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Au début du siècle dernier, l'ancien autel a servi de mise en scène à des décors fastueux lors d’offices spéciaux ou de fêtes religieuses importantes.
(Photo: Courtoisie)
Collaboration spéciale: SHGPMR
Petit patrimoine deviendra grand
Les Pères du Très-Saint-Sacrement arrivent au Canada en 1890, à l’instigation de Monseigneur Édouard-Charles Fabre, afin de faire rayonner leur mission, axée sur l’adoration et la glorification du mystère de l’Eucharistie. Ils s’installent aussitôt avenue du Mont-Royal, mais n’eut été du support et de l’aide constante de pieux résidants, les Pères n’auraient pu s’y maintenir.
Après la construction en 1892-94 de l’actuel sanctuaire, ils ont tôt fait de réaliser leur projet d’offrir un lieu d’exposition et d’adoration du Saint-Sacrement, le premier en Amérique. Tout au long de leur établissement, ils peuvent compter sur l’appui indéfectible des résidants.
En 1897, ils instaurent la procession de la Fête-Dieu ; qui devint une manifestation exceptionnelle pour le quartier et plus tard pour la paroisse. En 1915, ils décident d’honorer encore mieux celui qu’ils appellent «Jésus-Hostie» en lui offrant un nouveau lieu plus digne de sa Grandeur. C’est d’ici, que l’âme de cette église tirera son véritable fondement.
En faisant fabriquer un nouveau maître-autel par une firme spécialisée dans la production de série, le résultat en sera somme toute d’une facture relativement courante pour l’époque. Néanmoins, cet autel servira de mise en scène à des décors fastueux lors d’offices spéciaux ou de fêtes religieuses importantes.
Il deviendra à l’usage, l’ultime point focal de l’église et le lieu de convergence de toute la ferveur populaire. Il faut regarder les photos anciennes du maître-autel pour comprendre tout le sens et toute la symbolique dont on a investi ce maître-autel et son grand Ostensoir. Cet ensemble est la grande réalisation et la fierté des Pères. Ce sera aussi la très grande fierté des résidants ; qui deviendront avec le temps, les paroissiens de Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement.
La très grande ferveur religieuse à l’égard de l’adoration de l’Eucharistie qui se manifeste à ce moment, dans le quartier et à Montréal, s’incarne dans ce lieu précis. L’épisode de la création, à l’aide des dons des fidèles, du grand Ostensoir de 1920 et du «trésor» de l’église, permettant de s’imprégner du sens profond que ces gens y puisaient, nous aide à mieux saisir la valeur patrimoniale du lieu.
Nous sommes ici beaucoup plus devant l’illustration d’une valeur patrimoniale «sociologique» que devant un grand chef d’œuvre d’architecture. Un patrimoine humain; beaucoup plus qu’un patrimoine
architectural. Il faut garder à l’esprit que, n’étant pas une paroisse, la communauté ne bénéficiait pas de la répartition d’une dîme.
(Photo: Courtoisie)
Collaboration spéciale: SHGPMR