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Sur l’île d’Indica

Le label montréalais fête ses 10 ans et voit grand

Philippe Beauchemin par Philippe Beauchemin
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Article mis en ligne le 23 novembre 2007 à 16:00
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Sur l’île d’Indica
Franz Schuller est un habitué de l’underground, lui qui est à la fois chanteur de la formation métal Grimskunk et président de la compagnie de disques Indica Records. (Photo: Éric Carrière)
Sur l’île d’Indica
Le label montréalais fête ses 10 ans et voit grand
Les Trois Accords, Vulgaires Machins et Dobacaracol. Maintenant s’ajoutent les The Cat Empire, Joseph Arthur et The Heights; en dix ans, Indica Records est devenue une compagnie musicale incontournable, et ce, tant au Québec que sur la scène internationale.
Son président, Franz Schuller, également chanteur au sein du groupe métal Grimskunk, reste toutefois modeste. « Nous ne sommes pas une multinationale, loin de là. Nous sommes simplement une petite boîte qui mise beaucoup sur les ressources humaines, explique le président. C’est ça le plus important pour réussir dans ce métier. Il faut être humain avec les artistes, les soutenir dans toutes les facettes de leur travail, être partenaire avec eux de A à Z, et non pas seulement quand vient le temps de vendre des disques. »

En arrivant au local de la compagnie, situé sur le boulevard Saint-Laurent, une chose nous frappe: le désordre. Des disques qui traînent sur les bureaux, des amplificateurs et des instruments de musique dans les corridors, des autocollants de groupes rock collés un peu partout sur les murs, des mégots de cigarette dans des bouteilles de boissons gazeuses, des fils électriques et d’ordinateurs sur lesquels on risque de trébucher à tout instant. « Au départ, explique M. Schuller, c’était un local de musique pour Grimskunk. Puis, on a fait des divisions et monté des murs pour installer les bureaux d’Indica. Mais j’ai voulu garder l’esprit de “band”. On a même un studio de création dans lequel nos artistes peuvent venir travailler leur matériel sans être dérangés. »
La jungle musicale
Depuis quelques années, le milieu musical vit une révolution. Avec les ordinateurs et Internet, la musique est maintenant disponible partout, sur des sites de téléchargement légaux, comme sur d’autres qui sont illégaux. Les compagnies de disques en souffrent, voyant les ventes chuter de façon dramatique. Pourtant, quand on aborde le sujet avec le chanteur-président d’Indica, il sourit et ses yeux s’illuminent.
« C’est vrai que le milieu musical est devenu une véritable jungle et que pour survivre, il faut avoir une maudite bonne vision de l’industrie et du marché. Mais je pense qu’il faut d’abord suivre son instinct. Je l’ai toujours fait et je vais continuer à faire à ma tête. Oui, on vit une période “tough” actuellement, mais je ne pense pas que l’arrivée d’Internet va tuer la musique. Bien au contraire, ça va diversifier l’offre et nous débarrasser des rapaces qui sont présents dans le milieu par intérêts financiers et non par amour de la musique. Une fois ces gros labels disparus, ceux qui auront pu éviter l’iceberg prendront alors une plus grande place. On sera de ceux-là. »

Musicien, chanteur, rockeur et maintenant administrateur, cela fait plus de 20 ans que Franz Schuller évolue sur la scène musicale. Quand on lui demande combien d’heures il travaille par jour, il a cette réponse : « La musique, c’est d’abord et avant tout un style de vie. C’est ici, dit-il en pointant sa poitrine et son cœur. Si tu n’aimes pas ça, fait autre chose. Moi, j’ai tellement de fun dans ma vie et dans ma job que je ne peux pas savoir exactement combien d’heures je fais par jour. Je ne suis pas comptable, je fais de la musique! »

Et où se voit-il dans 10, 20 ou 30 ans? « Ça va tellement vite actuellement que j’ai de la difficulté à prévoir où je serai dans une semaine! Mais disons que le grand rêve serait de gérer la compagnie et planifier les shows de nos artistes tout en ayant le cul bien assis sur le sable blanc d’une petite île du Sud, avec mes amis et ma famille autour de moi! » Et avec les nouvelles technologies qui prennent place, ce n’est peut-être pas un rêve si fou que ça…

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