Michel Labrecque veut réduire la vitesse et le nombre de voitures dans les rues du Plateau.
(Photo: Jacques Pharand)
Monsieur Vélo bien en selle
Michel Labrecque débarque au café Eldorado emmitouflé dans son écharpe. «Il fait frette ! » lance le candidat à la mairie du Plateau pour Union Montréal, qui arrive d'une séance de distribution de dépliants devant le métro Mont-Royal.
Impossible de débuter l'entrevue sans parler des affaires qui secouent l'administration municipale. Le conseiller élu sous la bannière du maire Tremblay juge durement Benoît Labonté, qui vient de vider son sac la veille sur les ondes de Radio-Canada.
«Je n'aime pas cette façon de dire que tous sont pourris. Cela décourage le citoyen», affirme le conseiller municipal élu en 2005 dans le Mile End, où il vit depuis 25 ans.
Il ne rejette pas l'idée qu'il y a en place un système qui permet le genre de dérive dénoncé par l'ancien bras droit de Louise Harel. Il estime toutefois que les élus ne sont pas outillés pour éviter les trucages d'appels d'offres. «On fait avec ce que nous a donné le gouvernement du Québec», souligne-t-il, réclamant une enquête sérieuse.
Pendant les années durant lesquelles il a été conseiller municipal dans l'équipe d'Helen Fotopulos, Michel Labrecque assure n'avoir jamais eu de doute sur l'attribution d'un contrat, même pas dans les chantiers majeurs du boulevard St-Laurent et de l'échangeur Parc-Pins. «Ce sont les fonctionnaires qui choisissent les appels d'offres. Les élus ne font qu'approuver les contrats.»
S'il devient maire du Plateau, il promet que les dossiers ne seront plus traités de la même façon. Il croit que les nouveaux outils législatifs préparés par le gouvernement du Québec, notamment la recherche des antécédents criminels chez les actionnaires des compagnies, vont permettre de mieux contrôler à qui on attribue les contrats.
Le fondateur de Vélo Québec et du Tour de l'île croit aux révolutions lentes, celles qui se font à coups de pédale réguliers sur le terrain. «Il y a 20 ans, quand on parlait de faire une Route verte au Québec, les gens nous écoutaient en souriant.» Aujourd'hui, ce sont plus de 4000 kilomètres de pistes cyclables qui sillonnent la province.
Il ne tient pas à virer le Plateau à l'envers. «Les gens qui y vivent depuis des années l'aiment tel qu'il est. Ils ne veulent pas d'une transformation au Botox et à la chirurgie esthétique», renchérit-il.
Son plan de déplacement urbain traduit cette vision: une foule de mesures étalées sur 15 ans pour réduire la circulation dans les rues de l'arrondissement. «Personne ne remet ce plan en question. Certains disent qu'ils veulent le faire plus vite, mais tout le monde reconnaît que c'est un bon plan», souligne-t-il.
Nommé président le STM par Gérald Tremblay, il entend utiliser ces fonctions pour créer le premier quartier TOD (Transit-Oriented Development) à Montréal, sur le site des anciens garages de la STM, rue Fullum. Le projet combinera logement social, commerces, pistes cyclables et voies réservées pour autobus. «Le Plateau est déjà TOD, lance-t-il en rigolant. Les banlieues n'ont rien inventé.»
(Photo: Jacques Pharand)