Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Le Plateau
Promo Merkado Noël
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Marie-Reine Mattera

Impressions nocturnes

Carole le Hirez par Carole le Hirez
Voir tous les articles de Carole le Hirez
Article mis en ligne le 18 septembre 2008 à 13:34
Soyez le premier à commenter cet article
Marie-Reine Mattera
Marie-Reine Mattera
Impressions nocturnes
La croqueuse de portraits Marie-Reine Mattera a promené son objectif sur Montréal la nuit. Le résultat: un livre magnifique et émouvant réalisé avec son alter ego dans la vie, le photographe Emmanuel Joly.
Montrer comment la lumière a conquis la nuit. C'est l'idée qui a donné naissance au projet Montréal 24h sur 24. «C'est grâce à la lumière artificielle que le jour se prolonge. Mais est-ce un réel progrès pour l'humanité ? On a plus d'opportunités pour travailler, sortir, faire des rencontres, mais cela crée des besoins, des dérives», indique la photographe.

Pendant plusieurs mois, Marie-Reine Mattera a parcouru les rues du Montréal by night avec son compagnon, le photographe Emmanuel Joly. Deux cents photos ont été sélectionnées et réunies dans un livre. Les textes qui les accompagnent, sortes de carnet de la vie nocturne, sont signés de l'essayiste Véronique Dassas.

Au-delà des clichés sur le night life montréalais, la démarche vise à montrer les gens et les lieux qui habitent la nuit. Le travail effectué sur la lumière, qui est le personnage-clé du livre, est remarquable. Elle découpe littéralement le cadre. Tantôt éclairant le sujet, tantôt le laissant dans l'ombre, elle crée une lecture inédite de la nuit montréalaise.

Silhouettes colorées déambulant sous la pluie, discothèque à l’éclairage kaléidoscopique, écran de télévision photographié à partir de la rue, visages pensifs des passagers d’un autobus éclairé au néon, usine fortement éclairée sur un terrain sombre et boisé: l'anonymat se mêle à l'intime sous l'éclairage de la nuit moderne.

Spécialisée dans le portrait d'actualité et les photos d'enfant, Marie-Reine Mattera confie s'être régalée à promener son objectif sur des scènes aussi variées que des travailleuses du sexe sous des spots blafards et des bâtiments historiques sculptés par la lumière.

«La vie nocturne a quelque chose de dur et de joyeux à la fois. Derrière chaque scène, il y a une solitude ou un mystère», relate-t-elle.

Profondément amoureuse de Montréal, Marie-Reine Mattera s'y est installée au début des années 90. Née en Algérie, elle a grandi en France, où elle a eu le déclic pour la photo à l'âge de 16 ans. «Cela a été un coup de foudre instantané. Je n'ai pas songé à faire autre chose», se souvient-elle.

Elle fait ses débuts à Paris, où ses premiers portraits sont publiés dans le journal Libération et dans le célèbre magazine de cinéma Première. «J'ai toujours eu un œil photographique. J'ai tendance à tout voir dans un cadre. Parfois, il faut que je décroche», blague-t-elle.

Au Québec, Marie-Reine Mattera a surtout fait sa marque dans la photo de mode pour enfants. Un monde exigeant, où elle s'est taillé une place par son approche originale. Pour un catalogue, elle n'hésite pas à transporter les mannequins en herbe au Pérou ou au Maroc, dans un village berbère.

«J'aime montrer des choses que les gens de voient pas. J'ai l'impression d'être une photographe instantanée. Il y a toujours quelque chose de vrai dans mes photos. Elles sont en parfaite adéquation avec ce que je suis.»

Son histoire avec Emmanuel Joly est aussi celle d'une connexion photographique. Leurs deux visions se complètent. Le côté humain pour elle, les lignes des bâtiments et l'architecture pour lui. Le couple a déjà réalisé plusieurs projets en commun.

Ils ont remporté ensemble un prix au concours de photographie Lux en 2007 pour leur projet sur Doréa, une institution psychiatrique ouverte en 1955 et abandonnée depuis de nombreuses années. Plusieurs de leurs clichés sur la diversité culturelle se retrouvent par ailleurs dans l'exposition en cours dans le parc des Amériques, sur le boulevard Saint-Laurent.

C'est dans le quartier Mile-End que la photographe a jeté l'ancre. Elle y a son studio. Elle y habite également une grande maison avec son conjoint et leurs sept enfants âgés de 6 à 23 ans. Une joyeuse famille recomposée où l'image tient une grande place, avec les deux plus grands qui étudient en photo et en cinéma.

Le travail réalisé dans le livre devrait donner lieu par la suite à une exposition dans le cadre de la nuit blanche du festival Montréal en lumière.
Montréal 24 h/ 24, Marie-Reine Mattera, Emmanuel Joly et Véronique Dassas, éditions Héliotrope.

Propos recueillis par Carole le Hirez

(Photo: Jacques Pharand)

Pour manger: Laïka (4040, Saint-Laurent). C'est ma cantine. J'aime leur cuisine créative et équilibrée. Mon coup de cœur: le thon mi-cuit.

Pour sortir: Le Club Social (4388, St-Laurent) pour prendre un café sur la terrasse à l'arrière.

Pour flâner: Les bords du canal Lachine pour son côté industriel. J'aime les endroits un peu laids, découvrir leur beauté cachée.

À découvrir: Les îles de Repentigny. Nous y avons une maison. C'est la vie sur l'eau à quelques minutes du centre-ville.

À fuir: Les endroits hyper branchés, comme la rue Crescent. Tous ces gens qui s'agglutinent, je ne supporte pas.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net