Les terrains de stationnement visés par un promoteur pour la construction d'habitations. (Photo: Jacques Pharand)
Pilotis: affaire pendante devant la cour
Des voisins des terrains de stationnement, où pourraient être construits des habitations sur pilotis, ont pressé la mairesse de questions au conseil d'arrondissement de lundi. Helen Fotopulos s'est murée derrière le fait qu'une action en justice a été entreprise par le promoteur contre la Ville de Montréal et l'arrondissement.
Lundi 28 janvier, des ouvriers s'affairaient à effectuer une caractérisation du sol sur les terrains de stationnement derrière les commerces de l'avenue du Mont-Royal, près des rues De Lanaudière, Garnier et Fabre. Ces tests doivent servir à la construction prochaine d'habitations, selon les dires des travailleurs.
S'adressant à la mairesse, à la séance du conseil d'arrondissement, Laurent Imbault, dont la maison donne directement sur les stationnements, qualifie le dossier de «faillite politique et de faillite totale de la lutte citoyenne menée depuis sept ans». «Ces constructions se feront malgré une pétition de 12 000 noms. Elles créeront des zones d'insécurité urbaine avec des stationnements en demi-sous-sol. Vous, à titre d'élus, devez nous représenter, voir au bien-être collectif. Les marchands de l'avenue du Mont-Royal sont aussi inquiets», fait-il valoir.
D'autres citoyens, Jacques Marier et Louise Marois, en remettent en dénonçant le laxisme de l'administration municipale dans ce dossier. Certains pensent que Stationnement Montréal devrait se contenter de gérer des stationnements et non s'occuper de développement immobilier.
Rappelons qu'en 2001, Stationnement Montréal a vendu les «droits aériens» sur les stationnements publics. Depuis, un promoteur propose de construire des condominiums sur pilotis, au-dessus de ces stationnements.
Position délicate
«Ma position et celle de mon collègue Michel Prescott sont très bien connues, informe Helen Fotopulos. Nous avons voté contre le projet lors d'une séance du comité exécutif à l'époque. Mais, considérant qu'il y a une poursuite de 6 millions $ déposée contre la ville et contre l'arrondissement, et sur la base des recommandations de nos avocats, je ne peux m'avancer davantage sur ce dossier. Les plus récents plans soumis par le promoteur ne dérogent pas au règlement d'urbanisme. Il s'agit d'un projet de plein droit. Et je rappelle que ce ne sont pas les élus qui délivrent les permis. Cela dit, le projet n'est pas encore construit».
Pour illustrer sa position, Mme Fotopulos a souligné que l'arrondissement a réussi à obtenir une entente lors du projet de vente d'une partie du monastère du carmel, sans avoir recours à l'expropriation ni à l'achat. «Nous avons privilégié d'autres solutions. Nous avons travaillé avec les carmélites. Le gouvernement du Québec a classé l'ensemble conventuel. Je maintiens qu'il ne revient pas uniquement au Plateau à assumer toutes les responsabilités. Dans le cas qui nous intéresse ce soir, pour moi, le cas n'est pas fermé. Je ne peux en discuter en public étant donné les poursuites en cours», insiste-t-elle.