Richard Bergeron commente le Plan de transport
Le 19 septembre, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, présentait au Sablo Kafé son analyse du Plan de transport réalisé par l'administration Tremblay. Une cinquantaine de citoyens, principalement membres de la formation politique et résidants de Rosemont–La Petite-Patrie, sont venus l'entendre.
Impossible de squatter une place pour son vélo sur la petite rampe de la terrasse extérieure du coquet restaurant de la rue Saint-Zotique. Pas étonnant, le sujet intéressait particulièrement les gens sensibles à la cause du transport actif.
Richard Bergeron, urbaniste et aussi membre de la commission Transport, gestion des infrastructures et environnement du conseil municipal de la Ville de Montréal, a fait de la problématique du transport une de ses marottes.
Le retour des péages aux entrées de l'Île de Montréal comme l'implantation d'un réseau rapide par autobus, en site propre, sur 240 km d'artères, sont au nombre des aspects positifs avancés dans la stratégie montréalaise, considère Richard Bergeron
Mi-figue, mi-raisin
Le chef de PM applaudit l'implantation d'un réseau embryonnaire de tramways d'une vingtaine de kilomètres. «Un début, mais nettement insuffisant», se ravise rapidement le politicien.
Pour lui, l'administration de Gérald Tremblay a préconisé une approche «récréotouristique» du tramway, au détriment des réels besoins des Montréalais. Le circuit passant par la montagne est inutile, d'autant plus qu'il engendrera des dépenses pouvant atteindre 125 M$. Le tracé longeant le canal Lachine, dans le Vieux Port – un investissement d’au moins 300 M$ – ne trouve pas plus grâce à ses yeux.
Le chantier qui s'annonce, encore, sur Notre-Dame est l'élément qui fait déborder le vase. «On affirme haut et fort la volonté de réduire la place de l'auto dans la ville alors que l'on continue à investir dans d'importants projets: la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute et le prolongement du boulevard Pierrefonds», a-t-il argumenté.
Par ailleurs, il a qualifié de «poudre aux yeux», le désir de Montréal de doubler son réseau cyclable avec l'ajout de 400 km de piste. «Les 10 M$ prévus à cette fin sont dérisoires, juge-t-il. En excluant les quatre kilomètres de piste actuellement en cours de réalisation sur le boulevard de Maisonneuve, il reste à peine 10 000 $ par kilomètre pour les 396 qui restent à faire. Que fait-on avec 10 000 $ par kilomètre? De la peinture! Il serait plus responsable d'offrir de vraies pistes cyclables, quitte à ce que ce soit en quantité plus limitée.»
(L.P.)