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Histoires belges

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 21 avril 2008 à 11:04
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Histoires belges
Isabelle Tincler et André-Marie Coudou ont fait leurs débuts sur les planches en Belgique. Il fallait qu’ils viennent à Montréal pour se rencontrer, par hasard, et fonder ensemble le Théâtre L’Instant, basé sur Le Plateau. Le 22 avril, ils lanceront leur 4e production, Le Couloir et Chambres, du Français Philippe Minyana, présentée jusqu’au 10 mai à l’Espace Geordie.
Isabelle Tincler a fait des études de théâtre en Belgique. Mais c’est au Québec qu’elle a trouvé l’exutoire à sa passion créatrice. «J’avais l’idée de créer ma propre compagnie pour l’envie de jouer, de monter des projets coups de cœur», confie-t-elle. Pourquoi Montréal ? «Bruxelles a un côté fermé, gris. Ici, on rame, mais il y a des possibilités. On peut monter des choses. On tend la main.»

Le hasard lui fait croiser André-Marie Coudou, grâce à un ami qui avait fréquenté les mêmes cours de théâtre. «Je suis venu pour changer d’air», dit- celui-ci. Formé en art dramatique au conservatoire royal de Mons, il se pointe au Québec en 2003, où il participe au Festival de théâtre des Amériques. «J’ai eu un coup de cœur pour Montréal.»

Les débuts sont difficiles. L’accent européen ne trouve pas preneur dans les castings. Pas du genre à attendre qu’on vienne les chercher, les deux Belges se lancent dans l’arène avec leurs propres moyens. «On s’en fout de l’accent. On peut dire des textes, raconter des histoires avec ce qu’on est.»

Leur première production, Une heure avant la mort de mon frère de Daniel Keene est présentée au Théâtre d’Aujourd’hui en 2005. Ils enchaînent avec Mais ne te promène donc pas toute nue ! de Georges Feydeau, l’année suivante. Puis c’est le monologue Le viol, extrait de Récits de femmes de Dario Fo.

Ils s’attaquent maintenant à un plat de résistance consistant : deux textes de Philippe Minyana, auteur et comédien français qui plonge sa plume dans le drame social. Le Couloir et Chambres sont une suite de monologues interprétés par huit comédiens. La toile de fond : Sochaux, cité industrielle de l’est de la France. Un genre de Montréal-Nord européen.

«Minyana réinvente le drame vivant actuel. Il met en scène des gens comme vous et moi, qui, un jour, dérapent», indique André-Marie Coudou. Une femme qui jette son bébé par la fenêtre. Une mère victime d’un infarctus lors d’une arrestation policière. Des témoignages livrés sans fioritures, tantôt drôles, tantôt poignants.

Dans Le couloir, l’auteur n’a indiqué aucune ponctuation. Le travail des acteurs devient essentiellement physique. Ils se laissent porter par la forme. Plus besoin de jouer l’émotion, la violence, le sentiment.

Déjà, le Théâtre L’Instant pense à sa prochaine production : Un retour aux sources avec une adaptation des Combustibles, de la célèbre romancière belge Amélie Nothomb, qui sera présentée dans la grande salle du théâtre Prospero.

La troupe travaille également avec l’Atis Théâtre, une compagnie belge, sur une création qui devrait voir le jour à la saison 2008-2009, un échange soutenu par l’agence Wallonie-Bruxelles.

Ce n’est pas encore la gloire. Isabelle continue à être serveuse et André-Marie à travailler dans son restaurant. Mais ils continuent à faire ce qu’ils aiment: Raconter des histoires.
À l’Espace Geordie, 4001, rue Berri, local 103, du 22 avril au 10 mai à 20 h.

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