La ligue qui se réunit tous les mercredis soirs au Centre de quilles Iberville reste le témoin de la paroisse. Ici, Mike DeGruchy et Edythe MacKenzie, 81 ans, membre de la Fabrique de la paroisse, membre de la ligue depuis 1947, baptisée et mariée dans la paroisse en 1949.
St. Dominic: Une paroisse oubliée
Dernière messe le 21 septembre
Le dimanche 21 septembre, la paroisse St. Dominic sonnera sa dernière messe. Avec la fermeture du conseil de fabrique, c'est une page de l'histoire anglophone de l'est du Plateau qui se tourne.
Deux érables à l'entrée du jardin communautaire Delorimier. C'est tout ce qui reste de l'ancienne St. Dominic Parish, une paroisse qui accueillait un millier de famille au début des années 1900.
Edna-May MacKenzie voudrait qu'il reste une trace de cette époque quand les derniers témoins de l'histoire de la paroisse, dont plusieurs sont âgés de plus de 80 ans aujourd'hui, auront disparu.
Plaque commémorative
La citoyenne a adressé une demande au bureau du patrimoine, de la toponymie et de l’expertise de la Ville de Montréal ainsi qu'à la mairesse de l'arrondissement, Helen Fotopulos, afin d'évaluer la possibilité d'identifier l'emplacement original de l'église par une plaque ou tout autre objet.
Mme MacKenzie a de bonnes raisons pour entretenir cette mémoire. Son père a présidé pendant de nombreuses années le conseil de fabrique. Malcolm MacKenzie a même publié une petite histoire pour souligner les 75 ans de la paroisse, en 1987.
On y apprend que celle-ci a été fondée en 1912. À l'époque, de nombreuses familles d'origine écossaise et irlandaise vivaient dans l'est du Plateau. Les prêtres de la paroisse Immaculée-Conception avaient alors demandé la création d'une paroisse distincte pour les anglophones.
En 1913, l'archiprêtre Paul Bruchesi ordonne la construction d'une église à l'angle des rues Delorimier et Gilford. Du bâtiment projeté, seules les fondations seront construites, faute d'argent.
Dans les années 70, du millier de familles qui fréquentait la paroisse à l'origine, il n'en reste plus qu'une centaine. En 1975, on y célèbre la dernière messe. La propriété est vendue à la Ville de Montréal. La petite communauté déménage dans un local commercial sur l'avenue du Mont-Royal. En 1990, elle se relocalise dans l'église lituanienne St-Casimir, coin Parthenais et Sherbrooke.
La porte ouverte à tous
Philippe Lambert, né au coin des rues Des Érables et Gilford, a grandi dans la paroisse. Il fait partie des derniers héritiers restés fidèles à leur église. Aujourd'hui, il ne reste plus que la ligue de quilles, l'une des plus anciennes au Québec, pour témoigner de la vitalité passée de la communauté.
«On a connu le temps de la crise. À cette époque, tout le monde en arrachait. Tout le monde se mêlait: Polonais, Grecs, Irlandais. La porte était ouverte à tous», se souvient-il.
L'ancien presbytère aurait célébré son centenaire dans trois ans. «Le terrain a été longtemps négligé et le bâtiment vandalisé. Tout a été rasé pour faire place aux jardins communautaires», signale Mme MacKenzie.
L'église anglophone la plus proche, St. Brendan, se trouve dans Rosemont. « Les paroissiens sont âgés. Ils auront de la difficulté à se rendre sur place», estime-t-elle.
La dernière messe de la paroisse St. Dominic sera célébrée le 21 septembre à 14h, à l'église lithuanienne St.Casimir, au 3426, rue Parthenais. Une petite réception suivra.