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Richard Bergeron rouvre le débat sur l'avenue du Mont-Royal

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 13 décembre 2008 à 9:00
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Richard Bergeron rouvre le débat sur l'avenue du Mont-Royal
Richard Bergeron entend faire de l'avenue du Mont-Royal un des enjeux centraux de la prochaine campagne municipale dans l'arrondissement. (Photo: Éric Carrière)
Richard Bergeron rouvre le débat sur l'avenue du Mont-Royal
S'il est élu en 2012, Richard Bergeron promet d'investir un milliard de dollars dans le tramway. Le chef de Projet Montréal en profiterait pour réveiller le vieux rêve fondateur de son parti: Offrir l'avenue du Mont-Royal aux piétons.
«On ne peut pas se permettre de manquer son coup. Il y a un grand danger à rater l'implantation du premier embryon de réseau à Montréal. Cela viendrait entacher la crédibilité du tramway», estime l'urbaniste de profession.

Alors que la Ville de Montréal vient de réserver 5 M$ supplémentaires pour des études de faisabilité, il émet des doutes sur l'orientation actuelle du projet.

«Ce qu’il nous a été donné de voir à cet égard au cours des dernières années est pour le moins inquiétant. On cherche manifestement à implanter le tramway en nuisant aussi peu que possible à la circulation automobile. Cette fixation sur la fluidité de la circulation se situe à l’exact opposé de ce qui, depuis vingt ans déjà, se fait partout dans le monde.»
Trois scénarios pour Mont-Royal
«Le tramway et l’automobile, partageant le même espace, sont en permanence en conflit l’un avec l’autre. C’est ce mode d’insertion même qui a tué le tramway dans les années 1950», estime-t-il.

Le candidat aux prochaines municipales a travaillé sur plusieurs scénarios qui devraient assurer selon lui la réussite du retour du tramway à Montréal.
Ces concepts touchent notamment le boulevard René-Lévesque et la rue Notre-Dame. Cependant, c'est l'avenue du Mont-Royal qui est au centre de ses préoccupations. Il a présenté publiquement la semaine dernière deux scénarios pour cette artère stratégique qui traverse les trois districts de l'arrondissement.

Une solution prévoit la cohabitation entre le tramway et les autos. La circulation devient à sens unique sur une voie vers l'est et vers l'ouest à partir du métro Mont-Royal. Les deux autres voies sont réservées au tramway. Les places de stationnement sont conservées uniquement sur le côté sud de l'avenue.

Le deuxième concept est celui qui emporte la faveur de M. Bergeron. On enlève les automobiles pour laisser toute la place aux piétons et au tramway. La surface des trottoirs est doublée. La circulation est apaisée dans les petites rues latérales en diminuant leur largeur à 14 mètres maximum.

«Cette formule permet d'obtenir une avenue de classe internationale, avec des capacités d'aménagement aisé de terrasses et avec un coût d'aménagement de 100 M$ plutôt que 120 MS pour le premier scénario.»

Richard Bergeron a gardé un troisième scénario dans sa manche au cas où le tramway ne passerait pas. Ce modèle, qu'il a présenté au journal Le Plateau, ne comporte pas de tramway, mais il fait la part belle à l'autobus. Des trottoirs en saillie prennent place à chaque coin de rue. Les bus ne peuvent donc plus se rabattre pour prendre des passagers. Ils restent en permanence sur leur voie, contraignant les automobiles à patienter derrière.
Un choix démocratique
Richard Bergeron promet de soumettre le choix du type d'aménagement au verdict populaire. Les citoyens pourraient voter sur un site Internet ou grâce à une carte postale. Un stand d'information serait aménagé au métro Mont-Royal.
Le conseiller de Delorimier considère l'avenue du Mont-Royal comme l'enjeu majeur de la future bataille électorale dans l'arrondissement. «Dans l’axe Est-Ouest, l’avenue du Mont-Royal est la seule à être partagée entre les trois districts électoraux de l’arrondissement. En lançant une réflexion sur l’avenir de cette avenue, c’est 100 % des citoyens du Plateau que l’on interpelle.»

Une administration Projet Montréal implanterait de 25 à 33 km de réseau de tramway d'ici novembre 2012. L'équipe en place promet quant à elle 6 km à l'échéance 2013. Réaliste ? «Quand Jean Drapeau a lancé le projet le métro, il a décidé de construire tout de suite 26 km. On a mis quatre ans à le faire. N'allez pas me dire qu'avec les technologies dont on dispose aujourd'hui, on ne pourrait pas faire aussi bien pour le tramway, qui est bien moins compliqué à aménager.»

M. Bergeron estime pouvoir trouver facilement le milliard nécessaire pour l'implantation du réseau. Selon lui, ce montant se financerait à même le service de la dette, qui s'élève à 40 M$ par an. «Le premier embryon serait très facile à réaliser. Montréal est riche. Par la suite, on devra demander la participation des autres paliers de gouvernement pour étendre le réseau.»

(Photo: Éric Carrière)

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