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Le Plateau
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Condos sur pilotis : une réussite…vraiment?

Article mis en ligne le 24 juillet 2008 à 9:33
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Condos sur pilotis : une réussite…vraiment?
Faut-il se réjouir de l’entente intervenue entre la Ville et le promoteur dans le dossier des condos sur pilotis du Plateau Mont-Royal? Les politiciens, la mairesse Fotopulos en tête, clament avoir « réussi » tout en se gardant bien de nous dire de quelle réussite il s’agit. D’accord, il n’y aura pas de construction sur pilotis avec des stationnements en demi-sous-sol. Du point de vue la sécurité, il s’agit certainement d’un gain important et nous nous en réjouissons.

Dès l’annonce de ce projet en 2001, une large coalition de marchands et de citoyens (plus de 12 000, faut-il le rappeler) avait demandé à l’administration Tremblay de négocier immédiatement le rachat des droits du promoteur qui, à l’époque, étaient évalués à un million de dollars! Michel Prescott, alors responsable de l’habitation au comité exécutif, s’y était formellement opposé, sous prétexte qu’il ne voyait pas «comment justifier donner un million à quelqu’un qui n’a rien fait pour ». Or, n’est-ce pas exactement ce que vient de faire l’administration Tremblay? Le promoteur ayant payé 1,25 million pour sept immenses terrains en plein cœur du Plateau, son coût net d’acquisition s’élève donc maintenant à 250 000 $. En échange de quoi, il abandonne la poursuite de 5,9 millions, intentée contre la Ville pour retard dans l’émission des permis. Nos élus nous ayant toujours affirmé que cette poursuite était non fondée et que les permis n’avaient pas été émis parce que le promoteur n’avait pas fourni tous les documents requis, on est encore se demander pourquoi l’avoir alors dédommagé. En réalité, si quelqu’un a « réussi » quoi que ce soit ici, il nous semble qu’il s’agisse du promoteur.

Le projet lui-même nous apparaît problématique car, là où s’érigeaient, en 1960, 27 unités d’habitation, le promoteur veut maintenant construire non plus 104 condos mais 104 logements tout en affirmant que « beaucoup de monde était contre les condos ». Il n’aura jamais compris que nous n’étions pas tant contre les condos que contre CES condos. Il prend bien soin cependant de préciser que « ce ne seront toutefois pas des logements abordables ». Est-ce à dire que nous allons voir s’ériger sur ces terrains, autrefois publics, des logements inabordables qui ne pourront être que des petites unités pour une clientèle de passage au lieu de logements sociaux ou d’appartements assez grands pour y élever des familles?

De plus, les problèmes éprouvés actuellement par les citoyens de la rue Laval, là où on construit 200 unités de condos, ne peuvent qu’alimenter les pires craintes des citoyens sur les dommages potentiels à leurs propriétés et les inconvénients de toutes sortes causés par les mégas chantiers en milieu urbain,

Et, que dire de Stationnement de Montréal dans toute cette affaire?

Voilà un organisme parapublic, dont la mission est récolter des « trente sous », qui s’improvise tout à coup expert en développement immobilier à grande échelle et qui, sans compétence aucune, livre un quartier à l’appétit vorace d’un promoteur, et ce, sans aucune consultation, ni étude de faisabilité, ni étude d’impact. Ne devrait-on pas revoir le mandat de SDM de manière à s’assurer que cela ne se reproduise jamais ailleurs?

La réussite dont se vantent nos élus n’aurait-elle pas impliqué une vraie prise en charge de tous les besoins du quartier et de ses résidants: logements pour les familles, logements sociaux, stationnements et espaces verts? Au lieu de cela, nous avons une entente privée entre un promoteur dont le but avoué est de faire des profits et des politiciens qui voient l’échéance électorale de 2009 avancer à grands pas et qui sont prêts à tout pour se débarrasser d’un dossier qui n’en finit plus de traîner. Nous sommes loin d’une victoire pour les citoyens.

Espérons que les résidants du quartier se souviendront des noms de ceux qui, par leur inaction et leur naïveté, les ont sacrifiés sur l’autel « du développement du parc immobilier ».

