(Photo: Éric Carrière).
Tristan Demers, auteur, illustrateur et grand voyageur!
Un feu roulant. Quand Tristan Demers parle, les mots se bousculent dans sa bouche tant il a de choses à dire. Pour l’auteur et illustrateur de 35 ans, qui œuvre dans le monde du 9e art depuis qu’il a 10 ans, mille et un projets l’animent, en plus de passer sa vie entre Montréal et ses valises. Il sort ces jours-ci, entre un salon du livre à quelque part sur la carte du monde, une caricature pour le site
www.branchez-vous.ca –«une nouvelle expérience que je fais sans prétention»--, et des projets pour la télévision, Gargouille, tranche de rires!, son neuvième album de la série, après trois ans d’absence. Une évolution incroyable pour un auteur qui aime porter les chapeaux d’auteur et de gestionnaire...
«De par ma petite revue photocopiée que je faisais moi-même à 10 ans dont je gérais le système d’abonnement, je me suis construit lors de mon adolescence à l’intérieur de ce monde de mise en marché, de marketing, de la gestion d’entreprise. C’est pour ça que je travaille en partenariat avec mes éditeurs.»
Le résidant du Plateau-Mont-Royal a aussi sorti l’an dernier le premier tome de Cosmos Café, qui a reçu une belle première réponse du public. «Des personnages inconnus, un humour plus mordant, plus cinglant, ça m’a motivé et inspiré. Gargouille s’adresse aux 7 à 12 ans, tandis que Cosmos Café est plutôt pour les 11 ans et plus. Le deuxième tome, qui sortira en avril est aussi plus sarcastique, cinglant et mordant, mais ça demeure tout de même familial», rigole l’auteur père de deux garçons.
Avec les quelque 130 jours qu’il passe à l’étranger et le travail à son atelier de la rue Saint-Denis où deux employés lui donnent un coup de main à temps partiel, Tristan Demers aime aussi rencontrer son public. «La moitié du succès de Gargouille vient du fait que je suis en contact direct avec les lecteurs. C’est un défi parce qu’il n’y a pas une habitude de consommer de la bande dessinée d’ici, et il y a d’excellentes bédés québécoises. Dans mon cas, je suis sur le même terrain que les Boule et Bill... Il a fallu que je crée cette habitude en allant parler directement aux enfants, et ça fait 24 ans cette année que je le fais», explique-t-il.
Qui plus est, Tristan Demers visite environ 70 écoles et des douzaines de salon du livre par année. Il a d’ailleurs co-écrit un guide pédagogique destiné aux enseignants, pour apporter la bande dessinée en classe.
«C’est à peu près 27 000 jeunes en milieu scolaire et 100 000 personnes en tout que je rejoins, calcule l’auteur. Ce que j’aime, c’est le contact avec le public, de donner le goût aux enfants de créer tout en travaillant en complémentarité avec l’enseignant, pour qu’il se serve de la bédé comme outil de pédagogie en classe.»
Mes bonnes adresses
Pour manger: Le Mañana (3605, rue Saint-Denis), c’est rigolo, familial et relax. J’aime aussi beaucoup le Petit Bistro (1550 rue Fullum Montréal). Sinon, pour le dessert, il y a Petits Gâteaux (783, avenue Mont-Royal Est).
Pour sortir: L’Assommoir (112, avenue Bernard Ouest), le martini pomme-gingembre, je fais un détour pour ça. Un porto au Sofa (451, rue Rachel Est), c’est toujours le fun aussi!
Pour flâner : La Grande bibliothèque (475, boulevard De Maisonneuve Est), évidemment. La rue Ahmerst, pour l’ensemble des boutiques rétro. Sinon, sur la rue Saint-Denis. Je suis très «bébelle». Par exemple, je viens d’acheter un sac qui est une réplique de ceux portés par les employés de la «PanAmerican» dans les années ‘60, comme dans le film «Catch me if you can», chez Néon (4251, rue Saint-Denis). Le graphisme des objets rétro est très cartoon d’ailleurs.
À lire: Je suis en train de lire «Coca-Cola, l’enquête interdite». Savais-tu qu’il se vend un milliard de Coke par jour et que c’est le mot le plus connu dans le monde après «ok»? C’est mon plaisir coupable. Sinon, je viens de lire un livre du créateur de bédé Gotlib qui s’appelle «J’existe, je me suis rencontré». Et avant de me coucher un petit «Nicolas» de Sempé & Goscinny.
À découvrir: La galerie Attakus (5333, avenue Casgrain, Suite 603). C’est une galerie, un musée, qui expose des sculptures, des sérigraphies, des figurines en 3D, des affiches et des objets issus de la bande dessinée et du cinéma.
À fuir: En ce moment, le boulevard Saint-Laurent avec les réparations, on se croirait à Beyrouth! Aussi, il y a le parc Émilie-Gamelin qui est raté, on dirait un cimetière. Avec ses tombes, son eau qui ne coule plus, ces espèces de trois sculptures affreuses, et là évidement, c’est le repaire des «squeegees» avec leurs chiens. Ce n’est pas à fuir, mais à reconsidérer.