Geneviève Morin-Dupont, qui incarne Marguerite, a déjà une longue carrière d'actrice derrière elle puisqu'elle a interprété son premier rôle en 1994.
(photo: Courtoisie)
Le temps des Marguerites... une réflexion sur l'âge et la beauté
Dans ce spectacle mis en scène par Menka Nagrani et Richard Gaulin, le rôle de Marguerite est interprété par Geneviève Morin-Dupont. La jeune femme de 26 ans est atteinte de trisomie 21.
Les Productions des pieds des mains proposent une version revisitée et allongée de sa création déjà présentée à l'Espace Tangente. Ce spectacle de danse-théâtre met en scène trois interprètes ayant une déficience intellectuelle qui jouent avec des acteurs professionnels. Ils portent un regard sur l’âge, la beauté et le désir de rester jeune.
L'histoire : Pour la première fois de sa carrière, une cantatrice se voit refuser un rôle. L’écart entre son âge et celui du personnage de Marguerite dans Faust de Gounod en est la cause. Sur scène, se mêlent extraits d’opéra et états d’âme d’une femme hantée par le même désir que le vieux Faust, être jeune et le demeurer.
Une profondeur supplémentaire
Geneviève Morin-Dupont a fait ses premières armes de comédienne en 1994 dans le film Un billet de loterie, une coproduction franco-québécoise.
Depuis quelques années, elle fréquente le centre d'art Les Muses, un centre de formation aux arts de la scène spécialement destiné aux personnes qui présentent une déficience intellectuelle.
Geneviève s'oriente vers une carrière professionnelle dans le domaine du spectacle. Elle a déjà participé à plusieurs tournages. On l'a vue notamment dernièrement dans Le Négociateur ainsi que dans Annie et ses hommes.
Deux autres acteurs membres de l'Association de Montréal pour la déficience intellectuelle (AMDI) jouent dans le spectacle: Jean-François Hupé incarne Siébel, le rival de Faust, et Michael Nimbley campe un Faust très convaincant.
«Ces acteurs apportent une profondeur supplémentaire au spectacle, de par leur jeu qui est intense et juste. Le handicap est aussi une source de créativité pour la mise en scène, qui doit s'adapter au processus d'apprentissage des comédiens, plus long par définition», indique la chorégraphe Menka Nagrani.
Enfant et adulte à la fois
«Le handicap sert aussi le propos du spectacle. On traite de la perception de soi, du vieillissement et de la beauté. Or, le déficient intellectuel n'a pas vraiment d'âge. Il est un peu enfant et adulte à la fois», note Mme Nagrani.
Le face à face entre les deux interprètes féminines sur scène, l'une atteinte de déficience intellectuelle, l'autre pas, donne lieu à une confrontation des plus intéressantes, ajoute la chorégraphe. «On aurait tort de croire que l’apparence pour une personne vivant avec un handicap intellectuel ne compte pas. Les critères esthétiques sont les mêmes.»
Les productions des pieds des mains, compagnie de création scénique fondée en 2004 par Menka Nagrani, a choisi d'intégrer des personnes marginalisées à ses activités artistiques. Elle rassemble ainsi divers artistes qui cherchent à insuffler un questionnement artistique et social aux spectacles auxquels ils participent.
Plateau-Mont-Royal, 465, avenue du Mont-Royal Est, les 22 et 23 avril à 19h30. Laissez-passer gratuits disponibles.
(photo: Courtoisie)