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Subvenir au besoin essentiel: se nourrir

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Article mis en ligne le 7 septembre 2007 à 10:50
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Subvenir au besoin essentiel: se nourrir
Les organismes qui œuvrent à soulager la faim s'étaient donné rendez-vous au Centre Calixa-Lavallée. (Photo: Jacques Pharand)
Subvenir au besoin essentiel: se nourrir
Le territoire du grand Plateau, contrairement à la perception largement répandue, compte un grand nombre de personnes qui dépendent quotidiennement du dépannage alimentaire. De ce nombre, plusieurs familles se fient au dépannage pour subvenir à leur besoin essentiel: se nourrir.
Au début de l'été, Action Solidarité Grand Plateau, les Cuisines collectives du Grand Plateau et le CLSC du Plateau-Mont-Royal réunissaient les principaux organismes qui offrent des services en matière de sécurité alimentaire.

Réunis à l'auditorium du Centre Calixa-Lavallée, les représentants de plus d'une vingtaine d'organismes ont présenté à tour de rôle les principales initiatives menées.

Les services sont nombreux: accompagnement pour faire les courses, popote roulante, cuisine collective, repas communautaire, dépannage alimentaire, restaurant populaire, groupe d'achats, service à domicile, jardins communautaires, services pour femmes enceintes, pour n'en nommer que quelques-uns.

Les organismes ont mis sur pied plusieurs actions pour lutter contre la faim. L'Hirondelle reçoit plus de 3000 immigrants par année en processus d'intégration sociale. Entre 60 et 80 ménages profitent d'un dépannage alimentaire une fois par semaine. «Le Canada fait partie du G-8 et notre population a faim, révèle Richard Jara, intervenant à L'Hirondelle. Lors de rencontres internationales, on ne me croit pas lorsque je dis que je travaille au Canada».

À La Petite Maison de la Miséricorde, chaque dernier jeudi du mois, les femmes reçoivent un repas de pâtes. Resto Plateau sert 100 000 dîners par année, cinq jours par semaine grâce à sa formation en cuisine et traiteur. La Maison d'Aurore a mis sur pied cinq groupes de cuisines collectives qui accueillent 80 personnes. Le Regroupement des cuisines collectives du Plateau reçoit 60 personnes par mois pour préparer des mets.
Le vrai portrait
«On dirait que la pauvreté se vit ailleurs. Une partie de la population semble invisible. Ce n'est qu'une impression. C'est pourquoi, Action Solidarité Grand Plateau a produit un cahier sur la sécurité alimentaire qui dresse un portrait en noir et en blanc de la population», fait observer Fulvia Spadari, coordonnatrice d'ASGP.
Le Plateau-Mont-Royal reçoit deux à trois fois moins de fonds pour la lutte à la pauvreté que ses voisins Rosemont-La Petite Patrie et Centre-Sud. Pourtant, on dénombre près de 32 000 personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté sur le Plateau, l'équivalent de ce qu'on trouve ailleurs.

La venue de familles avec des revenus plus élevés a eu un effet de distorsion sur les statistiques. Les indicateurs de richesse font en sorte que, depuis 1999, les écoles du quartier ne se qualifient plus pour les mesures d'aide alimentaire. Ces indicateurs de richesse ont entraîné des coupes budgétaires chez certains groupes communautaires. Ces derniers n'étant plus éligibles à certains programmes, puisque situés hors des quartiers dits «sensibles».

Une étude réalisée en 2000 par Approche locale sur la faim sur la sécurité alimentaire dans les écoles du Grand Plateau confirme que des élèves ne mangent pas à leur faim ou de façon adéquate.

«Il faut faire reconnaître nos besoins et la situation réelle qui se vit au-delà des statistiques», insistent les représentants des organismes qui œuvrent à combattre la faim.
Magasin solidaire
Depuis longtemps, les groupes en sécurité alimentaire confrontent les limites de leurs ressources. Les cas parfois lourds, souvent portés par les réseaux de bénévoles, nécessitent un nouveau type d'action.
Dans cette perspective, les forces du milieu se sont rassemblées autour d'un projet commun. La mise sur pied d'un «magasin solidaire» permettrait d'aller au-delà du dépannage. Au lieu de pallier de façon ponctuelle aux besoins alimentaires, le «magasin solidaire» correspondrait à un lieu permanent.

Le «magasin solidaire» serait constitué d'une épicerie de produits et services animée par des groupes locaux pour répondre aux besoins des ménages en situation de précarité. «Un magasin solidaire correspondrait à un lieu d'approvisionnement et un milieu dynamique où acquérir connaissances et habiletés nouvelles. En plus des aliments, les personnes démunies y trouveront des ressources et des informations», selon la définition donnée par ASGP.

En 2005, le Forum sur l'état des besoins et des ressources alimentaires en dépannage alimentaire confirmait que le milieu faisant face à une insuffisance des ressources pour répondre aux urgences alimentaires.

On compte plus de 655 recours au dépannage alimentaire chaque mois sur le Plateau-Mont-Royal: repas, bons d'achat ou paniers alimentaires. Et les besoins sont encore plus importants: 54% des répondants à un sondage mené auprès de 200 ménages affirment avoir eu besoin d'aide, mais n'ont pu l'utiliser par manque de connaissance des ressources (26%), gêne (20%), distance (23%) et heures d'ouverture (20%).
La faim en chiffres
- Près de 32 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté

- Plus de 655 recours au dépannage alimentaire chaque mois

- 88% des gens qui ont recours au dépannage sont des personnes seules

- 37% des immigrants

- 30% des femmes

- 12% des familles

- 11% des aînés.

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