Transport 2000 recommande la création d’un fonds dédié au transport en commun
La CAM, la carte autobus-métro, augmente à nouveau en ce début d'année au grand dam des usagers du transport en commun.
Depuis 2002, les hausses enregistrées d’année en année ont fait bondir le tarif mensuel de 13$, de 50 à 63$. Pour équilibrer son budget 2007, la direction de la Société de transport de Montréal impose une majoration de 2$ dès ce mois de janvier, fixant ainsi le tarif à 65$ par mois.
Le président de Transport 2000, Jean Léveillé, déplore ce nouveau bond qui, selon lui, va se répercuter sur l’achalandage: «La STM fait peut-être face à des hausses de ses salaires et des coûts de pétrole, mais le problème c’est qu’à chaque fois qu’on hausse le prix de la CAM, ça entraîne une diminution de l’achalandage, alors qu’on tente justement d’inciter les gens à prendre les transports en commun.»
La pression est forte sur les usagers qui font les frais des problèmes budgétaires des sociétés de transport, plaide M. Léveillé: «Dans le cas d’une famille qui a deux ou trois enfants au CEGEP ou à l’université, chaque hausse a une répercussion importante sur le budget.»
Fonds dédié au transport en commun
Selon Transport 2000, il faut créer un fonds dédié au financement du transport en commun, fonds qui devrait être financé par le retour de postes à péage sur les ponts.
C’est un choix de société, dit-il, car éventuellement Montréal devra adopter des mesures comme l’a fait Londres en appliquant une taxe quotidienne aux automobilistes qui accèdent au centre-ville: «Le péage est très impopulaire, surtout à l’aube des prochaines élections, mais les problèmes de Montréal en matière de financement du transport en commun sont le lot de toutes les grandes villes du monde. La différence, c’est que certains politiciens ont le courage de faire les bons choix de société.»
Régionalisation des coûts
La chef de l’opposition officielle à la Ville de Montréal, Noushig Eloyan, dénonce pour sa part la hausse des tarifs après que la STM eut renoncé à partager avec l’ensemble de la région métropolitaine son déficit de 100 millions de dollars pour l’exploitation du métro: «Depuis plus de deux mois, la STM et ses partenaires discutent afin de parvenir à une entente pour la régionalisation des coûts de transport acceptables pour tous. Monsieur le maire se vantait justement récemment d’avoir pu créer le consensus avec la région métropolitaine pour le partage du déficit.»