Un forum électrisant dans le Mile End
Dimanche dernier, près de 200 personnes ont participé au forum organisé par le Comité des Citoyens du Mile End à l’école Saint-Louis. Objectif de l'exercice: réaliser un plan d’action pour faire entendre leur voix dans le cadre du projet municipal de requalification du secteur St-Viateur Est.
Sur une quarantaine de propositions, les participants étaient invités à choisir trois coups de cœur, Parmi les principales préoccupations manifestées: La sécurité dans le secteur, notamment en réalisant diverses intervention pour apaiser la circulation: lumières, dos d'ânes, etc. Aussi: Préserver des lieux de production pour le secteur culturel dans ce quartier où les loyers ont flambé depuis l'installation du géant du jeu vidéo Ubisoft.
Un autre souci consiste à maintenir des loyers accessibles, tant commerciaux que résidentiels, par la création de coopérative d'habitation et d'ateliers d'artistes.
Plusieurs projet ont remporté l'adhésion des résidants. Le Bain St-Michel a été identifié comme un lieu à sauvegarder sur le plan patrimonial. Le bâtiment, qui abrite déjà l'Infinitheatre, pourrait devenir un centre culturel communautaire. L'idée d'une place publique avec un marché bio dans le secteur St-Viateur est également séduisante.
Le projet de la cour de voirie de l'arrondissement, qui doit prendre place au cours des prochaines années dans le nord du quartier, est revenu à nombre de reprises au fil des discussions.
«Il ressort une belle énergie de ce Forum. Maintenant, les gens veulent en avoir plus. On n'a pas fini d'entendre parler de la mobilisation citoyenne dans le Mile End», affirme Richard Ryan, membre du comité.
Depuis que la Ville de Montréal a annoncé son projet de requalification du secteur, le nombre de participants au Comité citoyen du Mile End est passé en un an de quelque 100 à 600 personnes. Plus de 400 d’entre elles ont d’ailleurs assisté aux six cafés-citoyens organisés en amont du Forum du 26 avril. Le projet d'investissement de neuf millions de dollars, vise une zone occupée par des artisans, des artistes, des créateurs et autres petites entreprises venus remplir le vide laissé par le départ d’une grande partie de l’industrie du textile.
Les résidents anticipent les effets pervers de cette requalification et souhaitent s’assurer que l’environnement sera protégé tout autant que les intérêts des citoyens. On craint notamment une gentrification qui obligerait tout un pan de la population à s’exiler hors du quartier. (CLH)