De gauche à droite, le ténor Antoine Bélanger, le baryton-basse Stephen Hegedus, la mezzo-soprano Mireille Lebel, le ténor Thomas Macleay et le baryton Pierre-Etienne Bergeron formaient le quintette de la première de «L'Heure Espagnole».
(Photo: Yves Renaud)
Scènes de vie conjugale
L'Atelier Lyrique et l'ÉNT sur la scène
Pour une quatrième année, les jeunes chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal et les finissants de l’École nationale de théâtre du Canada (ENT) proposent leur propre production de deux comédies lyriques en un acte. Une belle occasion pour entendre la relève.
«L’heure espagnole» de Maurice Ravel, au ton à la fois subtil et truculent, et «Le secret de Suzanne» d’Ermanno Wolf-Ferrari, opéra bouffe qui annonce sur une note enjouée l’émancipation des femmes, sont les deux comédies lyriques produites par l'Atelier Lyrique et l'École Nationale de Théâtre dans le cadre de la 28e saison de l'Opéra de Montréal… et de leur exercice annuel de fin d'études!
La première œuvre permet d'entendre en alternance les mezzo-sopranos Mireille Lebel et Sarah Myatt dans le rôle de la volage Concepcion, épouse de Torquemada, seul rôle féminin de ce quintette. Lors de la première, avec tous les aléas que ce type de soirée comporte, nous avons pu apprécier le jeu précis et le timbre clair et puissant de Mireille Lebel. Le ténor Antoine Bélanger a démontré un jeu théâtral sur de lui dans le rôle du poète et amant Gonzalve. La voix est vraiment intéressante mais la démonstration (soir de première, rappelons-le), peut-être liée au rôle, ne nous en a pas montrer encore tous les atouts.
Torquemada, horloger, chanté par Thomas Macleay (ténor) manquait ce soir-là de la puissance qu'on lui connaît pourtant. Ramiro, muletier, chanté par le baryton Pierre-Etienne Bergeron était parfaitement à sa place, dans le jeu, le chant et la dose d'humour nécessaire à l'œuvre.
Enfin, le plus intéressant à découvrir du point de vue vocal lors de cette première est sans nul doute le baryton-basse Stephen Hegedus dans le rôle de Don Inigo Gomez, banquier. Un timbre rond, sûr, presque mature et des graves magnifiques. Une voix à suivre…
Deux opéras comiques
Dans «le secret de Suzanne» on a pu apprécier les voix et le jeu à fois drôle et dramatique voire violent (rarement vu à l'opéra) de la soprano Caroline Bleau et du baryton Patrick Mallette (en alternance avec Leticia Brewer et Sébastien Ouellet). Là-aussi, deux belles voix à découvrir et une belle qualité de jeu théâtral qui fait parfois un peu défaut sous les lustres de Wilfried-Pelletier…
Pour leurs débuts à la compagnie, le chef Alain Trudel dirigeait l’Orchestre de l’Opéra de Montréal et Gilbert Turp assurait la mise en scène. Moïka Sabourin (ENT) a imaginé un décor unique et très bien pensé pour les deux opéras.
On sait que la mise en scène des productions annuelles de l'atelier lyrique sert de stage probatoire pour des gens de théâtre. Comédien, écrivain et professeur, Gilbert Turp s'est risqué avec bonheur à l'exercice. Il a su tirer profit du décor sans en abuser en gardant la fraicheur que le mime apporte dans ce genre de production. À voir bientôt, espérons-le, à Wilfried-Pelletier.
Prochaines dates
«L’heure espagnole» de Maurice Ravel, suivi de «Le secret de Suzanne» de Ermanno Wolf-Ferrari au Monument-National les 28, 29, 31 mars à 20h et le 30 mars à 14h. Billets à la pièce à partir de 35$ au 514 871-2224, ou 514 842-2112. Toutes les infos sur…
www.operademontreal.com(Photo: Yves Renaud)