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Les intersections du Plateau sont les plus dangereuses

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 6 avril 2008 à 10:00
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Les intersections du Plateau sont les plus dangereuses
Patrick Morency, médecin à la Direction de la santé publique de Montréal, travaille pour le secteur environnement urbain et santé. (Photo: Éric Carrière)
Les intersections du Plateau sont les plus dangereuses
Il ne fait pas bon être piéton sur le Plateau. Patrick Morency, médecin en santé publique, établit un lien direct entre la circulation intense dans le quartier et le nombre de blessés, qui est le plus important sur le territoire de Montréal.
La troisième consultation du plan de déplacement urbain citoyen, qui avait lieu à la Maison d'Aurore, portait sur les impacts de la circulation sur la santé et la sécurité ainsi que les moyens pour les réduire. Patrick Morency, médecin en santé publique, spécialiste des questions de sécurité sur la route, et Sylvie Miaux, géographe qui effectue une recherche sur les déplacements piétonniers à Montréal, ont brossé un portrait de la situation devant une quarantaine de citoyens attentifs.

Premier constat : «Les résidants du Plateau sont parmi les Montréalais qui génèrent le moins de circulation, mais qui en subissent le plus les conséquences», estime M. Morency. On enregistre en moyenne un maximum de 15 km de déplacements motorisés quotidiens par famille, par contre on compte 1,3 million de déplacements sur le territoire en période de pointe.
Le nombre de blessés augmente
De 1998 à 2003, la population a augmenté de 3 % dans l'arrondissement, tandis que le nombre d'autos s'est accru de 11%. On y dénombre de 3000 à 7 000 véhicules le matin sur les grandes artères. «Plus on habite près de ces voies de circulation, plus le risque augmente pour les personnes âgées et les enfants souffrant de maladies pulmonaires ou d'asthme que leurs symptômes s'aggravent», déclare le Dr Morency. En 2002, sur 1500 décès prématurés comptabilisés par la Direction de la santé publique sur l'île de Montréal, 400 étaient liés à des pics de pollution et la moitié au transport.
Le bilan routier n'est pas plus reluisant. Si le nombre de décès sur la route diminue, le nombre de blessés, lui, augmente. À Montréal, le Plateau-Mont-Royal présente la plus forte proportion d'intersections où l'on déplore au moins un blessé. De 1999 à 2003, près d'une intersection sur quatre a été le théâtre d'un accident au cours duquel un piéton a été blessé et la statistique grimpe à une sur trois pour les cyclistes. Au total, 358 piétons et 582 cyclistes ont été secourus par une ambulance dans l'arrondissement entre 1999 et 2003.
Les traverses insuffisantes
Protéger les gens qui se déplacent à pied ou à vélo constitue un des enjeux majeurs dans le quartier, selon le Dr Morency. Il propose une panoplie de solutions. En tête de liste : ralentir la vitesse dans les rues résidentielles. Selon des données de la Société de l'assurance automobile du Québec, la probabilité de décès, lors d'une collision avec un piéton, augmente de façon importante au-dessus de 30 km/h. «Il ne faut donc pas seulement viser les grands délinquants», souligne le médecin.
L'absence d'aménagements pour sécuriser la traversée aux intersections est également pointée du doigt. Sur le boulevard Saint-Joseph, par exemple, le terre-plein central est trop étroit pour abriter les cyclistes immobilisés entre les voies de circulation. Au coin de l'avenue Papineau et de la rue Gauthier, une femme accompagnée d'enfants doit s'élancer sur la chaussée au feu orange pour avoir le temps de traverser.

Les solutions à ces problèmes sont connues. «Il faut diminuer le volume global de la circulation en réduisant la capacité des rues et en introduisant des mesures efficaces d'apaisement. Les traverses piétonnières ne suffisent pas à réduire le nombre de blessés», estime le Dr Morency.

Ajouter des feux à décompte numérique, réduire la largeur des chaussées à l'aide de trottoirs en saillie et de bacs à fleurs, installer des dos d'âne allongés sont des mesures qui devraient être instaurées en même temps que tout projet de rénovation des infrastructures, estime-t-il.

Le Comité circulation du Plateau-Mont-Royal, une initiative de groupes communautaires et de résidants préoccupés par la qualité de vie, organise ses propres consultations auprès de la population en marge de la préparation du projet de Plan de développement urbain préparé par l'arrondissement. Plusieurs rencontres d'information se tiennent dans le cadre de cette démarche citoyenne.

(Photo: Éric Carrière)

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