«Ici même, à Montréal, règne la présomption de culpabilité pour tous les itinérants», a expliqué François Avard, scénariste des Bougon, qui sera assigné à résidence par Annie Roy, cofondatrice de l'ATSA.
(Photo: Jacques Pharand)
François Avard assigné à résidence
L'Action Terroriste Socialement Acceptable (ATSA) persévère en offrant un 10e «Manifestival» festif, artistique, solidaire, éco-responsable et gratuit sur la place Émilie Gamelin, du 22 au 26 novembre, autour des 32 articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont on fêtera le 60e anniversaire.
Pendant cinq jours, 24 heures sur 24, un gigantesque campement dressé sur la Place Émilie-Gamelin, un camp de réfugiés urbains en plein cœur de Montréal, réunira des centaines de sans-abri, d’artistes, de bénévoles, et de nombreuses organisations humanitaires.
Sous deux chapiteaux et sur une scène extérieure, cirque, musique, danse, performances, contes, spoken word, micros ouverts, cinéma, ateliers, théâtre d’intervention, parcours chorégraphiques, expositions de photographies, installations, conférences, interventions participatives, repas chauds, dons de vêtement, services de première ligne: voilà le programme fourni de ces quatre jours d'interpellations artistiques proposées par l'ATSA.
Un porte-parole sans voix
«Porte-parole de cette 10e édition, le scénariste François Avard sera assigné à résidence par solidarité envers tous ceux et celles dont les droits fondamentaux sont bafoués», explique Annie Roy, cofondatrice avec Pierre Allard, tous deux résidents du Plateau, de cet événement artistique et social il y a déjà 10 ans.
«Cette assignation à résidence est liée à une revendication politique que je dévoilerai, sous forme de capsule vidéo puisque je n'aurai pas le droit de sortir, lors de l’ouverture de l’État d’Urgence, le 26 novembre prochain à 19h», a complété le scénariste des Bougon.
Durant son assignation, François Avard tiendra un journal de bord, sous forme de blogue, hébergé sur le site de l’ASTA
www.atsa.qc.ca). Les visiteurs seront invités à faire du bruit à cette ouverture en apportant ses cuillères de bois et casseroles!
«Ici même, à Montréal, règne la présomption de culpabilité pour tous les itinérants», a expliqué François Avard lors d'une démonstration économique sur le coût invraisemblable des amendes liées à l'itinérance.
«Afin de faire découvrir cette réalité à la population montréalaise, je participerai à la distribution de contraventions socialement acceptables avec des sans-abri à tout troubleur de l’ordre public, tout cravaté qu’il soit. Inégalité devant la loi, égalité devant l’injustice !»
Réchauffer et nourrir le corps et l'esprit
En plus des activités artistiques pour nourrir l’esprit, État d’Urgence réchauffe aussi les cœurs et les ventres, avec trois repas par jour, une cantine en permanence, un dortoir ouvert de 22h à 8h pouvant accueillir 150 personnes de la rue, un brasero au cœur de la place et des dons de vêtements chauds.
Il offre également des services de première ligne pour répondre aux besoins de première nécessité durant l’événement grâce aux organismes Médecins du Monde, La Nation des sans-abri, Premier Arrêt, Cactus, Stella, Spectre de rue, Passage, En Marge, Sac à Dos, Chez Pop’s.
Parmi les célébrités participantes, on citera entre autres Catherine Major, Yves Lambert, Vulgaires Machins, Les Voix Ferrées, Kumpan’ia, 3 gars su’l sofa, Fanfare Pourpour, etc., et une programmation VIP pour le Banquet Cochon des chefs Martin Picard (Au pied de cochon), Normand Laprise (Toqué!) et Mousaffa Rougaibi (La Colombe).
Ces trois chefs offrent généreusement un festin gastronomique de cinq services à plus de 200 personnes vivant dans la précarité. Pour aider au financement de l’État d’Urgence, les couverts du Banquet Cochon sont vendus symboliquement au coût de 50$ à des donateurs qui cèdent leur place à une personne itinérante.
(Photo: Jacques Pharand)