Yann Perreau.
Montréal vue par : Yann Perreau
Un livre, un coffret double dvd avec cd du concert Perreau et la Lune, c’est tout ce qu’il faut pour s’imprégner de l’univers de Yann Perreau cet hiver! «Vous ne me verrez plus, ni ne m’entendrez plus durant trois ou quatre mois, mais je serai quand même là», souffle doucement le principal intéressé. Rencontre avec l’artiste à l’aube d’un voyage de création en France de cinq semaines et d’un périple aventurier et amoureux en Inde de deux mois.
«Le DVD, avec un cd live, c’est le spectacle de la tournée, le dernier joué au Quat’Sous avant la démolition de la salle, il y a donc une atmosphère spéciale. C’est sobre, parce que nous ne sommes deux sur scène et il n’y a que 160 personnes dans la salle, mais c’est assez surprenant et poétique», explique Yann Perreau, à propos de ce projet disponible en magasin le 29 janvier.
Perreau et la plume paru cet automne, est quant à lui, une incursion à pas de loup dans les mots et la tête de l’artiste québécois récipiendaire du prix Rapsat-Lelièvre aux Francofolies de Spa, du prix Miroir du Festival d’été de Québec et du prix Félix-Leclerc aux Francofolies de Montréal.
«Au mois de février l’an passé, les éditeurs de VLB m’ont appelé pour publier mes textes de chansons, et au même moment à peu près, Radio-Canada voulait que je raconte des histoires d’été tirées de mon carnet de voyage en Californie et en Arizona à l’émission de Patrick Masbourian [Pour la suite des choses]. J’avais aussi des poèmes… Nous avons tout mis ça dans le livre. C’était carrément un rêve de pouvoir rapailler et fouiller dans mes journaux et carnets durant la tournée et de les publier.»
Ce premier effort littéraire, concluant, donne envie à Yann de faire un jour un autre exercice d’écriture. « Je ne pensais pas qu’il serait bien reçu, qu’on me dirait que je mélange les genres et, non, j’ai eu une belle réception, de beaux papiers, de belles critiques.»
Un bouquin de chansons, de poésie et de textes choisis avec des touches cabotines, touchantes, sexys, mélancoliques, le tout magnifiquement illustré. Un bouquin qui est pour le jeune artiste inspiré, une expression totale d’une liberté parfois vertigineuse. «Je me disais qu’à la limite, je n’en vendrais que 25, parce qu’au moins j’aurais un livre à moi dans une bibliothèque ou une librairie. En musique, il y a aussi une grande liberté, mais on ne peut pas faire que des chansons de 13 minutes en criant comme un dinosaure, parce que c’est sur que tu n’en vendras pas autant», souligne avec humour celui qui se qualifie d’autodidacte.
«Je suis un poète qui compose des musiques […] Je ne suis pas un auteur-compositeur-interprète, mais plus un artiste multidisciplinaire. Je touche à la danse, au théâtre, à la musique, aux mots. Mais ce ne sont que des termes, je m’en fous un peu…»
Avant de s’envoler vers des cieux dépaysants et de nous revenir encore plus inspiré — «ce sera bon pour la réflexion et l’écriture de voyager et d’avoir la chienne un peu !»—, Yann Perreau a convié cette semaine le public au lancement du coffret, un 5 à 7 avec projection du DVD, sans prestation, mais où tout le monde a été invité à rencontrer l’artiste en toute simplicité et en toute poésie, comme lui.
(Propos recueillis par Geneviève Allard)
(Photos: Éric Carrière)
Mes bonnes adresses montréalaises….
Pour manger : Le Bleu Caramel, (4517, rue de La Roche), un beau petit resto japonais tout à fait charmant, surprenant. C’est traditionnel, typique et tu es reçu comme un prince, une princesse à chaque fois. L’Express (3927, rue Saint-Denis) ou le Roi du Plateau (51, rue Rachel Ouest) dans le style plus festif. C’est un resto typiquement portugais. La dame qui nous reçoit est comme une maman qui nous accueille. Les Deux singes de Montarvie (176, rue Saint-Viateur Ouest) a été ma découverte en 2007. J’aime quand c’est convivial, je reste un campagnard urbain, ou un urbain campagnard!
Pour flâner: Le salon Officiel (351, rue Roy Est), L’inspecteur Épingle (4051, rue Saint-Hubert), L’Escogriffe, (4467A, rue Saint-Denis), le Quai des Brumes (4481, rue Saint-Denis), le Tap Room (500, rue Rachel Est), le Verre Bouteille (2112, avenue du Mont-Royal Est). J’ai bien des petites places parce que je suis à Montréal depuis 1998 et j’ai toujours habité sur le Plateau. Le café Lézard (3119, rue Masson), Le café Mélies (3540, boulevard Saint-Laurent), le Pistol (3723 St Laurent).
Pour sortir: Pour voir un show, la Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), le Main Hall (5390 boulevard Saint-Laurent), toutes ces places qui osent présenter des spectacles un peu moins «mainstream»,Le National (1220, rue Sainte-Catherine Est) est aussi une belle salle de découvertes. Tout comme le Divan Orange (4234, boulevard Saint-Laurent) où je ne vais pas assez souvent.
À découvrir : L’Agora de la danse (840, rue Cherrier), il y a souvent des spectacles méconnus. Les gens ne sortent pas beaucoup pour voir de la danse. L’Usine C (1345, avenue Lalonde), Le Centre des Sciences (333, rue de la Commune Ouest), on parle de ces endroits mais on n’y va pas assez souvent.
À fuir : Les endroits à fuir, je n’y vais pas!
À lire: Autour de Dédé Fortin de Jean Barbe, publié en 2001 Je viens juste de me le procurer et je pense que je vais le finir tout de suite. J’ai toujours un livre sur moi.
À écouter: Mùm, je les ai vus en spectacle au National avant les Fêtes. Ce n’est pas très récent, mais c’est un bon disque pour baiser!