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Les centres communautaires réclament une augmentation de leur financement

Ils sont en attente d'une réponse de Québec depuis octobre

André Desroches par André Desroches
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Article mis en ligne le 18 février 2007 à 10:00
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Les centres communautaires réclament une augmentation de leur financement
Les centres communautaires de loisirs de la province demandent au gouvernement du Québec d'indexer et de rehausser leur financement récurrent. La dernière indexation date de 2001. (Photo: Jacques Pharand)
Les centres communautaires réclament une augmentation de leur financement
Ils sont en attente d'une réponse de Québec depuis octobre
«Quand on parle à nos députés, ce qui me choque le plus, c'est qu'ils nous disent que c'est important ce que l'on fait», lance la directrice du Centre communautaire de loisirs de la Côte-des-Neiges, Denise Beaulieu. Le hic, de toute évidence, c'est quand vient le temps de joindre le geste à la parole. Les centres communautaires de loisirs de la province attendent en effet depuis octobre dernier une réponse, de la part du ministre Jean-Marc Fournier, à leur demande d'indexer et de rehausser leur financement récurrent. La dernière indexation date de 2001.
Lors d'une conférence de presse tenue le 14 février au Patro Le Prevost, le directeur général de la Fédération québécoises des centres communautaires de loisirs, Pierre Vigeant, est venu rappeler la précarité qui est le lot des 81 centres membres de la fédération, dont le Patro Le Prevost et le Centre de loisirs communautaires Lajeunesse.

Pour redresser la situation, la fédération demande à Québec un montant de 2,3 millions de dollars. Ça compenserait l'augmentation des frais d'opération à laquelle font face les centres, et ça aiderait à la rétention du personnel, a indiqué Pierre Vigeant.

Lors d'une rencontre qui a eu lieu en novembre 2005 avec le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, ce dernier avait invité les centres à mener une démarche de sensibilisation auprès des députés pour mettre plus poids dans le dossier, a rappelé Pierre Vigeant. Résultat : rencontres avec les députés et 15 000 cartes postales déposées à leurs bureaux, pétition signée par plus de 5000 personnes, 50 000 courriels envoyés à l'Assemblée nationale, près de 200 lettres d'appui d'organismes, etc. Mais rien n'y fait. C'est l'inertie.

Les centres avaient demandé une réponse du ministre avant le 15 février. Elle n'est pas venue. Une rencontre est prévue avec Jean-Marc Fournier le 16 mars. À ce moment, le Québec risque d'être plongé en pleine campagne électorale. Pierre Vigeant a souligné qu'ils n'accepteront pas d'être l'objet de promesses électorales.
Les impacts
La précarité financière a des impacts. Les centres «ne sont plus en mesure de maintenir l'équilibre entre les besoins grandissants des milieux qui s'appauvrissent et le support financier de l'État», fait-on valoir.
Plusieurs centres de loisirs doivent composer avec un déficit budgétaire. Le sous-financement se traduit par des coupures dans les services à la population, des coupures de personnel, une surcharge de travail pour ceux qui restent. «Une proportion importante des employés est en situation de précarité», constate Pierre Vigeant.

Les centres, qui emploient 5000 personnes, sont confrontés à un roulement de personnel. Des gens qui détiennent un baccalauréat gagnent 8 $ ou 9 $ de l'heure, mentionne la directrice du Centre de loisirs communautaires Lajeunesse, Marcelle Bastien «On n'élève pas une famille avec ça», soupire-t-elle. «Et il n'y a pas de fonds de pension», ajoute Mme Bastien.

«Le salaire horaire est à peine plus haut que le seuil de pauvreté», déplore Denise Beaulieu. «Les gens prennent de l'expérience et s'en vont. Les employés des centres qui, aujourd'hui, accueillent la clientèle et leur donnent des services «vont être les nouveaux pauvres dans dix ans», estime-t-elle.

D'autre part, l'augmentation des coûts d'opération des centres – 10% depuis 2001 – et le sous-financement doivent être compensés par des activités d'autofinancement. «C'est plus payant de louer une salle que d'y organiser une fête de quartier», donne en exemple Pierre Vigeant. Une situation qui l'inquiète. «Est-ce qu'on est en train de dénaturer les centres communautaires ?», questionne le directeur de la fédération.

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