L'écriture comme un marathon
Bryan Perro, le père d'Amos Daragon débarque en ville avec sa nouvelle série Wariwulf, consacrée au mythe des loups-garous. Le Mauricien qui a un pied à terre à Montréal est au Salon du livre de Montréal pour rencontrer son public. Va-t-il renouveler l'exploit de sa première saga, écoulée à plus d'un million d'exemplaires ? «J'ai tout pour gagner la Coupe Stanley. Maintenant, il faut que le public suive», déclare ce passionné de hockey.
devenir écrivain à temps plein. «Cette aventure m'a donné confiance en moi. Cela m'a permis de faire le métier que j'aime et de vivre de ma plume», résume l'écrivain. Traduite en 18 langues, la série, un peu comme Harry Potter, a incité des millions de jeunes à ouvrir un livre.
C'est cependant sans regret que l'auteur a tourné la dernière page de la série à succès, même s'il avoue qu'il aurait pu poursuivre encore pendant plusieurs tomes pour faire marcher le tiroir-caisse. Il n'en avait tout simplement pas le goût. «Il faut savoir écrire le mot fin quand il n'y au plus rien de solide à dire», estime-t-il.
Si la page Amos Daragon est bel et bien tournée, les fans peuvent toutefois se consoler. L'auteur vient d'accoucher du premier tome d'une nouvelle épopée qui s'adresse aux anciens lecteurs de la série. Wariwulf commence avec la naissance du premier des Raja pour remonter à travers le temps jusqu'à aujourd'hui. On découvrira au fil des tomes à venir comment cette nouvelle race traversera les époques et s'adaptera aux grands changements de l'humanité.
La série s'inspire du mythe des loups-garous, un sujet qui fascine Bryan Perro au plus haut point. Il lui a d'ailleurs consacré son mémoire de maîtrise.
«J'ai toujours été fasciné par la dualité. Il y a une part d'animalité et d'instinct bien présente chez l'Homme. La société tend à la refréner, mais elle ressort quand on s'y attend le moins. C'est ce côté Dr Jekyll et Mr Hyde en chacun de nous que j'ai eu envie d'explorer.»
L'écriture chez Bryan Perro n'est pas une partie de plaisir ni une distraction de dilettante. C'est une discipline quotidienne qu'il s'impose, tel un lutteur qui revient chaque jour à sa salle entraînement. «Mon père était entraîneur sportif. J'ai grandi avec cette discipline. À 8 ans, je courais le marathon de Montréal. À 16, je faisais partie de l'équipe de basket du Québec. Chaque jour, j'ai besoin de me donner des objectifs et de les remplir», raconte le colosse.
Page après page, l'écriture pour lui n'est pas si éloignée du travail de ses grands-parents ouvriers qui partaient chaque jour gagner leur vie à l'usine. Dans la lignée de cette tradition, la satisfaction de la tâche accomplie reste une de ses plus grandes joies. «Pour moi le bonheur passe par le travail. Quand j'ai fini d'écrire, je vais me promener avec mes chiens. J'éprouve alors une satisfaction unique.»
L'auteur prolifique a choisi de vivre et d'écrire dans son petit village de Saint-Mathieu-du-Parc, dans sa Mauricie natale. Depuis quelques années, grâce au succès de ses livres, il a pu réaliser un de ses rêves: S'offrir un pied à terre en ville. Un confort qui lui permet de suivre sa grande passion, le hockey, au Centre Bell. Grand consommateur de culture, on peut aussi le croiser dans les salles de spectacles. «Je consomme l'art de façon émotive. Je ne suis pas quelqu'un qui analyse ou qui décortique les choses. J'aime ou je n'aime pas.» (Propos recueillis par Carole le Hirez)
Pour manger: Je suis amateur de cuisine portugaise. J'aime fréquenter le Braseiro (8261, St-Laurent). Je vais également souvent aux Belles Sœurs, près de chez moi (2251, rue Marie-Anne Est) ainsi qu'au restaurant La Mer (1065, avenue Papineau) – je suis un fou de poissons!
Pour flâner : Le quartier portugais. Cela me rappelle un pays que j'aime et où j'ai vécu durant un an. Cela me donne aussi la chance parfois de parler portugais, car je suis lusophone.
Pour sortir: Le Centre Bell ! Je suis un vrai passionné de hockey. Chaque année, j'ai mon billet de saison et je ne manque pas un match.
À fuir : La Ronde. Je déteste le bruit, les manèges, l'excitation, le «criage». J'ai horreur de tout ce qui met le cœur à l'envers.
Bryan Perro.(Photo: Éric Carrière)
Marguerite Matteau
Commentaire mis en ligne le 20 novembre 2008Je sais on en demande toujours plus.J'ai promis à des jeunes de la République Dominicaine d'apporter Amos Daragon en espagnol,Après recherche,cette traduction n'existe pas,y a t'il une raison spéciale?
BRAVO!!! Monsieur PERRO...MERCI.