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Montréal vue par… Véronique Marcotte, auteure Bien que le titre de son dernier roman soit Tout m’accuse, impossible d’acc

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 11 juillet 2008 à 10:00
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 Montréal vue par… Véronique Marcotte, auteure
Bien que le titre de son dernier roman soit Tout m’accuse, impossible d’acc
Montréal vue par… Véronique Marcotte, auteure

Bien que le titre de son dernier roman soit Tout m’accuse, impossible d’accuser Véronique Marcotte d’écrire des bouquins inintéressants! Entrer dans l’univers de l’auteure qui a un pied-à-terre sur le Plateau-Mont-Royal est on ne peut plus déstabilisant et demande à se laisser aller dans la psychologie de personnages complexes mais touchants.

Tout m’accuse constitue la quête de personnages que les événements accusent. Il y a entre autres Auguste et sa famille éclatée et la belle Victoire, peintre et serveuse, fragile et forte à la fois.

«Un jour, un de mes amis me racontait qu’il souffrait d’insomnie chronique, une affection assez rare. Je suis quelqu’un qui s’est toujours intéressée aux maladies mentales, aux troubles obsessifs-compulsifs [ses deux premiers romans, le Dortoir des esseulés et Les revolvers sont des choses qui arrivent traitaient notamment de matricide, de maladies mentales, de désinstitutionalisation, d’anorexie…]», raconte la principale intéressée, rencontrée au Réservoir.

«Quand j’ai pensé à mon personnage d’Auguste, je l’ai créé de cette façon, insomniaque, avec des troubles obsessifs compulsifs et je lui ai même rajouté un aspect voyeur. Au début il était Québécois, mais quand j’ai obtenu la résidence d’écrivains à Bruxelles [elle a été la première auteure à occuper la résidence d’écrivains Passa Porta en Belgique en 2005], tout a changé.» L’écrivaine, dont le premier boulot est metteure en scène, part de l’autre côté de l’océan et son personnage devient un Belge, fils d’une mère dépendante et possessive qui force un peu son départ de notre bord de l’Atlantique.

Et Victoire? «Au départ, elle faisait 400 livres, avait de la boulimie et six enfants». Finalement, sa jeune protagoniste est plus à son image, délicate et tout de même forte, artiste jusqu’au bout des doigts. «À partir du moment où je me suis rendue compte que j’étais très loin de mes personnages tant en termes psychologiques, qu’émotifs que physiques, j’ai transformé Victoire pour avoir un personnage qui me ressemble davantage.»

Autofiction? Pas tant que remise en question de la subjectivité de l’écrivain. «Quand je fais le tour de mes deux premiers romans, je suis là mur-à-mur. J’ai essayé de revendiquer le contraire tout le temps, mais plus ça va, plus tu avances dans une carrière et plus tu prends confiance en toi. […] Pour moi, l’objectivité dans un roman c’est l’invention d’un vieil écrivain, ce n’est pas vrai qu’on est dans la pure fiction. Maintenant, en ce qui concerne la part de fiction et la part de réalité, ce n’est pas bien grave!»

Mijotant déjà un quatrième roman, celui-ci devrait parler d’un sujet dur et tabou, le suicide.

La jeune auteure a d’ailleurs été fort inspirée par la mort de Theresa Duncan, la créatrice de jeux vidéo, bloggeuse, cinéaste et critique américaine qui a été retrouvée morte dans son appartement en juillet dernier. Une semaine après, l’amoureux de la femme, Jeremy Blake, se suicidait aussi. La mort de ces deux personnalités branchées, connues, avant-gardistes, germe dans l’esprit de l’auteure. «Je veux aller voir ce qui s’est passé. […] Encore une fois, ce sera très lumineux!», ricane l’inconditionnelle de l’auteure Marguerite Duras.

Son boulot de metteure en scène la tient aussi très occupée. Assistante de Denis Bouchard et travaillant sur ses propres trucs du même souffle, Véronique Marcotte bosse notamment sur un spectacle de théâtre à venir en 2009. «Je ne pensais jamais que je ferais de la "variété". Je disais que c’était un peu "pute" et qu’il n’y avait pas de place pour la création. C’est tellement faux ! Quand j’ai rencontré Denis Bouchard, en travaillant sur Bang! —son one-man show—, je me suis rendue compte que j’aime beaucoup la variété et… que c’est assez payant! […]Les deux métiers ne s’influencent pas du tout, ce sont vraiment deux tiroirs. Ça étonne parfois d’ailleurs les collègues que je lance un livre, voire même un troisième! Eux pensent que j’ai toujours fait de la mise en scène.»

Le mélange des genres se produit peut-être actuellement, puisque Véronique Marcotte planche présentement sur la rédaction d’un journal intime de Denis Bouchard. «C’est mon mentor et je fais comme un journal chronologique de notre rencontre jusqu’à aujourd’hui.»

L’attachante jeune femme n’est pas prête à sortir de scène, littéralement ou littérairement, et heureusement !

Mes bonnes adresses montréalaises…

Pour manger: La Casa Tapas (266, rue Rachel Est) et Le petit Conti (4007, rue Saint-Denis).

Pour flâner: Le Réservoir (9 avenue Duluth Est), c’est le fun de flâner en prenant une bière!

Pour sortir: Le Plan B (327, avenue du Mont-Royal Est)

À lire: L’élégance du hérisson, de Muriel Barbery et Nous seuls, d’Emmanuel Kattan. Sinon, C’est tout de Marguerite Duras, mais je suis écœurée de toujours parler d’elle! Toutes ces lectures à faire au parc Lafontaine.

À découvrir: Les omelettes au feta de chez Byblos, le petit café (1499, rue Laurier Est).

À fuir: L’autoroute 15 en direction nord à 16h!

(Photo: Éric Carrière)

(Propos recueillis par Geneviève Allard)

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