L'expérience du budget participatif restera étroitement associée à l'administration Fotopulos
(Photo: Jacques Pharand)
Helen Fotopulos veut combler le déficit de démocratie municipale
Depuis sa participation à Porto Alegre, on associe volontiers Helen Fotopulos à la démocratie participative. Une image qui irrite ses adversaires politiques. La première mairesse montréalaise à avoir mis en place le budget participatif doit cependant composer avec un paradoxe : gérer un budget serré alors qu'elle dirige l'un des arrondissements les plus prospères.
Alors que la campagne provinciale bat son plein, difficile d'imaginer que dans un peu moins d'un an, il faudra reprendre le chemin des urnes pour affronter l'échéance municipale de novembre 2009. Pourtant, le compte à rebours est commencé. Et la bataille sera rude.
Si Helen Fotopulos juge prématuré de dévoiler les thèmes de sa prochaine campagne, elle résume son programme en quelques mots : «Rendre la ville la plus intéressante possible pour les citoyens». Comment ? D'abord en repensant l'utilisation des espaces communs, rues et ruelles, territoires où s'exercent les droits et responsabilités du citoyen. «Le verdissement doit aller au-delà des lieux publics et gagner tous les espaces de vie», estime-t-elle.
Le développement de nouveaux quartiers, comme le secteur Saint-Viateur Est, où la Ville investira 9 millions de dollars, est prometteur. Cependant, le bétonnage ne saurait se faire au détriment de la vie de quartier et de la richesse culturelle, qui sont la signature du Plateau.
«Je veux privilégier un développement économique qui mise sur la créativité et l'imagination», déclare-t-elle. Du même souffle, elle se dit soucieuse de préserver l'«indice bohémien» qui classe le Plateau parmi les quartiers les plus créatifs au Canada.
Des toits pour les artistes
La tâche ne sera pas aisée. Les défis qui se profilent à l'horizon sont de taille. Le logement abordable, d'abord, affiche un déficit important. Il manquerait près d'un millier d'habitations à caractère social et coopératif sur le territoire. Des logements qui seraient bienvenus pour accueillir les jeunes artistes en devenir.
Pour y répondre, la mairesse brandit la politique d'inclusion de la Ville de Montréal, qui prévoit 30 % de logement abordable dans les projets résidentiels. Le garage de la STM a été identifié de longue date. On prévoit y ajouter les projets De Bullion et Saint-Grégoire quand la nouvelle cour de voirie aménagée.
Blocage sur la circulation
Autre défi, et non le moindre: la circulation. Le Plan de déplacement urbain qui doit être finalisé en décembre ne répond pas à toutes les inquiétudes de la population, notamment sur la circulation de transit dans les grandes artères. Nombre de citoyens souhaitent qu'on limite le trafic routier aussi sur les rues principales, pas seulement dans les petites voies résidentielles.
La mairesse se montre pragmatique sur le sujet. «La circulation ne va pas disparaître, ni les autos !», lance-t-elle. On tente en revanche de maximiser les profits réalisés grâce à la présence des voitures. «On charge plus cher pour les vignettes des stationnements pour une deuxième voiture. Cet argent est investi dans les bibliothèques du Plateau», fait valoir la mairesse.
Vivre selon ses moyens
L'arrondissement doit se débattre au milieu de problèmes financiers récurrents ? «Il faut vivre selon ses moyens», répond-elle, rejetant l'éventualité de recourir à une taxe spéciale pour réaliser certains grands projets, comme le suggère le conseiller de l'opposition Richard Bergeron.
«Il faut maximiser la dotation qui existe», soutient-elle. Elle rappelle que l'arrondissement a bénéficié d'investissements majeurs de la ville centre et de Québec au cours des dernières années, avec la réfection de la rue Bernard (4 M$), du boulevard Saint-Laurent (25,2 M$) et de l'intersection Du Parc-Des Pins (30 M$).
L'expérience du budget participatif restera étroitement associée à l'administration Fotopulos. Là encore, le bilan est mi-figue mi-raisin. À ceux qui lui reprochent de procéder par doses homéopathiques, la mairesse répond que c'est une condition indispensable pour implanter ce genre de pratiques de façon durable.
«Les citoyens du Plateau ont beaucoup appris. Ils en savent beaucoup plus aujourd'hui sur la façon dont on gère une ville et sur ses défis», assure-t-elle, rappelant que plus d'un millier de personnes ont participé aux consultations sur le plan d'urbanisme lors du Sommet du Plateau.
(Photo: Jacques Pharand)
pierre dodin
Commentaire mis en ligne le 21 novembre 2008" «La circulation ne va pas disparaître, ni les autos !», lance-t-elle "
Qui a demandé que les autos disparaissent? Ce que les citoyens veulent c'est un retour à l'équilibre.