Paul Bernardo, est interviewe par la police le 7 juin, 2007. LA PRESSE CANADIENNE/HO
TORONTO - Un juge ontarien a accordé mardi aux médias la permission de diffuser la vidéo d'un interrogatoire policier réalisé avec le meurtrier Paul Bernardo.
Le juge David McCombs, de la Cour supérieure de l'Ontario, avait signifié la semaine dernière qu'il se préparait à rendre disponible cette vidéo pour la télévision. Il lui restait toutefois à décider si elle pouvait être utilisée dans Internet.
La Couronne s'opposait à ce que l'enregistrement de 31 minutes soit disponible entièrement dans Internet, estimant que le public pouvait en faire un mauvais usage. Le juge McCombs a toutefois exprimé un point de vue contraire dans son jugement rendu mardi.
La vidéo a été réalisée le 7 juin 2007, quand les policiers se sont rendus en prison questionner Bernardo au sujet du meurtre non élucidé d'Elizabeth Bain. Dans la vidéo, Bernardo nie toute implication dans la disparition et le décès de l'étudiante.
Paul Bernardo a été jugé coupable de deux accusations de meurtre prémédité en 1995 et a été déclaré délinquant dangereux. Il purge une peine de prison à vie pour les meurtres des adolescentes Leslie Mahaffy et Kristen French.
Le juge McCombs a soutenu que la cour ne pourrait justifier la non-publication de cet interrogatoire que sur des bases solides, qui pourraient inclure les risques de compromettre la tenue d'un procès équitable ou d'accabler davantage les personnes touchées par les crimes attribués à Bernardo.
M. McCombs a jugé que ces risques n'existaient pas dans cette affaire.
"La vidéo ne contient pas d'images ou de propos violents. Si cela avait été le cas, mon verdict aurait été différent", a confié le juge dans sa décision.
La vidéo en question figurait comme élément de preuve au procès de l'ancien conjoint d'Elizabeth Bain, Robert Baltovich, qui a été déclaré non coupable.
Quand on demande à Bernardo s'il a tué Elizabeth Bain, il répond d'abord qu'il s'agit d'une question lourde de conséquences. "La réponse à cette question est non", déclare-t-il finalement.
Bernardo soutient qu'il n'est pas impliqué dans la disparition de l'étudiante et qu'il ne la connaît pas, mais ajoute qu'il ne peut pas se rappeler s'il l'a déjà rencontrée.
Tout au long de l'interrogatoire, Bernardo insiste pour dire que la police le prend pour un menteur.
"J'ai fait une erreur il y a 17 ans, d'accord, a lancé Bernardo. Mais nous parlons de ce qui vient de se passer et vous ne me ferez pas croire que je suis un menteur psychopathique qui va prendre la responsabilité pour les crimes d'autres personnes."
Bernardo apparaît calme la plupart du temps, gesticulant avec ses mains et blaguant sur ses pertes de mémoire.
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