Michel Depatie et Joël Pourbaix, qui co-signe les textes de l'exposition.
(Photo: Jacques Pharand)
Zone de confluence
Michel Depatie présente jusqu'au 23 août l'exposition Confluence à la maison de la culture Frontenac. Une réminiscence qui s’articule autour des pierres déposées par les visiteurs de La Rencontre / Natshishkatun, en 2007
En 2007, au cœur de la forêt laurentienne, Michel Depatie présentait l'œuvre La Rencontre / Natshishkatun, dans le cadre du 9e Symposium international d'art in situ de la Fondation Derouin. Composée de trois tableaux, cette installation proposait un parcours favorisant la rencontre avec le territoire, la poésie et la culture amérindienne.
Michel Depatie s'est laissé inspirer par le travail de plusieurs artistes du symposium. Guidé par son intuition, il s’est lancé dans la réalisation d’un nouveau projet artistique, issu à la fois de ses rencontres récentes et anciennes.
Il en résulte une exposition profondément marquée par de ces lieux qui permettent le mélange des eaux et favorisent le métissage. Les premières images vidéographiques de l’installation représentent le mouvement des glaces sur les eaux filmées à Tadoussac, point de jonction de l’estuaire maritime et fluvial du Saint-Laurent et lieu riche tant dans son aspect océanographique qu’humain. C'est aussi le premier lieu important de rencontres et d’échanges entre les ancêtres européens et les Amérindiens.
Dans l’intimité de la forêt, quelques milliers de personnes ont participé à l’œuvre en inscrivant chacune quelques mots sur une pierre et en déposant celle-ci au centre d’une image symbolique d’une tente à sudation amérindienne. L'artiste a récupéré ces pierres. Il les a peintes en blanc et assemblées pour former un écran sur lequel sont projetées diverses images.
Toujours dans la démarche du métissage, il propose aussi un alliage d’images entre les eaux du Nitassinan – territoire des Innus – et le mouvement des corps tiré de Quand le fluide devient tangible, une chorégraphie de Marie-Josée Larouche, interprétée et filmée en pleine forêt précambrienne par les danseuses du Collectif Cassiopée Danse.
L’œuvre est également empreinte des éclats de poésie de Joël Pourbaix et des vagues sonores de la compositrice Diane Labrosse.
L’installation est accompagnée de photographies qui témoignent de l’œuvre La Rencontre / Natshishkatun, réalisée lors du 9e Symposium international d'art In situ de la Fondation Derouin.
Directeur artistique des événements Paysages Éphémères et Nuit Blanche sur Tableau Noir, qui prennent place chaque été sur l'avenue du Mont-Royal, Michel Depatie a réalisé plusieurs installations multidisciplinaires, dont Jardiniers Terrestres, de 2004 à 2007. et Alchimie Terrestre, en 2006. Il collabore régulièrement avec les poètes José Acquelin, Paul Chamberland et Joël Pourbaix, avec lesquels il a cosigné le manifeste Résister ou disparaître.
Jusqu'au 23 août à la maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est. Les heures d’ouverture sont du mardi au jeudi de 12 h à 19 h et les samedi et dimanche de 12 h à 17 h. Entrée libre.
(CLH)
(Photo: Jacques Pharand)