Laurent Imbault

Résidant du Plateau Mont-Royal

Ex-coordinateur de l’UCIM, Plateau Mont-Royal

Porte-parole des Citoyens opposés à la vente des droits Aériens

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Frank

Commentaire mis en ligne le 4 août 2008
Les intégristes du Plateau



ARTICLE - 14 février 2002 Éric Grenier


photo: Victor Diaz Lamich

Ils voulaient d'abord interdire la construction des condos sur pilotis. Maintenant, ils souhaitent qu'on ne construise plus rien. Ou presque, c'est-à-dire que la Ville décrète un moratoire sur toute construction de condominiums dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Qui ça? Les intégristes du Plateau.
Le projet approuvé par la Ville de Montréal prévoit la construction de 98 condominiums sur pilotis par-dessus les horribles stationnements situés au nord de l'avenue du Mont-Royal, entre les rues Marquette et de Lanaudière. Autrefois, sur ces stationnements, gisaient des dizaines de logements qu'on a démolis, chassant leurs résidants pour permettre à un plus grand nombre de banlieusards d'accéder au quartier en voiture, plutôt qu'en transport en commun. Avec pour conséquence plus de circulation, plus de pollution, plus de bruit, plus de piétons qui se font frapper.

Mais les activistes du Plateau craignent que le projet apporte une trop grande densité de population (ce qui est idiot dans un quartier qui a déjà été une fois et demie plus populeux et troué de toute part par des édifices incendiés qu'on n'a jamais reconstruits), que les stationnements couverts ne couvent, justement, une criminalité rampante: viols, vols, vente de drogue, le Bronx quoi.

Pourtant, le projet respecte à la lettre les règlements de zonage et le plan d'urbanisme, mais également l'esprit même du Plateau; il n'est pas question d'habitations de grand luxe complètement désynchronisées avec l'architecture voisine, mais tout au plus destinées à une classe moyenne supérieure, en symbiose architecturale avec le voisinage. De plus, il a l'avantage de laisser souffler un peu de pression sur la demande excessive pour l'habitation dans le quartier. Bien peu peut-être, mais aucun projet et aucune politique d'habitation ne pourraient de toute façon à lui ou à elle seule remettre en équilibre ce marché totalement gaga.

Leur position est d'autant plus insoutenable que la plupart des résidences arborant l'affiche "Touchez pas à mon Plateau", signe distinctif des opposants au projet, sont elles-mêmes soit des copropriétés, soit des résidences privées. Bref, ils défendent à autrui ce qu'ils ont obtenu. Et l'utilisation de l'adjectif possessif "mon", comme dans "MON Plateau", ressemble à une appropriation des lieux franchement égoïste, très proche de celle de ces petites villes privées américaines où les vieux "s'emmurent" dans une riche collectivité de retraités à l'abri des enfants, des colporteurs, des voleurs ou de tout autre intrus menaçant leur sacro-saint droit à la tranquillité telle qu'ils la conçoivent.

Pourtant, ils sont tous un peu de la même eau, ceux qui y habitent déjà, et ceux qui veulent y emménager: professionnels, assez bien nantis sans être riches, artistes, etc. Il n'y a pas beaucoup de mères de famille monoparentale avec un secondaire trois.

Alors, à moins que tous les Montréalais contribuent par le biais de leurs taxes à un coûteux dédommagement au promoteur si la Ville annule la vente de l'espace, parce qu'un groupe de citoyens ne voulaient pas de nouveaux voisins dans leur cour, il n'y a plus de sortie.

On propose donc maintenant d'imposer un moratoire sur toute nouvelle construction de condos. L'argument? Dans peu de temps, les espaces libres auront tous été comblés par des condos, juste des condos, et il n'y aura plus un centimètre carré disponible pour d'autres types d'habitation. C'est comme exiger la fin de la trithérapie parce qu'on n'a pas encore trouvé de remède miracle au sida. Et parce que la trithérapie a le mauvais effet de rassurer un peu trop les gens devant la propagation de la maladie.

S'ils étaient vraiment sincères dans leurs revendications d'un Plateau pour tous, les activistes exigeraient plutôt qu'on accompagne les projets de copropriétés d'autres formes d'habitation.

Il y a quelques semaines, je mentionnais le désir des élus démocrates de l'État du Massachusetts de forcer les promoteurs immobiliers à faire une place aux logements destinés aux familles à faible revenu dans chacun de leurs projets de construction, ce qu'on appelle un zonage inclusif ou, dans une langue plus populaire, un zonage anti-snob. Dix pour cent des unités construites devront l'être pour les familles à faible revenu.

Évidemment, on ne pourrait pas appliquer une telle politique à Montréal immédiatement. Il faut d'abord revoir le plan d'urbanisme, une tâche colossale, et on devra commander des dizaines d'avis légaux pour voir si une telle réglementation ne contreviendrait pas à d'autres. Mais, en attendant, on peut en repiquer l'esprit. C'est-à-dire inciter fortement les promoteurs à réserver certaines des nouvelles unités à la location abordable, par le biais de subventions, de crédits de taxes ou autre.

Quatre-vingt-dix-huit condos? Et si c'était 80 condos et 18 logements locatifs subventionnés? Et si on répétait l'expérience partout dans la ville?





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