Un homme de 72 ans et son épouse de 71 ans sont décédés sous les roues d'un camion de déneigement en face de l'hôpital Notre-Dame.
(Photos: Sylvain Ryan)
Un couple de septuagénaires tué par un camion de déneigement
L'heure est à la consternation et aux interrogations après le décès d'un couple de personnes âgées renversées par un camion de déneigement mardi matin à l'angle des rues Sherbrooke et Émile-Duployé, en face de l'hôpital Notre-Dame.
L'homme et la femme, âgés respectivement de 72 et 71 ans, sont tombés sous les roues avant du camion de la compagnie Transport DM Choquette, vers 9h40 mardi matin, alors qu'ils traversaient la rue Émile-Duployé en se dirigeant vers l'Ouest sur la rue Sherbrooke, sur le trottoir côté nord. Le camion tournait sur la rue Sherbrooke vers le Nord pour s'engager sur la rue Émile-Duployé lorsque la collision s'est produite.
L'homme est mort sur le coup. La femme a quant à elle été transportée à l'hôpital Notre-Dame en arrêt cardio-respiratoire. Elle est décédée peu après.
Le chauffeur a été sorti de son camion en état de choc par des cols bleus qui travaillaient sur un bris d'aqueduc à proximité et transporté à l'hôpital. Il devait être interrogé par les enquêteurs dès que possible.
«Tout le monde faisait face à un feu vert au moment de l'accident, donc tout le monde avait le droit de passage, mais la priorité était aux piétons», d'indiquer Annie Lemieux, relationniste au SPVM.
À cette intersection, sur la rue Émile-Duployé, il n'y a pas de signalisation spécifique pour sécuriser la traversée des piétons.
«S'agit-il d'un moment d'inattention du conducteur ? Est-ce qu'il n'a pas vu les piétons? A-t-il mal calculé son virage vers le nord ? Cela reste à voir», a déclaré l'agente.
Une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances précises de l'accident et d'établir d'éventuelles responsabilités.
L'accident a entraîné la fermeture de la rue Sherbrooke dans les deux directions, entre Papineau et Plessis.
La mairesse d'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, a réagi avec tristesse au décès des deux piétons. «À la suite de ce tragique accident, je veux exprimer ma plus profonde sympathie aux familles des deux personnes décédées. Toutes mes pensées les accompagnent», a-t-elle déclaré.
La mairesse dit avoir demandé à la directrice d'arrondissement, Johanne Falcon, en collaboration avec le Service de police, de faire toute la lumière sur les circonstances de l'accident.
L'arrondissement a tenu à souligner que, avant la période hivernale, les employés ainsi que les sous-contractants qui effectuent le déneigement sont informés que les opérateurs des véhicules sont tenus de respecter scrupuleusement le Code de la sécurité routière.
Le drame s'est répété en début d'après-midi, dans le quartier Ahuntsic cette fois, au coin des rues Fleury et D'Iberville. Une résidante âgée de 76 ans a été fauchée par un camion de déneigement d'une entreprise privée vers 14h30, alors qu'elle traversait la rue D'Iberville. Les secouristes ont tenté en vain de la ranimer.
Le 16 décembre dernier, une autre piétonne avait été tué par une niveleuse lors d'opérations de déneigement dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-Grâce.
Le système de rémunération des camionneurs privés, qui sont payés au nombre de chargements de neige transporté est questionné, à la suite des deux accidents survenus dans la même journée.
Lors d'un point de presse, le nouveau responsable du déneigement, le maire d'Anjou Luis Miranda, a indiqué que la Ville allait immédiatement resserrer les contrôles. «Un conducteur de camion qui dort six heures sur 80 heures de travail de suite, c'est inadmissible», a-t-il déclaré.
M. Miranda a indiqué qu'une demande avait été envoyée à tous les arrondissements pour renforcer les mesures de sécurité.
(Photos: Sylvain Ryan)