Jean Lalonde et sa conjointe ont emballé tous leurs vêtements dans des sacs plastiques afin d'éviter la propagation du parasite.
(Photo: Jacques Pharand)
Une invasion qui galope
L’invasion de punaises de lit augmenterait de 600 % par an à Montréal. Dans certains quartiers très peuplés, comme le Plateau Mont-Royal, la croissance pourrait être encore plus importante.
Faute de statistiques, il est difficile de dresser un portrait de la progression de la punaise de lit à Montréal. Selon Harold Leavey, entomologiste et spécialiste en gestion parasitaire, elle s'est installée dans les hôtels du centre-ville au début des années 90. Elle s'est aussi répandue dans Hochelaga-Maisonneuve, où la pauvreté a favorisé sa multiplication.
«Depuis un an, on la voir monter de façon très importante dans le Plateau et dans d'autres quartiers densément peuplés comme Rosemont et Villeray», indique l'expert, qui est propriétaire de l'entreprise d'extermination Maheu.
À l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, on affirme que le nombre de plaintes concernant ce problème n'a pas augmenté depuis trois ans. Un discours que contredisent les constatations de l'exterminateur. Chez certains de ses clients qui possèdent des blocs appartements, le nombre d'interventions a été multiplié par cinq au cours des deux dernières années, indique M. Leavey.
Le spécialiste agit à titre d'expert auprès de la Direction de santé publique (DSP) afin de mettre en place un protocole pour mettre un frein à la prolifération du parasite à Montréal.
Un premier dépliant d'information vient d'être publié. Récemment, les inspecteurs de la Ville ainsi que les intervenants des CLSC et des CHSLD montréalais ont été formés aux diverses mesures à prendre pour éviter la propagation.
Cartographier le problème
Cependant, il faudrait passer à la vitesse supérieure, et cela presse. La déclaration obligatoire du propriétaire auprès des inspecteurs, comme cela avait été le cas avec les blattes, dans les années 80, permettrait de cartographier le problème et d'orienter les efforts pour l'endiguer.
La lutte à la punaise de lit devient de plus en plus difficile, plus le temps passe. Alors qu'il y a à peine un an, les exterminateurs trouvaient une cause de contamination pour un établissement, on identifie aujourd'hui de quatre à cinq facteurs responsables par cas.
Autre problème: Les spécialistes en gestion parasitaire disposent d'un arsenal chimique limité pour s'attaquer au problème. Résultat, le parasite développe des résistances à certains produits et devient donc plus difficile à traiter.
Cellule de crise
Selon M. Leavey, il faudrait d'abord cibler les hôpitaux et les établissements de santé, qui sont des foyers importants de transmission du parasite.
Les organismes qui vendent des meubles et des vêtements usagés devraient également être dans la mire, car la punaise se transmet très facilement à travers les objets. «Tous les vêtements usagés vendus devraient être emballés dans des sacs de plastique étanches et être accompagnés d'une feuillet informatif indiquant qu'il faut passer immédiatement à la laveuse-sécheuses en arrivant à la maison», indique le spécialiste.
Légalement, il incombe au propriétaire d'entreprendre les démarches nécessaires pour décontaminer les logements infectés. La Régie du logement du Québec reconnaît également sa responsabilité dans ce domaine en cas de litige.
(Photo: Jacques Pharand)
Pierre Caron
Commentaire mis en ligne le 12 avril 2009Pourquoi ne pas mettre à contribution le four micro-ondes pour éliminer la bestiole ou ses oeufs dans le linge ?