(Photo: Éric Carrière)
ÉLYSE DE LAFONTAINE
SES TRUCS EN PLUME
Du 14 au 29 juin prochain, Elyse De Lafontaine participera aux Jardins Temporaires à Aachen, en Allemagne. La résidente de Ville-Marie, qui a son atelier sur le Plateau, est la seule artiste nord-américaine invitée dans le cadre de l'EuRegionale 2008. Ses créations à base de plumes et de crin de cheval ont retenu l'attention du jury.
Pour cet événement, cousin des Jardins éphémères organisés chaque année sur l'avenue du Mont-Royal, l'artiste a créé un univers magique composé de fougères faites de plumes colorées et tissées. Ces espèces mutantes seront plantées parmi les végétaux indigènes, au creux d'un sous-bois, comme si elles avaient poussé naturellement dans ce milieu. L'idée: Pour un court instant, semer le doute, surprendre le visiteur en l’amenant dans cet univers où l’irréel se confond avec le réel.
Élyse De Lafontaine s'intéressait déjà à la plume dans ses jeux d'enfants. Après des études en création textile, au Centre des textiles contemporains de Montréal, elle devient chapelière, un domaine qui lui permet d'intégrer sa matière fétiche dans un objet fonctionnel, avant de se diriger vers la création pure à travers la sculpture.
Entre ses mains, les plumes se transforment. D'oie ou de nandou, elles se parent de multiples couleurs. Elles sont tissées, tordues, travaillées pour devenir presque méconnaissable. Au détour, elles croisent le crin de cheval, lui-même teint et laminé pour accoucher d'étranges compositions vaporeuses et échevelées.
Une de ses sources d'inspiration provient du peuple zuni, au Nouveau-Mexique, qui fabrique des bâtons de prière avec des branches ornées de plumes à l'extrémité. Le mouvement des plumes envoie des prières vers le ciel. L'artiste a revisité le concept pour produire une vingtaine de bâtons de ce type, exposés en 2005 au Musée du textile et du costume du Québec, à Saint-Lambert.
Par la suite, le crin de cheval est venu s'ajouter à la plume. «La plume a une dimension spirituelle, elle évoque le merveilleux. Le crin, qui se compose de la même matière, la kératine, suggère également l'élévation», indique-t-elle.
Récemment, l'artiste a introduit l'aluminium dans ses créations. En 2006, une installation comprenant de gigantesques tubes de 15 pieds a pris place dans le bassin de la Place des Arts. D'avril à 4 mai, plusieurs de ses pièces participaient à l'exposition L'Envolée, présentée au Centre culturel de LaSarre. En janvier, elle présentera l'exposition Keratos, au Centre Raymond-Lasnier à Trois-Rivières
«Je recherche l'harmonie, la beauté. Mes objets vont à contre-courant de ce qui se fait dans le courant de l'art actuel.De plus en plus, je suis attirée par les projets impliquant l’espace public et l’interaction possible avec les gens», signale l'artiste.
Propos recueillis par Carole le Hirez
Pour manger: Le Petit Alep, 91, rue Jean-Talon E
Pour flâner et lire: Le charmant parc Baldwin
Pour sortir: La maison de la culture Frontenac, mais aussi toutes les maisons de la culture
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À fuir: Les heures de pointe et ce, peu importe le moyen de transport.