Do you speak verlan?
Chaque année au plus creux de l’hiver, je me fais un festival du film à domicile. Grâce à mon terminal et à ma zapette, je suis en mesure de louer presque tous les navets que j’ai ratés dans l’année.
Je suis un peu maso: j’adore les mauvais films!
Pour bien vous situer, c’est le genre de film coté 7 où la vedette, en plan rapproché, allume une cigarette, mais, oups! Sur le plan suivant, la cigarette a changé de marque et elle est à moitié consommée. Excellent passe-temps pour les gens du troisième âge comme moi! Vous cherchez l’erreur et vous la notez. Ça garde l’esprit alerte!
Cette année, j’ai décidé d’innover en visionnant des séries américaines. Ces séries où les personnages viennent du Bronx ou de Brooklyn et qui, doublés en France, s'expriment en argot parisien. Et, pour simplifier en ce troisième millénaire, ils ont ajouté une embûche: le verlan. Une femme n’est plus une femme mais une «meuf».
Je vais d’ailleurs de ce pas vous donner des exemples de ce que j’ai entendu en visionnant une vingtaine de minutes de la série Rescue Me.
«Il va en cher des melons!» Ça fait image, mais ce n’est pas très courant dans nos cuisines.
«Taille-moi une turlutte!» J’ai dû attendre la scène suivante pour comprendre qu’il s’agissait d’une simple fellation. On est loin de la Famille Plouffe, je l’admets.
«Il me gonfle, ce con!» Le contexte m’a suggéré que quelqu’un l’avait mis sur le gros nerf.
«Elle est barge la vioque!» Cela signifie tout simplement, je crois, qu'elle est passé date la vieille.
Bon, ça suffit! On a assez ri!
La fin de cette chronique s’adresse à notre ministre des Affaires culturelles. Tout ce qu’on demande, c’est de faire passer une loi qui oblige les Américains à faire doubler ces séries au Québec pour un public québécois. C’est une question de respect pour notre langue que nous essayons de sauvegarder et pour ceux qui, parfois, ont envie d’entendre de belles expressions de chez-nous comme «la plotte à terre»!