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6e Festival du Jamais Lu

La résistance positive !

Article mis en ligne le 4 mai 2007 à 14:48
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6e Festival du Jamais Lu
La résistance positive !
Les règles sociales, les impératifs financiers, les médias, les nouvelles disciplines artistiques et leur consommation, tout semble contribuer à faire de nos vies des TGV filant à vive allure. Et pourtant, il y a toujours des artistes, des auteurs qui consacrent leur vie à suspendre cette folie ambiante pour nous convier à la réflexion collective. D’où vient ce besoin de nous livrer leurs textes? Du pouvoir de rassemblement de la parole, assurément.

Dire, c’est accepter que les choses existent. Dire, c’est faire vivre ce qui était oublié, caché, volé, omis. C’est aussi bâtir ce qui n’existe pas encore. Prendre la parole c’est résister à l’apathie. Résister… un mot qui appelle un acte de courage, de survie mais également d’entêtement, de lutte, parfois vaine, parfois essentielle. Résister, c’est changer le point d’arrivée.

Pour cette 6e édition du Festival du Jamais Lu, le public est invité à une résistance joyeuse et festive en compagnie de plus de 100 artistes qui défendent la parole de 14 auteurs forgeant la dramaturgie de demain.

C’est sous la forme de lectures publiques, présentées dans une formule cabaret, que 7 textes inédits sont offerts à tous les publics, un texte pour le jeune public, trois paroles venant de pays en développement (Liban, Bénin, Togo). Également à la programmation : un projet spécial où l’art du discours politique est à l’honneur, des levers de rideau ralliant les relèves de diverses disciplines artistiques et un cabaret de clôture explorant le thème de la résistance sous tous ses angles.

Le Jamais Lu, c’est un moment où les paroles des artistes émergents prennent la scène d’assaut, sans prétention, mais avec une réelle envie de rejoindre leurs contemporains : un réel désir de résister à l’isolement des êtres et des pensées.
Prendre le pouls
Le Festival du Jamais Lu est au théâtre, ce que la performance live est à la musique. Un accès direct aux dramaturges émergents, un moment brut et unique. Sans ambages ni pudeur, une quinzaine d'auteurs de la nouvelle garde offre leur texte inédit en lecture publique. Portés par la voix de comédiens, les mots jaillissent sur scène, dévoilant visions du monde, cultures, formes, sensibilités et nécessités. À ces présentations, s’ajoute une série d’événements rehaussant l’identité festive du Jamais Lu.
Prendre parole
D’où vient ce besoin de résister au silence? « Du pouvoir de la parole, confirme Marcelle Dubois, directrice artistique et cofondatrice de l’événement. Dire, c’est accepter que les choses existent. Dire, c’est faire vivre ce qui était oublié, caché, volé, omis. Bâtir ce qui n’existe pas encore. Par la parole, une résistance à l’apathie ambiante s’installe. Et résister devient un acte de courage, de survie, mais également d’entêtement. Résister, c’est vouloir changer le point d’arrivée. Le thème de la résistance s’est imposé à la 6e édition du Jamais Lu. »
Prendre la scène
Si cette résistance s’exprime par divers événements, le coeur du Festival reste encore le même : faire résonner, par le biais de mises en lecture dynamiques, les textes inédits des jeunes auteurs professionnels qui forgent la dramaturgie de demain. Leurs paroles contemporaines sont le moteur de nos réflexions et méritent une tribune à l’image de leur engagement.
Cette année, nous entendrons les textes de Yvan Bienvenue, Stephan Cloutier, Patrick Drolet, Marcelle Dubois, Emmanuelle Jimenez, Justin Laramée, Anne-Marie Olivier, Emmanuel Schwartz.

Également de la programmation : un après-midi jeune public – L’Odyssée adapté, de Fanny Britt –, un 5 à 7 présentant le gagnant du concours intercollégial L’Égrégore – Baiseries de Jean-Philippe Baril Guérard –, et un cabaret de clôture déluré et délirant animé par Geoffrey Gaquère.

Cinq levers de rideau présentant des performances ludiques, imaginées à partir d’autres disciplines artistiques, complètent le tableau: Marie-Ève Albert – chorégraphe, Ivy – slameur, Isabelle Ligot – mezzo-soprano, Bruno Marcil – auteur-compositeur-interprète, Olivier Morin – acteur-peintre-chanteur.
Prendre partie
Dans un esprit plus performatif, nous présentons une soirée sous le thème des discours politiques : thème fort à propos en cette période électorale. Accompagné de ses tables tournantes, Jacques Laroche nous fait découvrir, par des discours de Lévesque, Trudeau, Allende, De Gaule, Malreau, la puissance théâtrale de ces hommes de pouvoir, souvent prédominante sur le contenu politique.
Prendre conscience
Ne pouvant résister à l’appel de la mondialisation, le Festival s’ouvre aux écritures d’ailleurs. En lien avec notre questionnement sur la parole comme geste de résistance, nous accueillerons, avec la collaboration des Écritures Vagabondes, trois auteurs provenant de pays en développement – Euloge Beo Aguiar du Bénin, Hala Moughanie du Liban et Jean Kantchébé du Togo. L’écriture franche de ces dramaturges du Moyen-Orient et de l’Afrique aborde la survie de l’espoir, la volonté de changement, la défense et la dénonciation de la patrie.
Prendre son pied
Est-ce possible? C’est bel et bien dans une ambiance décontractée que le Festival se déroule au cabaret O Patro Vys. Une bière à la main, spectateurs et artistes s'entremêlent, discutent, s’exaltent et se découvrent. Il suffit d'une visite au Festival pour se rendre compte de la verve créative et communicative qui règne chez la relève théâtrale ; mais il faut y revenir plusieurs soirs pour découvrir un inspirant panorama de nos contemporains. Informations et réservations : 514 844-1811 www.jamaislu.com)

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