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Guantanamo des légumes ou le cas du Jardin Rivard.

Article mis en ligne le 12 mai 2009 à 10:23
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Guantanamo des légumes ou le cas du Jardin Rivard.
Suite aux résultats d’analyses sur la toxicité des jardins du Plateau en 2007, ce jardin bêche surtout pour ne pas fermer ses portes.

Mais saviez-vous que l’attribution des jardins se fait sur une base d’ancienneté? Tant et si bien que d’année en année, les mêmes jardiniers ont priorité sur les listes d’attente qui gonflent au printemps et fondent en hiver. Ainsi, d’année en année, sous le couvert d’une activité dite communautaire, celle-ci ressemble à s’y méprendre à une activité privée! «Private property» se lit entre les lignes de la pancarte à l’entrée du jardin.

Mais ce terrain n’appartient pas à 30 jardiniers, il appartient à toute la communauté. L’aurions-nous oublié? Une subvention de 4 500$ leur fut accordée. Les concernés déboursèrent de leur poche aussi. Plus que jamais le groupe est soudé par l’investissement.

Un autre hic c’est que les « amis » jouissent aussi des mêmes privilèges. Si cela retarde d’autant le passage d’acquisitions puisées à même les listes d’attente interminables, la politique de passe-droits n’est pas chatouilleuse. Le contribuable paye.

Il manque de jardins communautaires, on est tous d’accord, mais ce n’est pas une raison pour leurrer tout un microcosme de gens crédules inscrits en toute bonne foi sur des listes à des centaines et des milliers d’années lumières d’un coup de baguette magique. Pendant ce temps, le terrain est là, mais on finit par ne plus le voir du tout.

Vous vouliez un jardinet? Inscrivez-vous. Le département des loisirs et des sports vous expédiera par la poste un document auquel il faut répondre par écrit. Si votre réinscription dépasse une date précise, vous êtes rayé du cosmos. Ce document est expédié en novembre, le pire mois qui soit pour se préoccuper du carré de cette échelle. Et à propos, vous descendrez tôt ou tard le grand serpent, en dépit d’avoir atteint la case 99.

Mais trêve de folie furieuse. Peut-on offrir cette activité sur la base de trois années consécutives seulement, de manière à donner la chance à un bassin plus grand de la population de jardiner à son tour? « Non » m’a-t-on rétorqué à la Ville. Quelle solution envisager alors?

Je dénonce cette structure d’exclusion. Revoyons les règles du jeu. Quand mettrons-nous la hache là-dedans? Il faut fermer le jardin Rivard, et en faire un parc. Planter des arbres, cacher la ruelle de services remplie de grafitis. Tant que le jardin existe pour une poignée d’individus, rien de tout cela n’est possible. Je vois que les bacs en bois du jardin Rivard garantissent un sursis pour la vocation de ce terrain. Mais cet endroit cadenassé 365 jours par année, embelli d’une «bécosse» de surface permanente, clôturé de mailles de chaîne et surplombé d’un muret de béton en décrépitude est à repenser. Ajouter au décor, trente sarcophages de Toutankamon, à l’abandon au moins trois saisons sur quatre... Il y des limites à supporter la laideur.

Marie-Josée Hudon

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