a ramené dans le droit chemin. Ce tournant lui a permis de connaître pour la première fois la réussite en remportant le prix de l’athlète de l’année à son école et un prix de la persévérance académique et sportive au niveau provincial. Il a fait partie de l’équipe du Québec et gagné les Jeux du Canada cet été. Malgré le fait qu’il habite désormais à Chateauguay, il continue à fréquenter tous les jours l’école Jeanne-Mance et vise le collégial AAA. « Le but est d’amener les jeunes à se réaliser et à trouver à l’école la voie pour développer leurs rêves. Être sélectionné dans les grandes équipes et devenir un grand joueur de basket, cela passe obligatoirement par les études », souligne le travailleur social. Sur onze jeunes dans une équipe, 8 finissent leur secondaire. « C’est un taux très élevé quand on considère que la majorité d’entre eux viennent du Centre-Sud, un quartier très défavorisé. » Les quelque 973 000 $ fournis par la Fondation Lucie et André Chagnon permettront de mener une recherche-action au cours des quatre prochaines années sur les facteurs du succès du programme, dans le but l’étendre à trois autres écoles. L’équipe de la chercheuse Suzanne Laberge, de l’Université de Montréal, associée au chercheur Jacques Hébert de l’UQAM, travaillera à identifier les impacts du programme à l’école et dans la communauté. Elle s’efforcera de mettre en lumière les points forts du projet. « Le programme s’adresse à des jeunes qui vivent peu de réussite dans le milieu scolaire, conclut Martin Dusseault. Il leur permet de vivre leur rêve et de développer des compétences qu’ils peuvent reproduire après dans d’autres cercles de leur vie, comme le respect des autres, le travail en équipe et le partage d’objectifs communs. »
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Depuis 8 ans, le projet Bien dans mes baskets, a permis à des dizaines de décrocheurs de retrouver le chemin de l’école. Né à l’école secondaire Jeanne-Mance, ce programme unique au Québec vient de bénéficier d’un don de près d’un million de dollars de la Fondation Lucie et André Chagnon pour exporter les secrets de sa réussite.
Martin Dusseault est fier de son bébé. Cet intervenant social en milieu scolaire au CSSS Jeanne-Mance qui a étudié au séminaire de Trois-Rivières a été frappé par l’absence d’activités sportives parascolaire lorsqu’il est arrivé à l’école Jeanne-Mance.

Ancien joueur de basket – il a joué jusqu’au niveau collégial – il a eu l’idée d’utiliser ce sport d’équipe pour toucher les jeunes en difficulté, nombreux dans cette école défavorisée.

L’aventure a commencé modestement avec une équipe qui s’entraînait sur le terrain extérieur. Huit ans plus tard, les Dragons comptent six équipes, dont deux féminines, et mobilisent près de 75 joueurs.

« Au bout de la première année, on s’est rendu compte que 9 des 11 joueurs m’avaient consulté non pas comme coach, mais comme travailleur social, pour des problèmes familiaux ou relationnels. Cela a allumé une lumière. On a réussi à convaincre le CSSS Jeanne-Mance que le basket pouvait être une façon alternative pour intervenir auprès des adolescents et faire de la prévention », indique Martin Dusseault.

Mickael Sweeny vivait mal son adolescence. L’école n’était pas une priorité pour lui. De fil en aiguille, le basket est devenu sa principale motivation pour se mettre à étudier. Son but : entrer dans l’équipe AAA du collège Édouard-Montpetit. Il a même fait mieux : il en est devenu le capitaine. Plus tard, il s’est inscrit en administration à l’UQAM pour jouer avec les Citadins.

Le jeune homme de 21 ans témoigne que le basket l’a aidé à développer des habitudes de travail et à se fixer des objectifs. Il a décidé de revenir s’impliquer bénévolement à l’école à travers l’aide aux devoirs.

Brandon Kabengela, 17 ans, a eu d’importantes décisions à prendre l’année passée. Fréquentant des gangs de rue, il a failli déraper. Le basket l’a ramené dans le droit chemin. Ce tournant lui a permis de connaître pour la première fois la réussite en remportant le prix de l’athlète de l’année à son école et un prix de la persévérance académique et sportive au niveau provincial.

Il a fait partie de l’équipe du Québec et gagné les Jeux du Canada cet été. Malgré le fait qu’il habite désormais à Chateauguay, il continue à fréquenter tous les jours l’école Jeanne-Mance et vise le collégial AAA.

« Le but est d’amener les jeunes à se réaliser et à trouver à l’école la voie pour développer leurs rêves. Être sélectionné dans les grandes équipes et devenir un grand joueur de basket, cela passe obligatoirement par les études », souligne l'intervenant.

Sur onze jeunes dans une équipe, 8 finissent leur secondaire. « C’est un taux très élevé quand on considère que la majorité d’entre eux viennent du Centre-Sud, un quartier très défavorisé. »

Les quelque 973 000 $ fournis par la Fondation Lucie et André Chagnon permettront de mener une recherche-action au cours des quatre prochaines années sur les facteurs du succès du programme, dans le but l’étendre à trois autres écoles.

L’équipe de la chercheuse Suzanne Laberge, de l’Université de Montréal, associée au chercheur Jacques Hébert de l’UQAM, travaillera à identifier les impacts du programme à l’école et dans la communauté. Elle s’efforcera de mettre en lumière les points forts du projet.

« Le programme s’adresse à des jeunes qui vivent peu de réussite dans le milieu scolaire, conclut Martin Dusseault. Il leur permet de vivre leur rêve et de développer des compétences qu’ils peuvent reproduire après dans d’autres cercles de leur vie, comme le respect des autres, le travail en équipe et le partage d’objectifs communs. »

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