Josée Duplessis a signé sa carte de membre de Projet Montréal en présence de son chef, Richard Bergeron.
(Photo: Régent Gosselin)
Josée Duplessis passe à Projet Montréal
La conseillère du district De Lorimier, Josée Duplessis, quitte le parti du maire Tremblay pour rejoindre les rangs de l'opposition sous la bannière de Projet Montréal.
Josée Duplessis a envoyé dimanche soir sa lettre de démission à Gérald Tremblay ainsi qu'à la mairesse de l'arrondissement. Un geste qu'elle dit avoir fait avec beaucoup d'émotion.
«Le travail avec Helen Fotopulos était devenu très difficile. Il y a un problème sérieux de gouvernance sur le Plateau. Le maire Tremblay en a été informé à plusieurs reprises par plusieurs personnes», a déclaré la conseillère municipale au journal Le Plateau, en marge d'une conférence de presse tenue lundi matin avec Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, et des membres de son équipe du Plateau, au chalet du parc La Fontaine.
La conseillère dit avoir commencé à éprouver dès 2006, soit quelques mois après son élection, un malaise envers le mode de gestion de la mairesse. Elle signale entre autres des manquements de son administration «dans l'habileté à reconnaître les champs de compétence des autres élus, des fonctionnaires, des organismes communautaires et des citoyens engagés».
Elle dit n'avoir rien de personnel contre la mairesse. «Ce n'est pas la bonne personne à la bonne place», déclare-t-elle.
Le déficit financier de l'arrondissement est l'un des principaux problèmes auxquels la mairesse n'a pas su faire face, estime Mme Duplessis. «On a emprunté 1,8 million l'an dernier sur le Plateau et on n'a plus d'argent pour rendre les services de base. On dépense à crédit pour reporter la dette sur la génération future», a-t-elle mentionné.
Au début du mois, les élus ont décidé de repousser le remboursement de l'emprunt contracté par l'arrondissement envers la ville centre après la facture record du déneigement, alors qu'il devait débuter cette année. La conseillère dit s'être sentie dans l'obligation d'appuyer cette décision, qui allait contre sa conscience. «On m'a demandé de voter solidaire. On m'a regardée en me fusillant des yeux. Cela ne marche pas. J'ai besoin de mon espace pour réfléchir et pour prendre mes décisions. J'étais très fâchée contre moi-même après cette réunion.»
Le manque de démocratie et une trop grande partisannerie sont deux des principaux problèmes de l'administration Fotopulos, estime la conseillère. Elle indique à ce sujet qu'à plusieurs reprises, Richard Bergeron a été écarté des décisions ou informé à la dernière minute des dossiers, ce qui l'empêchait d'intervenir ou le faisait mal paraître.
Elle dénonce aussi la rétention d'information et l'impossibilité pour les conseillers de rencontrer librement les fonctionnaires. Elle déplore également le manque de collaboration avec les arrondissements voisins.
«Les gens veulent un gestionnaire hors pair qui ira défendre son Plateau devant les instances municipales pour aller chercher de l'argent et qui fera lever des projets main dans la main avec la communauté», résume la conseillère.
Premier geste d'indépendance, elle présentera lors du prochain conseil d'arrondissement, le 4 mai, son plan de développement durable pour le Plateau, qui dort sur les tablettes depuis plusieurs mois.
«Comme résidante de la rue Chambord, je me devais de prendre cette décision, dit-elle à propos de son changement d'allégeance. Les citoyens ont plein d'idées. Ils veulent être consultés sur des projets importants, pas seulement sur les dos d'âne et les parcs.»
Environnementaliste convaincue, Josée Duplessis avait déjà des liens naturels avec Projet Montréal. Elle faisait partie du groupe d'individus déçus de la politique municipale qui avait contribué à former le parti, en 2004. C'est toutefois sous la bannière d'Union Montréal qu'elle avait choisi de se présenter en 2005.
Elle sera candidate de Projet Montréal au poste de conseillère de Ville pour le district DeLorimier à l'élection municipale du 1er novembre prochain.
(Photo: Régent Gosselin)