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À la découverte du quartier portugais

Alain Perron par Alain Perron
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Article mis en ligne le 3 novembre 2006 à 14:18
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À la découverte du quartier portugais
La conseillère municipale Isabel Dos Santos, originaire du Portugal. (Photo: Jacques Pharand) BV:Les succulents natas de la pâtisserie Bela Vista. (Photo: Jacques Pharand)
À la découverte du quartier portugais
La conseillère municipale du district Jeanne-Mance, Isabel Dos Santos, nous a servi de guide pour une visite du quartier portugais du Plateau-Mont-Royal.
L'entrevue devait se tenir au milieu de l'été, en pleine de demi-finales du mondial de soccer. Il a fallu écarter cette idée. «J'avais complètement oublié la tenue du match de soccer. Ce sera impossible de se déplacer. Nous ne pourrons même pas entrer dans les commerces. Tout le monde va être branché sur le soccer. Nous allons passer pour des extraterrestres si nous nous présentons rencontrer les gens dans ce contexte», s'excuse Isabel Dos Santos au bout du fil en déterminant une autre date pour notre rendez-vous.

Le périple débute, comme il se doit, en dégustant des natas à la cannelle avec un café bien corsé à la pâtisserie Bela Vista, 68, avenue des Pins. La copropriétaire, Marisa Cunha, est originaire d'Angola, une ancienne colonie portugaise d'Afrique. Depuis la fin de mon bac en sciences politiques, je n'avais jamais tenu de conversation aussi pointue sur ce pays africain. Discuter de pâtisseries et des mouvements révolutionnaires de l'UNITA de Jonas Savimbi, du FNLA et du MPLA, de l'enclave de Cabinda… le bonheur.

Nous nous dirigeons ensuite vers le nord, sur le boulevard Saint-Laurent. Cette artère constitue la colonne vertébrale du quartier portugais où viennent se greffer les petites rues. Les premiers immigrants portugais s'y sont établis en majorité au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans les années cinquante, quittant leur pays dans le but d'améliorer leur condition socio-économique. La plupart des immigrants provenaient des îles atlantiques des Açores (pour la moitié), province particulièrement pauvre, ainsi que du Minho qui se trouve être l’arrière-pays de Porto (15%), de la région de Lisbonne (12%), et de Madère(5%).

Huit pour cent de la population du district Jeanne-Mance est d'origine portugaise, ce qui correspond à 1800 personnes. La communauté portugaise compte 50 000 personnes dans la région de Montréal.

En 2003, Montréal soulignait le cinquantième anniversaire de la première vague d'immigrants portugais. L’Association portugaise du Canada a joué un rôle primordial dans l'accueil des immigrants. La plus ancienne association du genre au pays a pignon sur la rue Saint-Urbain, près de Rachel, et occupe les locaux d'une ancienne synagogue.

Au fil des ans, les Portugais ont retapé leurs maisons acquises pour une bouchée de pain. «Sans l'intervention des Portugais, bien des maisons auraient été détruites. L'Ordre des architectes du Québec a d'ailleurs remis un prix à la communauté portugaise, au cours des années 1970, pour avoir rénové et conservé les maisons qui, autrement, seraient tombées sous le pic des démolisseurs, révèle Mme Dos Santos. Lorsque je suis arrivée ici, c'était comme dans les films, le cachet du quartier avait été préservé, comme en 1950».
Les incontournables
Un arrêt à la Casa Minhota (3959, boul. Saint-Laurent) permet de faire provision de pasteis de bacalhau, des beignets de morue salée.
La boutique Flor de Lar Import (3981, boul. Saint-Laurent) est un incontournable pour se procurer des journaux et magazines du Portugal et des objets pour la maison. «Tout le pays est représenté ici. Les motifs sur la vaisselle rappellent les différentes régions, des images des scènes de la vie du Portugal. On y trouve évidemment les fameux coqs portugais multicolores», fait remarquer notre guide.

Nous bifurquons, rue Duluth, coin Saint-Dominique. «Vous allez voir la tête des hommes. Je suis probablement la première femme à entrer dans ce café aujourd'hui», confie Isabel Dos Santos un brin de malice dans les yeux en poussant la porte du Café Central. Les rayons du soleil peinent à filtrer l'écran de fumée. Des téléviseurs accrochés au plafond retransmettent un match de soccer. Le son crachotant ne réussit pas à déconcentrer les hommes attablés à une partie de dominos.

De retour sur le boulevard Saint-Laurent, Isabel Dos Santos énumère les commerces tenus par des Portugais ou qui engagent plusieurs membres de la communauté comme Rona, Jean Coutu, la caisse populaire, une galerie d’art…

Chez le Portugais (4134, boul. Saint-Laurent), une rencontre a lieu dans une petite salle à l'arrière. Le curé José Maria Cardoso, de la Mission Santa Cruz, examine la maquette d'une niche qui sera érigée au cimetière Côte-des-Neiges dédiée à Notre-Dame-de-Fatima. Le journaliste et photographe du journal A Voz de Portugal est sur place. Le propriétaire Henrique Laranjo explique que son restaurant explore un volet culturel en accueillant des expositions et des spectacles.
Mission Santa Cruz
La Mission Santa Cruz est sans doute de symbole le plus connu de la communauté portugaise. L'église aux mosaïques multicolores, angle Rachel et Saint-Urbain, attire les regards et suscite la curiosité. Le curé José Maria Cardoso nous fait visiter le centre communautaire, immeuble voisin de l'église et ancienne école Notre-Dame de Mont-Royal. «Le centre accueille plus de mille personnes chaque semaine qui viennent y suivre des cours», explique-t-il.
On peut lire à l'entrée une parole du poète Fernando Pessoa «Ma patrie c’est ma langue», représentée sur un azulejo. «Le Portugal est un pays de poètes. C'est sans doute ce qui a rapproché Gérald Godin de la communauté portugaise», rappelle Isabel Dos Santos.

Le centre communautaire reçoit des enfants qui viennent y apprendre, entre autres, le portugais et l’histoire. Au sujet des jeunes de sa communauté, Isabel Dos Santos déplore le fort taux de décrochage. «Pourquoi ce retard dans notre communauté?», s'interroge-t-elle. Elle salue la mise sur pied, en 2001, au Carrefour des jeunes lusophones. L'organisme accueille des jeunes d’expression portugaise de 15 à 35 ans qui privilégie le dialogue entre les différentes communautés lusophones. Le Carrefour développe quatre orientations: sportive, culturelle, participation civique et éducative à travers le projet d’éducation «Explore ton potentiel».

En bref, ce quartier possède plusieurs visages. Chacun se fabrique son Plateau portugais.
Les azulejos
La communauté se penche sur le projet de créer un «village portugais» ou du moins marquer symboliquement la présence portugaise à Montréal. Une des façons de distinguer le quartier portugais serait d’utiliser les célèbres azulejos pour identifier les rues. Ces carrelages de faïences (un azulejo), peints à la main, caractérisent l’art portugais depuis des siècles.

BV:Les succulents natas de la pâtisserie Bela Vista. (Photo: Jacques Pharand)

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Betty

Commentaire mis en ligne le 23 octobre 2008
Merci, ce site nous a fort aidé pour notre recherche !

joao carlos cunha

Commentaire mis en ligne le 8 juillet 2008
bonjour, quand, pent on deguster encore ses delicieux natas chez bela vista? on vous attends et cest le proprio qui vous invite, j. carlos cunha

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