Sur la photo de gauche à droite: Normand Chouinard, Danièle de Fontenay (directrice artistique), Rémi Girard, Brigitte Haentjens, Jean-Fernand Girard, Sophie Clément et Marie Brassard.
(Photo: Régent Gosselin)
L'art sous toutes ses coutures à l'Usine C
Pour une treizième année, l'Usine C ouvre grand ses portes à l'art sous toutes ses coutures. Qu'elle se fasse théâtrale, musicale, chorégraphique ou multidisciplinaire, la programmation 2007-2008 ne fait pas exception à la règle. À l'affiche de la salle située en plein cœur du Centre-Sud: 15 productions provenant de six pays, cinq premières canadiennes, deux événements internationaux, et huit expositions de créateurs en art visuel.
«Cette année, nous offrons une saison ouverte sur le monde, qui rassemble des artistes parmi les plus marquants au Québec, au Canada et même à l'échelle internationale, souligne Danièle de Fontenay, directrice de la programmation. Tous les arts de la scène trouvent leur place dans cet espace multidisciplinaire qu'est l'Usine C.»
Par exemple, des acteurs bien connus du public comme Céline Bonnier, Roy Dupuis et Paul Ahmarani brûleront les planches en interprétant Blasté, de Sarah Kane. Le texte, publié il y a 10 ans et mis en scène par Brigitte Haentjens, raconte l'aveuglement et l'impuissance face au conflit yougoslave, dont la barbarie était à l'époque diffusée en direct sur CNN.
L'image du corps de la femme sera également passée au kaléidoscope avec Un peu de tendresse, bordel de Merde!, pièce chorégraphique de Dave Saint-Pierre. Un univers provocant où les corps nus, les fausses blondes et les femmes implorantes pour un peu de tendresse se partagent la scène.
Côté musical, l'éclectisme sera au rendez-vous avec le spectacle Feed, un voyage sensoriel au cœur de la musique et des sons avec vidéo 3D, modulations sonores et fragments stroboscopiques à l'appui. Sans compter le rendez-vous où le cynisme s'harmonise à la musique avec Tiger Lilles, a suicide for Christmas.
L'Usine C revisitera également un classique du genre avec Othello, de William Shakespeare. Avec Kiss Bill , Paula de Vasconcelos présente un spectacle où théâtre et danse prendront le tempo ensemble.
Lors de sa création, l'Usine C s'était donnée pour mission de devenir un incubateur de l'art contemporain. Mission accomplie puisque cette année la compagnie accueillera 11 artistes en résidence. «C'est l'année où nous en accueillons le plus. Chacun d'entre eux peut utiliser notre studio pour créer des œuvres.»
Rappelons que l'Usine C a pris naissance dans une ancienne usine désaffectée en 1994. D'une capacité de 472 places, la salle permettait de créer un endroit à la fois polyvalent et flexible, capable d'accueillir des spectacles de toutes sortes. L'implantation de l'Usine C, au coût de 8 millions de dollars, dans ce secteur du Centre-Sud de Montréal, constitue un des éléments de la relance du développement urbain de cette portion du centre-ville.