La maltraitance envers les enfants reste un tabou
Si la majorité des adultes se disent prêts à encourager un enfant victime d'une agression sexuelle ou de violence physique à parler, près de la moitié d'entre eux promet de ne rien faire si l'enfant leur demande de se taire.
C'est ce que révèle un sondage commandé par la Fondation Marie-Vincent et réalisé entre avril et mai dernier auprès d'un millier de Québécois. L'organisme qui se consacre à la maltraitance envers les enfants s'est penché sur les raisons qui incitent un adulte à faire le silence sur une agression après avoir reçu des confidences d'un jeune.
Le désarroi devant la détresse de l'enfant, la peur du processus judiciaire ou de devoir témoigner face à une personne que l'on connaît, le doute envers la parole de l'enfant ou encore la volonté de couvrir un adulte font partie des nombreuses raisons qui poussent les personnes à se taire, selon Claude Girouard, chef de programme enfance-famille, jeunesse et santé mentale au CSSS de l'Ouest de l'île et membre du conseil d'administration de la Fondation Marie-Vincent.
Comme dans 84 % des cas, l'agresseur est connu de l'enfant, les adultes préfèreront tenter de régler la situation sans faire appel aux autorités.
Dans les cas d'agressions sexuelles, 78 % des personnes attendent d'avoir recueilli plus d'indices avant de faire un signalement.
Que faire?
Afin d'assurer la sécurité de l'enfant, il vaut mieux alerter les autorités le plus rapidement possible plutôt que de questionner davantage l'enfant ou de tenter d'enquêter soi-même, recommande M. Girouard.
«Un tel comportement peut être préjudiciable pour l'enfant, car son récit risque de se modifier au gré des réactions des adultes qui l'écoutent. Lorsque l'enfant victime de violence demande à l'adulte de conserver le silence, ceci doit être perçu comme un signal de peur et de détresse.»
La Fondation rappelle que toute personne a l'obligation légale et morale de signaler sans attendre la situation d'un enfant lorsqu'il existe un motif raisonnable de croire qu'il est victime de mauvais traitements.