La directrice, Michèle Blanchard, dans une des chambres condamnées de la Maison d'Hérelle. (Photo: Jacques Pharand)
La Maison d'Hérelle doit reloger des malades
L'immeuble est construit sur un sol argileux
Construite sur un sol argileux, la Maison d’Hérelle, qui héberge des personnes vivant avec le VIH-sida, s'enfonce à tel point que les ingénieurs ont recommandé d'évacuer une partie de l'immeuble.
«Le choc fut d’autant plus brutal que cette annonce est survenue deux jours après l’effondrement du pont de la Concorde, à Laval. Le ciel allait-il nous tomber sur la tête de la sorte?», raconte le directrice générale de la Maison d’Hérelle.
Les intervenants de la Maison d’Hérelle, qui d’ordinaire se consacrent à assurer une qualité de vie aux gens qu'ils hébergent, composent ces jours-ci avec un problème bien terre-à-terre. On a dû condamner certaines chambres et reloger des malades, car une partie de l’immeuble menace de s’écrouler.
Située sur la rue Saint-Hubert, la résidence repose sur un sol argileux qui s’est asséché au fil des années, causant des dommages importants et très coûteux. Pour que la Maison puisse continuer à offrir ses services, les ingénieurs et architectes évaluent les coûts entre 400 000$ et 500 000$.
«Les chambres qui donnent sur la rue Saint-Hubert ont été libérées. Les portes et les fenêtres ne ferment plus. Heureusement, jusqu'à maintenant, la température clémente nous avait épargnés», décrit Michèle Blanchard, directrice générale de la Maison d'Hérelle.
Pour l’instant, des clôtures de protection entourent le mur de la façade et l’accès à la porte d’entrée est barré. Il faudra démolir la façade en pierre afin de placer des pieux pour soutenir la structure et éviter l’enfoncement progressif dans le sol argileux. Les maisons voisines ont toutes subi un lifting de la sorte.
Urgence
À l’occasion de la journée mondiale du sida, le 1er décembre dernier, Michèle Blanchard et l’équipe de la maison lançaient l’alarme afin de compter sur la générosité des gens pour sauver la Maison.
La Maison a rapidement réorganisé ses priorités et mobilisé une grande partie de ses énergies en trois catégories: le déménagement de 15 résidents (6 ont déjà pu être déplacés, 6 autres suivront le 1er février), la recherche du financement et le démarrage des travaux.
Devant l'urgence de la situation, l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal a allongé 45 000$. Les Amis de la Maison d'Hérelle ont répondu d'une façon plus généreuse que les années passées par leurs dons. Malgré tout, cela ne suffit pas. Un prêt a été demandé auprès d’une institution financière, ce qui aura pour conséquence de gruger une partie importante du budget de fonctionnement de l’organisme. Son budget provient principalement de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, à raison d’un demi-million de dollars annuellement. Centraide assure aussi une aide financière de 142 000$.
Vendre pour aller où?
L’organisme a manifesté le désir de vendre la maison le cas échéant. «La présente maison a été aménagée en 1995 en fonction des besoins de la problématique de l’époque. Nous sommes arrivés à la conclusion que nos murs sont maintenant devenus une contrainte et que nos locaux ne conviennent plus aux besoins de nos résidents», fait valoir le président du conseil d’administration, William Nash, à l’intérieur du rapport annuel 2005-2006.
«Les lieux sont aménagés en fonction des personnes en perte d'autonomie. Vendre l'immeuble n'est pas un problème, sauf qu'il faut trouver un autre lieu pour se réinstaller. Par exemple, un presbytère ferait l'affaire. Nous sommes en contact avec l’Archevêché de Montréal», souligne Mme Blanchard.
En attendant, les demandes continuent d’affluer, mais la Maison est obligée de refuser des gens. «Durant les Fêtes, deux personnes sont décédées à l’hôpital alors qu’elles auraient dû se trouver ici», déplore Mme Blanchard.
Car la Maison d’Hérelle c’est aussi ça, héberger et offrir des soins essentiels à des hommes et des femmes qui, sans elle, risqueraient de terminer leur vie dans la souffrance et l’isolement total …car souvent, on y vient pour mourir en toute dignité.
Félix-Hubert d'Hérelle
Le bactériologiste, découvre en 1916 que certains virus se comportent en prédateurs vis-à-vis de bactéries. Il les nomme Bactériophages. Une nouvelle voie est ainsi ouverte dans la lutte contre les infections bactériennes.