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Porter son cœur sur le toit de l'Afrique

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 23 août 2008 à 0:00
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Porter son cœur sur le toit de l'Afrique
Pierre Deroi s'est attaqué avec vingt autres intrépides Québécois au sommet du mont Kilimandjaro, l'un des sept plus hauts sommets du monde. Ce volcan aux neiges éternelles se situe en Tanzanie, à la frontière du Kenya. Photo: Courtoisie)
Porter son cœur sur le toit de l'Afrique
Pierre Deroi n'est pas à un défi près. Après avoir roulé d'Ushuaia à Montréal en auto, traversé l'Atlantique à la rame et arpenté le Groenland en raquettes, ce résidant du Plateau vient de s'attaquer à l'ascension de la plus haute montagne de l'Afrique, le Kilimandjaro, avec un but au cœur: faire progresser la recherche sur les maladies cardiaques.
L'ascension du Kilimandjaro marquait l'aboutissement d'une collecte de fonds réalisée au profit de la Fondation des maladies du cœur du Québec. En une semaine, 18 des 21 Montréalais qui ont pris part à cette expédition ont atteint le toit de l'Afrique. Des hommes et des femmes âgés de 30 à 60 ans qui n'avaient pas tous, comme Pierre Deroi, une expérience de baroudeur dans le sac à dos.

On imagine souvent que le principal défi de ces expéditions réside dans la grimpette. Or pas du tout. «Le plus difficile, c'est l'acclimatation», indique Pierre Deroi. «Pour des gens comme nous qui vivent au niveau de la mer, se retrouver 6 jours plus tard à près de 6 000 m d'altitude, c'est dur. On a le souffle court, parfois le vertige.»

Il faut également composer avec le mal des montagnes, phénomène pouvant entraîner perte de conscience, nausées, céphalées, diarrhées, œdème cérébral ou pulmonaire.

«C'est global. Faire du camping, mal manger, tout cela participe à l'épreuve»», blague le Français originaire de la Charente-Maritime et installé depuis neuf ans sur le Plateau.
Mission accomplie
Une des motivations, outre l'exploit sportif, consistait également à récolter des fonds pour la recherche sur les maladies cardiovasculaires. Là aussi, mission accomplie. Avec plus de 145 000 $ dans la cagnotte, l'objectif a été largement dépassé.
De retour depuis le 7 août, les randonneurs ont la tête pleine d'images. Pour Pierre Deroi, habitué aux voyages en solitaire, c'est l'expérience humaine qui restera. «Nous venions d'horizons très différents. Il y avait des chirurgiens, un avocat, un policier. C'était très enrichissant.»
Recherche clinique
Les membres de l'équipe ont aussi eu l'occasion de contribuer concrètement à des tests menés sur la coagulation du sang en haute altitude par un des participants, le Dr Nicolas Noiseux, chercheur au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.
À l'aide de petits moniteurs similaires à ceux qu'utilisent les diabétiques, le chercheur prélevait tous les deux jours une petite goutte de sang sur le bout du doigt de ses coéquipiers pour mesurer divers paramètres. Le dernier test a été réalisé au retour des grimpeurs, avant qu'ils ne quittent l’aéroport.

«Pas évident avec le manque d'oxygène, le froid et la fatigue de réaliser ces petits tests à la noirceur, au fond d'une tente ! Mais c'était une occasion unique que je ne pouvais pas manquer», témoigne le chirurgien.
Cinq sommets, cinq continents
Cette expédition n'était cependant qu'un apéritif pour ce boulimique d'aventure qu'est Pierre Deroi. Au cours des deux prochaines années, l'agent immobilier s'attaquera à la conquête qui obsède tous les mordus de sports extrêmes: celle des cinq sommets les plus élevés de chacun des cinq continents.
Après le Kilimandjaro, le suivant sur la liste sera l'Aconcagua, point culminant de la cordillère des Andes, surnommé le colosse de l'Amérique. «J'aime la confrontation avec la nature, m'exposer à des éléments différents qui font la diversité de notre planète.

Photo: Courtoisie)

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