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Le Plateau
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L'affaire Couillard entraîne la démission d'un deuxième conservateur

Presse Canadienne Article mis en ligne le 11 juin 2008 à 0:00
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OTTAWA - L'intérêt de Julie Couillard envers les conservateurs a peut-être entrainé une deuxième démission, dans un autre ministère fédéral, mais le gouvernement de Stephen Harper a continué de minimiser toute cette affaire qui va de rebondissements en rebondissements.
Mercredi, le ministre non-élu des Travaux publics, le sénateur Michael Fortier, a confirmé avoir renvoyé la veille son conseiller politique, Bernard Côté, parce que ce dernier avait eu une relation amoureuse avec Mme Couillard au moment où cette dernière tentait d'obtenir un contrat immobilier du gouvernement fédéral.
M. Fortier n'est pas le premier ministre du cabinet Harper à se retrouver dans l'embarras à cause de Mme Couillard. Il y a deux semaines, Maxime Bernier a perdu son poste de ministre des Affaires étrangères après avoir laissé trainer des documents confidentiels au domicile de son ex-petite amie dont le passé trouble soulève bien des questions.
Mme Couillard a fréquenté jusqu'à tout récemment des membres des groupes de motards criminels.
Mais ce détail ne semble pas faire tiquer le gouvernement conservateur qui soutient, depuis le début de toute cette affaire, qu'il s'agit d'une question de vie privée.
Reste que le renvoi de M. Côté vient affaiblir cet argument des conservateurs, puisque c'est justement à cause de sa relation avec Mme Couillard que le conseiller spécial a été remercié.
"S'il ne prend pas ça au sérieux, c'est grave. On ne parle pas uniquement de documents égarés. On parle d'influence auprès d'un ministre, on parle de tentative d'obtention de contrats avec quelqu'un qui travaillait avec M. Fortier", a fait valoir le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
Même son de cloche du côté du chef libéral Stéphane Dion qui ne comprend pas comment le premier ministre peut persister "à répéter cette fable comme quoi ce serait purement une affaire de vie privée".
Plus encore, les efforts déployés par Mme Couillard pour tenter de se rapprocher des conservateurs sont suffisants pour soulever bien des soupçons.
"Il y a une possibilité que le crime organisé ait tenté d'infiltrer le gouvernement. Je ne dis pas que c'est ce qui s'est produit", a indiqué M. Dion, qui estime cependant que ça mérite des vérifications sérieuses.
Chez les conservateurs, toutefois, on minimise encore l'ampleur de toute cette affaire. Mercredi, le ministre Fortier a soutenu que le renvoi de son conseiller était un événement isolé qui ne rejaillit pas sur son ministère ou sur le gouvernement puisque la démarche de Mme Couillard n'a pas eu de résultat.
"J'ai agi dès que j'ai su la nouvelle hier (lundi), j'ai agi immédiatement", a insisté M. Fortier avant d'ajouter qu'il y a "apparence de conflit (d'intérêts) et je n'accepte pas ça".
Un journal quoditien révélait que Bernard Côté a fréquenté l'automne dernier Julie Couillard. A cette époque, le groupe Kevlar, auquel Mme Couillard était affiliée, proposait au fédéral de construire un édifice à Québec pour reloger des centaines de fonctionnaires.
Le sénateur Fortier prétend n'avoir jamais rencontré Mme Couillard. Pourtant, un journal quoditien rapportait mardi qu'elle a assisté, en avril 2007, à un dîner à 1000 $ le couvert où une trentaine de personnes seulement ont passé la soirée avec M. Fortier.
Et un journal montréalais rapportait mercredi que Mme Couillard était à un tournoi de golf que M. Fortier présidait en septembre 2007.
"Je ne connais pas cette dame", a répété M. Fortier. Il admet qu'il l'a peut-être déjà rencontrée lors d'une levée de fonds, mais il dit en avoir aucun souvenir.
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