Pour se conformer à la nouvelle réglementation sur l'affichage, Franceen Brault, propriétaire de la boutique Ange Neige, rue Rachel, a dû enlever en mai dernier son enseigne de bois et modifier la murale qui protégeait le mur de son commerce des graffitis.
(Photo: Jacques Pharand)
L'arrondissement autorisera l'affichage créatif
L'arrondissement s'apprête à assouplir sa réglementation en matière d'affichage et à ouvrir la porte à des dérogations pour des projets d'enseignes et d'affichages commerciaux à caractère patrimonial ou artistique.
Le journal Le Plateau a présenté récemment le cas de la boutique Ange Neige, rue Rachel, dont la propriétaire a dû modifier une murale d'artiste et enlever une enseigne de bois représentant des anges au-dessus de sa porte afin de se conformer à la nouvelle réglementation.
De façon ironique, dans quelques mois, si le nouveau projet de règlement est accepté, Franceen Brault, la propriétaire du commerce, pourrait déposer une demande de dérogation afin de faire retrouver à ses anges leur intégrité.
Lors de la séance du conseil d'arrondissement du 2 juin, les élus ont en effet adopté un projet de règlement visant à permettre certaines exceptions en matière d'affichage commercial.
Après 2 ans d'application de la nouvelle réglementation, le service des permis de l'arrondissement a constaté que certains commerçants souhaitent présenter des projets d'affichage non conformes.
«On s'aperçoit que certains projets sont là depuis des années et témoignent d'une époque ou d'un style particulier. Elles se distinguent par leur caractère artistique, patrimonial ou historique. Elles doivent donc être traitées comme des cas d'exception», indique Michel Tanguay, chargé de communication à l'arrondissement.
Depuis 2005, le Plateau a entrepris de resserrer sa réglementation en matière d'affichage commercial. La Commission de l'aménagement urbain et du développement durable, une des instances citoyennes mises sur pied par l'arrondissement, avait été chargée d'organiser des consultations publiques sur le sujet.
Le problème était apparu lorsque l'ancien magasin Warshaw, boulevard Saint-Laurent, avait été remplacé par une enseigne Pharmaprix s'affichant de manière particulièrement agressive. L'arrondissement s'était alors engagé à inscrire l'élaboration de nouvelles règles en matière d'affichage dans le futur plan d'urbanisme.
En 2006, cette démarche avait conduit à ajouter de nouvelles normes visant essentiellement à réduire la superficie de l'affichage et éviter les enseignes éclairées par l'intérieur.
Aujourd'hui, le projet suit son cours avec l'introduction de mesures exceptions pour des cas bien particuliers, afin de coller à la réalité du Plateau, où le patrimoine et la créativité ont leur place.
Lorsque le projet final sera adopté, les commerces qui souhaiteront obtenir une dérogation devront présenter une demande en bonne et due forme au comité consultatif d'urbanisme (CCU). Il faudra présenter des pièces justificatives. Dans le cas d'une enseigne qui revendique un caractère historique, une étude patrimoniale réalisée par un professionnel du domaine devra accompagner la demande, précise M. Tanguay.
Les murales à caractère commercial pourront également être appréciées en fonction de leur valeur artistique. Une fois approuvées par le CCU, les demandes devront être approuvées par le conseil d'arrondissement.
(Photo: Jacques Pharand)