Gabriel Arcand.
(Photo: Éric Carrière)
Gabriel Arcand
Acteur et conseiller artistique du Groupe de la Veillée
Même s’il touche au cinéma et à la télévision, Gabriel Arcand est définitivement un homme de théâtre. Conseiller artistique du Groupe de la Veillée, il reprend actuellement au Théâtre Prospero, Antilopes, une pièce de l’écrivain suédois Henning Menkell qui critique l’aide humanitaire des Blancs en Afrique.
«Pour un acteur, c’est un avantage de pouvoir reprendre un spectacle, reconnaît Arcand. Ça permet d’approfondir son travail, de le perfectionner, le peaufiner. Le spectacle est meilleur maintenant. L’année dernière, c’était une création totale, on se jetait dans un précipice.»
Il croit que si la pièce a eu un grand succès l’an dernier c’est d’abord parce qu’elle aborde un sujet dont on parle rarement, pour ainsi dire jamais au théâtre et au cinéma. Un couple d’Européens vit depuis 14 ans en Afrique dans le cadre d’un programme d’aide internationale. Au dernier soir de leur séjour, l’homme (Gabriel Arcand) et la femme (Danielle Lépine) accueillent dans leur maison, un «bunker meublé à la Ikéa», un ingénieur (Paul Doucet) venu les remplacer. Ce dernier assiste malgré lui au constat de leur échec. Menkell présente une Afrique fantasmé par les Blancs dont les Africains sont absents. «On connaît juste l’Afrique qui va mal. On ne connaît pas l’Afrique qui va bien», dit Arcand, riant jaune. Il souligne toutefois qu’Antilopes est un point de vue dramatique et que la situation n’est pas nécessairement aussi critique partout sur le continent.
Pour Arcand, le théâtre c’est le fondement de son métier, le premier terrain de jeu d’un acteur. Même s’il affirme que théâtre et sécurité sont deux mots qui ne vont pas ensemble, il ne délaisserait cette première passion pour rien au monde. Il profite cependant de ses quelques jours de congé pour faire une première incursion dans une télésérie, Annie et ses hommes. Il se dit un peu désarçonné par l’univers de la télévision puisqu’il ne sait pas ce qui arrivera à l'avance à son personnage.
Les acteurs qui mènent plusieurs projets de front impressionnent Arcand puisqu’il se dit incapable d’en faire autant, qu’il a besoin de toute son attention pour chaque rôle. On pourra le voir en mai dans la peau de M. Mouche, dans le prochain film de Léa Pool, Maman est chez le coiffeur, d’après un scénario d’Isabelle Hébert. Il joue un sourd-muet qui se lie d’amitié avec une jeune fille de 13 ans qui assiste à la rupture de ses parents dans le Beloeil des années 60. Un personnage qui est apparemment plutôt antipathique, à 1000 lieux de ce que le comédien dégage.
Le Groupe de la Veillée présente Antilopes d’Henning Menkell
Avec Gabriel Arcand, Danielle Lépine et Paul Doucet
Jusqu’au 5 avril au Théâtre Prospero
Bonnes Adresses :
Manger: Maison du Cari Golden 5210, St-Laurent
Flâner: Bibliothèque nationale, 475 De Maisonneuve Est
Sortir: En vélo, partout sur l'île.
Lire: Le Guide de La Boîte Noire.
À découvrir: Les serveuses au bar du Théâtre Prospero (à condition de les découvrir entièrement), 1371 Ontario Est
À Fuir: Le Casino de Montréal (dangereux pour la santé)
(Photo: Éric Carrière)